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mardi 4 mars 2014

Raymonde reçoit…


RAYMONDE REÇOIT…
 
Bonjour mesdames.

Oui, mesdames, car cette série d’entrevues que je réalise avec des nobodies de la politique a pour objet de vous aider à faire votre choix lors du prochain scrutin électoral de la PROVINCE de Québec. Car, mesdames, pour celles d’entre vous qui ne le sauriez pas encore, eh oui! le Québec est toujours une province de notre beau Dominion canadien.

Je m’inscris volontiers dans la lignée des Michèle Tisseyre, Huguette Proulx, Aline Desjardins, Denise Bombardier et Chantal Lacroix; de ces fâmmes qui veulent initier leurs semblables au monde de la politique qui a surtout été, jusqu’à présent, avouons-le, le monde des hommes. Mon travail consistera à m’entretenir, longuement, avec des candidats peu connus, mais qui forment l’épine dorsale des partis politiques et des gouvernements. J'interrogerai  donc, deux fois par jour avec l’un ou l’autre des candidats – l’autre, c’est-à-dire, une candidate fâmme –, dans le but d’élargir vos horizons sur la res publica – eh oui! Il n’y a pas que Bernard Landry qui ait fait son latin -, je veux dire, la chose publique. Et grâce à l’amabilité de mes excellents collaborateur, MM. Alain Francœur et le photographe Bernard Rivière, vous verrez défiler devant vous la variété de candidats de tous les partis, de toutes les causes et de tous les caractères.

Cette année, exceptionnellement, la campagne électorale coïncidera avec la durée du carême. Heureusement, elle sera plus courte que la quarantaine de jours de jeûnes. Aussi, je vous invite donc, mesdames, à me suivre tout au long de cette campagne électorale qui s’avèrera pleine de rebondissements et de débats animés concernant le développement de notre BELLE PROVINCE.

Ce matin, Raymonde reçoit Skipper Cornudet, candidat de la CrAQ dans la circoncision des Îles de la Madeleine

Q. En ce premier matin de la campagne électorale, je me fais un devoir de vous demander : Qu'est-ce que votre parti entend faire pour résoudre le problème du chômage aux Îles, considérant les exigences de la loi fédérale sur l'Assurance-emploi pour les chômeurs de se trouver du travail à une heure de route de leur foyer sous peine d'être coupé du service?

R. À la CrAQ, je suis prêt à me battre, à coups de poings s'il le faut, pour exiger le remorquage des Îles de la Madeleine proches de l'île d'Anticosti, soit arrimées par bateaux, soit tirées par des OVNI. Ce serait d'ailleurs le premier pas dans la voie du Projet Saint-Laurent qui est, comme vous savez, la clef de voûte de tout notre programme de développement économique. Avec Legault, Le go aux remorquage des Îles!

 
Ce soir, Raymonde reçoit Marie-France Bazzornudet, candidate Québec Solitaire dans la prestigieuse circoncision de Saint-Jérôme.
 
Q. En quoi vous considérez-vous comme une candidate progressiste capable de succéder au député Wiggum?

R. Je crois qu'avec Québec Solitaire, il est possible de faire de la politique de gauche avec un esprit de droite. C'est comme dire les idées de Francis Dupuy-Déry avec la voix de Vincent Marisal; comme il est possible de dire avec la voix de Mathieu Bock-Côté les idées de Gabriel Nadeau-Dubois. Pour ma part, je crois qu'il faut avoir les deux options en une, car en politique tout est interchangeable. C'est la voix d'Amir sortant de la bouche de Françoise ou les idées de Françoise sortant de la bouche d'Amir. Ça fait Twish! Twish! Comme un deux tasers au club Maso-Maso de Laval…
Ce matin, Raymonde reçoit Anonyme Cornudet, candidat libéral dans la circoncision rurale de Brome-Missisquoi.


Q. Des gens de votre circoncision ont affirmé que vous viviez inconfortablement avec la position prise par votre chef à propos de la Charte des valeurs québécoises et que vous ne sortiez même pas de votre étable sans porter une tête de vache pour vous dissimuler des quolibets?

R. Tout cela est complètement faux. Montrez-moi une photo si vous en trouvez une! Ce sont des diffamations de mes adversaires politiques qui trouvent que ça fait trop longtemps que je suis député du comté! En fait, c'est parce que j'ai augmenté le prix de mes bidons de lait que les gens du coin médisent à mon sujet. C'est toff de faire avaler aux farmers les lois du libre marché…


Ce soir, Raymonde reçoit Bourdon Cornudet, candidat péquiste dans la circoncision de Lotbinière.

Q. M. Cornudet. Des apiculteurs de votre comté dénoncent l'inertie du gouvernement dans le problème de la diminution de la population des abeilles. En tant que candidat du gouvernement, que leur répondez-vous?

R. Je crois que ce sont des gens qui n'ont rien de mieux à faire que chialer. Pour moi, les abeilles, les bourdons, les maringouins et autres mouches à chevreuil, il y en a déjà trop! Ils n'ont qu'à me regarder sur Skype pour s'apercevoir que, se faire piquer à journée longue, c'est pire que se faire passer le papier sablé sur la différence…


Ce matin, Raymonde reçoit Zza Zza Cornudet, candidate libérale dans la circoncision de Chauveau.

Q. Mademoiselle Cornudet, on dit que vous seriez prête à traverser votre comté en marchant sur la tête pour asseoir le parti de M. Couillon-Cornudet au Parlement. Comment comptez-vous faire?

R. Oh! C'est bien simple. Comme vous pouvez le constater, j'ai enroulé mes bigoudis pour donner une forme bien dense à mes cheveux, de sorte qu'avec mes contorsions de politiciennes, j'entends bien parcourir le comté, en brandissant bien haut mes atours affriolants pour mes électeurs et faire oublier le reste, c'est tout. En procédant ainsi, je contribue à faire marcher les Québécois.


Ce soir, Raymonde reçoit la candidate libérale dans la circoncision de Notre-Dame-de-Garces, Mlle Bimbo Cornudet.

Q. Bonsoir Mme Cornudet. Vos adversaires critiquent le fait que votre vie passée n'a pas toujours été un modèle à suivre pour les femme de Notre-Dame-de-Garces? Que leur répondez-vous?

R. Comme vous le savez, ma chère Raymonde, je suis une T.S., c'est-à-dire que tout en étant une travailleuse du sexe, je suis également travailleuse sociale. Ceci implique donc que je tiens aux deux choses les plus importantes pour mes concitoyens et concitoyennes. D'abord, je m'occupe de leur santé et de leur sécurité au travail; ensuite, je m'occupe de mes bimbos qui ont un effet magique sur le bonheur conjugal de ceux et celles qui me feront élire. Car, de toutes façons, dans l'ouest de Montréal, présentez n'importe quelle truie, si elle est libérale, elle sera élue!

Ce matin, Raymonde reçoit la candidate de Québec Solitaire dans la circoncision de Laval-en-rapide, Mlle. Botero Cornudet.

Q. Mme Cornudet, allez-vous vraiment entreprendre votre tournée de la circoncision ainsi vêtue? Ou plutôt dévêtue?

R. À Québec Solitaire, où nous apprécions les femmes à moustaches, nous nous présentons sans «voile», c'est-à-dire telles et tels que nous sommes. Ainsi de mon attaché de presse, M. Egon Schiele, qui porte le nom d'un contraceptif débandant qui l'a fait surnommé par nos adversaires, Egon la Capote avec la grosse Corne nue des gogos. Comme vous pouvez être à même de la constater, Mme Raymonde, les débats vols hauts à Laval-en-Rapide!

Ce soir, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ dans la circoncision de Beauce-Sud, M. Pierre Anonymus

Q. M. Anonymus, pour un parti qui a toujours prôné le fait qu'il était important d'aller voter à visage découvert, je conçois difficilement que vous fassiez votre prochaine campagne électorale la moitié du visage dissimulé par une tuque!

R. C'est parce que vois-tu, Raymonde, moi, j'ai des idées, et je veux que toute la population les partage. Ainsi, même avec mes nègres de jardin, je dit : J'ai des idées! Lorsqu'on se rencontre, au parti, tout le monde se dit : J'ai des idées. Alors, moi aussi, je dis à mes électeurs, «J'ai des idées». C'est ça que les beaucerons veulent, des idées. C'est tellement décoratif.

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ dans la circoncision de Granby, M. Hannibal Cornudet.

Q. Aux dernières élections, vous avez perdu par un faible écart. Pouvez-vous nous dire où vous recrutez vos principaux supporteurs?

R. C'est simple Raymonde, si je peux vous appeler Raymonde. C'est la forte concentration de la population immigrante dans mon comté qui me donne cette force de vaincre les préjugés. Ici, je trouve les plus beaux spécimens de néo-québécois de toute la province. Ils proviennent de tous les coins du monde, parlent chacun une langue qui n'est comprise que de lui-même, ne pratiquent aucune religion, sinon le culte du Cargo de bouffe, et de jeunes familles ne demandent qu'à appuyer notre programme pour un meilleur environnement économique et confortable. Que demander de plus de ses électeurs que la servitude volontaire?


Ce soir, Raymonde reçoit le Capitaine Cosmos Cornudet, candidat de Québec Solitaire dans la circoncision de Chomedy.

Q.  Pour une ville qui loge le Cosmodôme, qu'enten-
dez-vous faire pour mieux utiliser les ressources de Laval pour éduquer votre jeune population?

R. C'est bien simple, Raymonde. Si je suis élu, je m'engage à prendre la tête des jeunes satellipopettes assoiffés de connaissances en astronautique et les guider avec mon drapeau arc-en-ciel. Comme j'ai mangé la soupe aux vermicelles - avec Vermicel dedans -, je me ferai accompagner par deux astronautes québécois d'expérience, un devenu légume, député et un chanteur au club de danseuses (où l'ex-sénateur Brazeau est devenu bouncer): Marc Garneau et Chris Hatfield, afin de savoir lequel des deux va assembler le plus vite les morceaux de robot!

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat libéral de la circoncision de Soulanges, M. Fifi Cornudet.

Q. Monsieur Cornudet, nous savons que la partie est déjà gagnée pour vous, mais faites comme si elle ne l'était pas et expliquez aux électeurs pourquoi ils devraient voter quand même pour vous et votre parti?

R. Regardez, ma chère Raymonde, ce qui se passe autour de nous, partout dans le monde. Partout la vile populace manifeste! La police doit tirer dans le tas. Des policiers sont blessés parce qu'ils reçoivent des calinours par la tête. C'est dégradant. Woua! Woua! Vous avez vu comment nous ne nous sommes pas laissés intimider par les étudiants en 2012! On y a été assez fort sur la matraque et les souricières. Maintenant, si nous devons payer la facture de tout ça, au moins nos voisins Américains peuvent continuer à dormir tranquille. L'anarchie ne viendra pas du Québec, ça c'est un acquis libéral!

Ce soir, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ dans la circoncision de Chauveau, M. Malek Cornudet.

(Pourquoi est-ce que je m'obstine à recevoir des candidats de la CrAQ?) Enfin. Q. Pourquoi, M. Malek Cornudet, pensez-vous que des citoyens honnêtes et équilibrés voteraient pour vous aux élections provinciales?

R. À cause de mon air vieillot, tout simplement, et je vous ferai remarquer, Madame, que je suis moins stuck-up que vous. Je suis un homme de l'ancien temps qui croit au progrès, plutôt qu'un progressiste qui s'ennuie de l'ancien temps! (Ou vice versa?) En tous cas, je me suis converti musulman, j'ai pris épouse ici dans le coin de Québec, et je l'ai voilée. Ainsi que nos trois enfants… De même, face à l'environnement, plutôt que d'attendre que la crotte se fossilise et pollue, je serais pour le retour à la traction animale en profitant des bouses fraîches laissées sur le sol, ce qui serait un engrais beaucoup plus écologique que Monsanto!

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat libéral de la circoncision d'Outremont, M. Buffalo Bill Cornudet.

Q. Vos parents vous ont appelé Buffalo Bill en l'honneur du promoteur du spectacle de l'Ouest et de son courage exemplaire dans la guerre contre les Indiens et la lutte pour la conquête des grands espaces?

R. Non, non. Ils m'ont appelé ainsi parce qu'ils tripaient sur le tueur en série dans Le Silence des Agneaux. Pis comme ma circoncision est celle où Magnota a découpé le Chinois, je me suis dit que l'étais le candidat libéral parfait pour la place. Et succéder au docteur Couillard, notre chef, il y a une suite logique dans la manipulation du scalpel, n'est-ce pas?

Ce soir, Raymonde reçoit le candidat du Parti Québécois dans la circoncision de Saint-Jérôme. M. Pier-Karl Pornudet.

Q. Monsieur Pornudet, nous vous entendons beaucoup parler mais jamais rien dire. Partagez-nous vos passe-temps favoris. Que faites-vous pour relaxer?

R. C’est bien simple ma chère Raymonde. Comme beaucoup de millionnaires, je collectionne des poupées Barbies. C’est ma passion secrète, et je leur donne des noms qui évoquent pour moi des souvenirs. Tenez. Celle-ci, c’est Kroupskaïa, du nom de la femme de Lénine. Je l’ai acheté lors d’un brainwashing du temps où j’étais dans le Parti Communiste… Celle-là, c’est Janette, du nom d’une des animatrices des shows de divans qu’on faisait à Télé-Nécropole du temps de mon père. Et celle-là, qui rit niaiseusement, je l’appelle Julie, et ne vous fiez pas à sa mine patibulaire, je lui paie une pension qui me coûte la peau du cul! Voilà ma raison profonde pour l’Indépendance du Québec.



Aujourd’hui, dans sa rencontre des chefs, Raymonde reçoit la candidate du Parti Québécor, Madame Pauline Marois.




Bonjour, Madame Marois, bienvenue dans mon salon. J’espère que vous êtes confortablement installée

 




 Bien sûr, Raymonde. Tu peux même m’appeler Pauline, Raymonde, depuis le temps qu’on se connaît! Te souviens-tu? Nous étions dans la même classe, mais moi j’étais assise en avant avec les premières, tandis que toi, bien toi, je pense, si je me souviens bien, tu étais en arrière de la classe?



Quelle bonne mémoire, Pauline… En tout cas, je te trouve radieuse en ce début de campagne! Si nous commencions l’entrevue? Êtes-vous… hem! Es-tu prêtes, Pauline?
Plus que jamais, Raymonde. Mon équipe est préparée et nous avons le vent au derrière. 





D’abord, Pauline, actualité oblige, pourquoi as-tu décider, sans consulter les membres, de changer le nom de Parti Québécois pour Parti Québécor? Est-ce que cela a un quelconque rapport avec l’arrivée dans ton autobus de campagne de M. Pier-Karl Pédalo? Ne serait-ce que pour lui permettre de conserver ses avoirs dans son entreprise médiatique tout en étant député, voire même ministre.



Absolument pas, Raymonde. Comme tu sais, notre parti a parfois changé – je pense à notre logo par exemple -, pour mieux s’adapter à l’ère du temps et témoigner de la façon dont notre parti tient profondément à cœur l’intérêt de chaque Québécois. J’ai cru bon, dans la campagne que nous menons, moderniser le Parti et lui donner un nom qui le distinguera tout au long du XXIe siècle.



Cette campagne prend des airs particulièrement référendaires. Est-ce que la nouvelle stratégie du Parti Québécois… hem! Pardon! Québécor serait dirigés par M. Pédalo?
Il est trop tôt, je pense pour parler de notre prochaine stratégie, mais je pense que préférablement à un déchirement entre Québécois qui pourrait troubler l’avenir économique, il serait tout à notre avantage de négocier l’indépendance du Québec comme une rançon à payer. Imaginez que je suis la jeune et jolie Miss Québec qui vient d’être suborné par le méchant Mister Ottawa. Je suis sûr que la population entière du Québec serait prêt à participer à payer ma rançon. Eh bien, oui, c’est un peu comme ça qu’on envisage la prochaine stratégie indépendantiste. L’honnêteté de M. Pédalo n’est plus à discuter, il livrera la rançon sans rien garder pour lui. Quand le montant sera versé au suborneur, nous serons enfin libre et doté d’un pays né dans l’honneur et l’enthousiasme.
  

Le 23 janvier 2012, tu déclarais : «notre avenir c’est l’indépendance énergétique, donc c’est se débarrasser du pétrole». Ce 13 janvier dernier, deux années plus tard, tu affirmes : «on va de l’avant avec l’exploitation pétrolière sur l’île d’Anticosti». Qu’est-ce qui t’as fait changer de «cap», si je puis dire?

Non, Raymonde, je n’ai pas, comme tu dis, changer de cap. Il faut bien comprendre que l’avenir énergétique du Québec passe par l’indépendance du Québec. L’indépendance énergétique, comme l’indépendance nationale, ça vient par étapes. C’est par l’exploitation pétrolière de l’île Anticosti que nous accèderons à la première étape de notre indépendance nationale, qui une fois réalisée, pourra se débarrasser du pétrole pour accomplir notre indépendance énergétique. Une fois notre objectif ultime atteint, notre parti s’engage à décontaminer Anticosti et lui redonner sa vocation de sanctuaire naturel de notre beau pays, le Québec.


En 18 mois, Pauline, ton gouvernement a accompli plusieurs choses : hausses des frais de scolarité universitaire, hausse des tarifs en garderie, hausse des tarifs d’électricité, coupures à l’assistance sociale, privatisation d’éléments du système de santé, début d’exploration pétrolière sur un terrain déjà dévasté. Es-tu satisfaite ou as-tu encore d’autres belles surprises de ce genre pour le jour où ton parti sera majoritaire?

Mon gouvernement a fait tout cela? Oh! Je ne m’en étais pas rendue compte! C’est fou comme nous sommes dynamique! Il est vrai, Raymonde, que mon gouvernement a eu à prendre des décisions difficiles. Tu connais mon empathie pour les pauvres, ma volonté d’aider et d’encourager les jeunes familles a tisser les liens familiaux partout au Québec;  mais nous avons pu limiter les dégâts. Je crois que nos adversaires auraient fait pires que nous, placés dans des situations aussi contraignantes que celles que nous avons héritées lorsque nous avons ouvert les livres de comptes du précédent gouvernement. Aussi, c’est au Parti Libéral que les citoyens et les citoyennes doivent s’en prendre.

Si tu me permets de te citer encore, Pauline : «Il faut cesser de presser les familles comme des  citrons. Un gouvernement du Parti Québécois. va revenir à la base : un enfant une place, 7 $ par jour, pas plus». C’est ce que tu disais en 2012. Avec le récent budget: les tarifs des garderies vont augmenter de 28% d’ici 2016. Pourquoi enlever aux pauvres pour donner aux riches? Le P.Q. n’est-il pas un parti social-démocrate?
Précisément, Raymonde, c’est parce que nous sommes un parti social-démocrate que nous avons considéré cette augmentation comme juste et mesurée. Elle socialise les dépenses et démocratise les riches. Même si au Parti Québécor on ne considère pas les familles comme des citrons, nous savons qu’elles ont quand même suffisamment de jus pour assumer cette très légère contribution.  Douze dollars par année par enfant, ce n’est quand même pas la «mère» à boire! Les revenus du travail des papas et des mamans suffiront à combler les hausses, puisqu’à partir du 1er janvier prochain, si mon parti est reporté au pouvoir, j’annonce officiellement et en primeur à ton émission, Raymonde, que les familles pourront bénéficier d’un retour d’impôt, dans leurs déclarations de 2015, pour une déduction en dépenses de couches à partir de la 30,000e couches pour un premier enfant, à la 20,000e  couches pour un deuxième et à 10,000e pour un troisième enfant. C’est ce à quoi nous nous engageons, si nous sommes reportés au pouvoir, majoritaire, il va de soi.

Pauline, tu nous a parlé de la nouvelle stratégie pour accéder à l’indépendance du Québec, mais dans l’immédiat, si tu es réélues, que penses-tu faire?

Bien que nous soyons réélus, majoritaires, il faudra attendre de bien asseoir notre gouvernement sur les finances publiques. Nous avons appris des deux référendums précédents et ne tenons pas, cette fois-ci, à nous le faire voler à l’arracher. Nous avons essayé de vendre l’idée de la souveraineté-association, ça n’a pas marché. Puis ça a été la souveraineté-coopération, et on s’est fait flouer. Maintenant, il nous reste plus qu’à négocier avec les kidnappeurs de la Province de Québec, jadis aux Plaines d’Abraham...
Et, concernant le projet de Charte sur la laïcité…







Charte des valeurs québécoises, tu veux dire, Raymonde.








Oui, bon. Donc, pourquoi avoir lancé un débat publique alors que le gouvernement aurait pu décider lui-même du port de signes religieux dans les institutions publiques? Pourquoi étendre ce débat dans la population et créer tant de brûlements d’estomac, alors que ce n’est pas tant de son ressort à décider des détails de la gouvernance de la fonction publique?


Eh bien! C’est là que tu te trompes, Raymonde. Le gouvernement ne doit pas se substituer à la nation québécoise. Il lui faut décider de ce qui est essentiel dans ce qu’il doit lui demander. On ne peut pas lui demander, par exemple, de choisir s’il veut accroître la dette ou diminuer les services. Par contre, nous pouvons lui demander s’il préfère avoir une institutrice avec un voile ou être opéré par un médecin qui manipule le kirpan. Comme ça, en se prononçant d’une façon aussi courageuse que l’a fait la famille Pineault-Caron, nous ne pouvons qu’être rassuré sur le choix que nous avons fait d’en faire un débat publique plutôt qu’une décision administrative. Gouverner une province n’est pas facile. Imagine un pays!

Enfin, deux petites questions pour ces dames qui nous écoutent à la maison. Pauline, est-ce que tu aimes les cuisses de grenouilles?






Ah! ah! Si je les aime, Raymonde? Je les adore. En entrée avec une petite sauce au beurre à l’ail, c’est exquis, divin, un vrai délice. J’ai entendu dire que tu étais un véritable cordon bleu, Raymonde. C’est loin du temps où ta mère te faisais des sandwiches au Spam que tu amenais au dîner au couvent! Ah! Ah! Comme c’était drôle…






 
Oui, en effet… Une dernière question. À propos de la prostitution, en tant que femme, es-tu pour l’abolition ou la tolérance?




Raymonde, les Québécois et les Québécoises forment un peuple très tolérant. Bien sûr, le travail du sexe n’est pas idéal mais tout à fait respectable. Il permet à plusieurs femmes de gagner leur vie et d’affirmer leur souveraineté, et tu sais combien la souveraineté est une question qui nous tient à cœur au Parti Québécor. Tant que nous n’aurons pas tous les instruments pour forger notre libération nationale, il faudra considérer que le travail du sexe peut être une source de revenus pour l’avenir de l’État québécois et une contribution à l’indépendance du Québec. Je fais donc une seconde annonce officielle à ton émission, ma chère Raymonde : le gouvernement du Québec distribuera, à compter du 1er janvier 2015, chaque travailleur et travailleuse du sexe recevra une tablette numérique tactile munie d’un émetteur de reçus à remettre au client, comme dans tout échange de biens et services. De plus, un formulaire T69, pour fins d’impôt, sera envoyé annuellement au travailleur et à la travailleuse du sexe qui devra accompagner sa déclaration de revenus.  Avec cette tvq sur le libre-service en matière sexuelle, nous serons mieux à même d’offrir des déductions sur le revenu net des travailleurs et travailleuses du sexe et percevoir un peu plus de revenus qui seront déposés dans le Fonds des Générations pour l’Indépendance. C’est ainsi que les travailleurs du sexe contribueront à l’avenir du pays du Québec.

C’est très clair, Pauline. Je te remercie beaucoup d’avoir répondu à mon invitation et d’être venue à mon entretien.









Mais tout le plaisir à été pour moi, Raymonde, et si je peux aider à monter les cotes de lecteurs de tes rendez-vous bi-quotidiens, je me ferai un plaisir de revenir.








Ce matin, Raymonde reçoit le candidat Québec Solitaire dans la circoncision de La Paririe, M. Coyotte Cornudet.

Q. M. Cornudet, pourquoi avoir choisi de vous présenter dans le comté de La Prairie?
R. Bah! D'après mes origines, cela paraît évident. Une foi élu on m'appellera M. Coyotte de La Prairie. En Assemblée, ça fera bien. Car je demeurerai toujours un excellent chasseur et le prédateur parfait pour les moineaux, grands et petits, qui s'imaginent s'attaquer à la gauche comme un voyou des chantiers de construction. Ceux-là, je les attends avec mon arme secrète…

Ce soir, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ dans la circoncision de Bellechasse, M. Cyclope Cornudet.

Q. Monsieur Cornudet. Ma question, comme toujours, sera simple. Pourquoi vous présentez dans un trou perdu comme le comté de Bellechasse?

R. Mon arrière grand-père a fait la guerre de 14, et comme nous célébrons cette année le centenaire, je me rappelle ce qu'il nous disait : «Ça va r'venir! Ça va r'venir! Préparez-vous pour le jour maudit où ça va r'venir!» Aussi, avec les odeurs de corruption, de belli… de belliséisme, je crois que les temps sont venus. Aussi, je m’engage à distribuer des masques à gaz autant aux cultivateurs de Bellechasse qu’à leurs mules. On doit cesser de crier partout que la CrAQ est un parti qui tire de l’arrière parce que c’est un parti d’arriérés, bon!

Ce matin, Raymonde reçoit le jeune candidat du Parti Québécor dans la circoncision de Laval-en-Rapide. M. Bozo Cornudet.

Q. M. Bozo, je vois certaines contradictions. Vous êtes un indécrottable carré rouge; vous avez été pris en souricière, arrêté et fouillé à nu par la méchante police de Montréal, mais vous portez le logo de Québec Solitaire tatoué sur le bras. Est-ce à dire que vous seriez un transfuge?

R. Transfuge? Qu’est-ce que ça veut dire? Ah! oui! J’ai fait une transfugion d’argent quand j’ai reçu une enveloppe brune avec le sigle du P.Q. dessus. Mais la vraie de vraie raison pour laquelle je me suis porté candidat, c’est que ma maman avait eu si honte de ma conduite que j’ai pensé la réconforter en me portant candidat pour Madame Marois qu’elle vénère autant que la Sainte-Vierge. Comme elle est pas mal légume au CHSLD en Laval en rapide, j’ai fait comme Léolo et Tartine, et j’ai rejoins les rangs du parti qui nous ont dit qu’une indexation équivalait à un gel des frais de scolarité et qu’on a été assez cons pour croire ça! Vive l’éducation supérieure!

 
Ce soir, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ de la circoncision de La Pinière, M. Cyclo Cornudet.

Q. Ayoye! Euh! M. Cornudet. vous briguer la circoncision de La Pinière, détenue présentement par Mme Houda-Pépin Cornudet opposée à l’énorme Dr. Barrette; pensez-vous vraiment parvenir à remporter le comté, entre ces deux candidats …de poids?

R. Si je n’étais pas sûr de l’emporter, pensez-vous que je me serais présenté? Ayant développé les facultés de mon Troisième Œil, comme l’enseignait le yogi Lobsang Rampa, je peux maintenant voir l’avenir. Il est vrai que mes semblables sont plus présents sur le Plateau et dans Gouin, mais il suffit de regarder les murs de la station de métro Laurier pour savoir que je ne suis pas le seul dans cet état. Mme Raymonde, la fièvre aphteuse va se répandre dans La Pinière, une véritable épidémie qui va conduire tous les mangeux de viande en végétaliens et ça, c’est plus à la mode que la ’tite vieille qui a peur des foulards et le gros lard de la girouette.

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat libéral de la circoncision de Fabre, M. Dan Cornudet.

Q. Pourquoi, Dan, à ce moment précis de votre vie, vous qui avez toujours méprisé les politiciens, vous lancez-vous dans la politique?

R. C’est simple Remonde, c’est parce qu’il y a trop d’enfants qui ont faim au Québec et que la Fondation Chagnon ne parvient pas, malgré ses beaux efforts, 
 nourrir. Tu sais combien j’ai le cœur sensible, ma Remonde. Savoir que des petites bonnes femmes ou des petits bouts de choux vont à l’école le ventre vide, c’est ben simple, ça m’arrache les yeux des larmes. Après avoir appris que des livres, ça se mangeait, ils vont penser à décrocher plus jeune et à ne plus devenir des salariés responsables. À qui, moé, quand j’serai devenu vieux, je vais vendre mon stuff? Il faut donc y aller à train de fond pour obtenir de bons fournisseurs comme transmission de courroie des politiques libérales afin de sauver 32 sur 30 vies. Merci, Remonde, je dois quitter ton salon tant je suis ému.

 
Ce soir, Raymonde reçoit le candidat libéral de la circoncision de Groulx, M. Apu Cornudet.

Q. M. Apu Cornudet, est-il vrai que vous avez changé votre nom de famille de Nahsapeemapetilon, que le parti trouvait trop exotique, pour prendre celui de Cornudet, assez commun parmi les Québécois?

R. Si, madame Raymonde. Notre chef bien-aimé voulait montrer que le modèle multiculturel, qui est celui de notre parti, fonctionne parfaitement bien au provincial comme au fédéral. Il a seulement besoin d’un type qui porte un turban sur la tête pour figurer derrière lui, dans l’angle de prise de vue des kodaks de l’Assemblée nationale. Et comme j’ai une franchise Wendy’s, Dan pourra v’nir faire des midi-santé avec trio Bigger pour les p’tits Cornudets de son comté. Dan «Bigger» Cornudet et Apu «Cornudet» Nahasapeempetilon : libéraux franchisés; ça va attirer des foules - …où je sors mon kirpan! 

 
Ce matin, Raymonde reçoit le candidat de Québec Solitaire de la circoncision de Jean-Lesage, M. Cornudet dit les Oreilles.

Q. M. Cornudet, il est rare qu’un candidat se présente sous un pseudonyme. Surtout dans la région du Québec métropolitain. Alors, voulez-vous nous expliquer pourquoi?

R. Pourquoi, madame Raymonde? C’est bien simple. Dès ma naissance, j’ai été placé dans un tiroir, pis chaque fois que ma mère le fermait après m’avoir bécotté, mes oreilles restaient prises dans les glissoires et ma main me remontait dans la figure, d’où que je suis resté le doigt dans le nez. Déjà j’étais un prématuré, il a fallu ensuite que je sois secoué par les déménageurs lorsque ma mère est revenue au foyer …avec le meuble à tiroirs. Et maintenant je dois porter une tuque tricotée pour ne pas attraper de rhumes de cerveau. Et, ne me parlez pas de mes tatous, car ce n’en sont pas: c’est la gangrène qui m’a pogné dans le bras. Ce qui fait que j’ai de bonnes raisons d’en vouloir à la famille, à l’État, aux banques, aux curés, aux rabbins, aux imams… Non, pas aux imams, Amir m’a dit «Touches pas aux imams…, mais aux rabbins, oui tu peux». Ah! que c’est dur la politique pour un enfant si lourdement handicapé que moi!!!

 
Ce soir, Raymonde reçoit le candidat du Parti Québécor dans la circoncision de Duplessis, M. E. T. Cornudet.

Q.  En tant que notre astronaute national, pourquoi avez-vous accepté le poste de candidat du Parti Québécor pour Duplessis?

R. Parce que j'aime le défi. Dans mes voyages dans l'espace, j'ai rencontré plusieurs types de gens, mais c'est en revenant à Montréal que j'ai rencontré l'amour de ma vie. N'est-elle pas belle ma Fatima avec sa burka de natation? Je suis pour le métissage, ce qui permet de contredire les ragots que l'on porte sur mon parti. Aussi, Duplessis, comté conservateur dans l'âme, va se réjouir de ma présence en voyant que j'ai mis une musulmane à ma main. C'est le meilleur moyen de montrer au reste du Québec que les provinciaux sont des gens ouverts d'esprit.

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat du Parti Québécor dans la circoncision de Viau, M. Bear Cornudet.

Q. Wow! Je constate que le Parti Québécor ne se laissera pas diriger par un nouveau venu, si millionnaire soit-il, puisqu'il a recruté un candidat dans le rang même des Hells!

R. En fait, Ray, les gars de bicyk ont toujours faite de la politique, mais par modestie, on aimait mieux que d'autres fassent la job. Mais, avec la Charte des valeurs kébécoises et l'égalité des femmes, y a quek chose qui est venu me charcher par en dans. Nous autres, les femmes, y n'avaient que deux positions: à genoux ou couchées. Pis, la charte m'a fait réfléchir. J'ai pensé à mémère qui savait mettre pépère à sa main. J'me suis même rendu dans le coin de Sorel pour r'garder le fond du fleuve, pis j'y ai dit: «Mémère, d'où que t'é, regarde moé ben aller. Lui! Y va d'venir le ministre de la condition féminine». Le P.Q. m'a accepté avec honneur et enthousiasme.

 
Ce soir, Raymonde reçoit le candidate du Parti Québécor, dans la circoncision de Sainte-Marie/Saint-Jacques.

Q. Décidément, l’Église catholique n’a qu’à bien se tenir, car la prochaine député du Parti Québécor dans le quartier gay, est une Drag Queen qui n’a pas l’intention de laisser tomber l’éponge devant les abus sexuels dans les couvents.

R. Ben, écoute-là, ma Raymonde. D’abord, on est tanné du gros Creton qui dit des niaiseries depuis un an et demi. Pis, la belle Manon, on se possède pu avec ses moustaches! Enfin, Mado est trop chicken pour se présenter. C’est là qu’j’me suis dit, ça prend du gots pis je les ai. De plus, moé j’vais aller auprès des fames qui ont été abusées sexuellement par les pisseuses dins couvents. Ça s’peux-tu faire du broutte minou avec des tites filles qui ont même pas de chatte et leur rentrer des ciarges bénis dans noune! Toutes ces fames qui disent partout que les hommes pensent rien qu’au cul et les fames, elles, veulent d’l’AmouR! Fuck-off! 

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat d'Option nationale, dans la circoncision de Saint-Jean, M. Tim Cornudet.

Q. M. Tim, vous en tant que jeune candidat indépendantiste, vous avez lu l'entretien que j'ai eu avec madame Marois. Que pensez-vous de ses réponses concernant la marche vers la Souveraineté?

R. Bah! C'est dur à dire! Mon chum a fait poser son portrait dans notre chambre, et chaque fois qu'on baise, ça me déconcentre quand je la regarde. Le matin, j'm'en viens aussi vite que je peux vendre mes beignes ontariens parce que je veux pu penser à ça. Si ça continue, elle va être la cause de notre séparation, et on sera pas plus indépendant pour autant, hein?

Ce soir, Raymonde reçoit un électeur indécis de la circoncision de Groulx, M. Crack de Boisbriand.

Q. Pourquoi est-ce si difficile, vous les jeunes, de vous fixer à une opinion politique?

R. M'en va t'répondre ben franchement là-dessus, man! J'ai assisté une fois …rien qu’une fois, à une assemblée politique… lors de la campagne du maire Coderre aux zélétrons de Mouréal. J’ai levé la main pour demander la parole, pis y m’a répondu, «Hey toi! Divise pas l’vote mon esti!» J’me suis dit «Ben là! C’é t’assez! Y a tout de même un maudit boutte à toute!» Moé, j’voulais seulement demander où étaient les bécosses parce que j’avais une maudite envie de pisser! Comment veux-tu, la mère, que je me prononce en faveur d’un candidat ou d’un autre quand je sais même pas s’ils vont m’autoriser à aller pisser? 
 

Aujourd’hui, dans sa rencontre des chefs, Raymonde reçoit le candidat du Parti Libéral du Québec, Monsieur Philippe Couillard.


Bonjour, môssieur Couillard.

Bonjour ma chère madame Raymonde. Vous allez bien?

Je vous dirai ça tantôt.

 
Je sens une pointe de réserve hostile à mon égard chez vous, madame Raymonde?

Mais non, qu’allez-vous chercher là? Vous êtes le bienvenu dans mon salon. Après tout, veut-veut pas, M. Couoillard, l’important n’est-il pas d’être ENSEMBLE? Surtout que présentement, vous vous envolez sur les ailes Red Bull dans les sondages, cela doit vous donner un petit velours.

Oui, madame Raymonde, mais je demeure confiant tout en étant pragmatique et pragmatique tout en étant confiant, car vous savez, à force de les truquer, les Libéraux ne croient plus aux sondages depuis longtemps. Songez que l’électorat québécois est un électorat très volatil. Un jour il fête la Saint-Jean-Baptiste en buvant comme des trous cul sec, et une semaine plus tard, il vient se bourrer la face dans le gros gâteau du Canada. C’est ce qu’on appelle avoir accès à deux robinets en même temps. Ça, c’est un avantage particulier au Canada, il faut être sans intelligence pour vouloir se priver de ça et rester avec une vieille chantepleure ridée qui répète les mêmes projets depuis près des vingt ans, n’est-ce pas?

Môssieur Couillard que répondez-vous à ceux qui disent que vous n’êtes qu’un gros fatty qui parlez bien et n’avez rien à dire?

Je répondrai ceci, madame Raymonde. C’est la tradition, au Parti Libéral du Québec, de savoir bien s’exprimer tout en ayant rien à dire. À part, bien sûr, le drabe à Daniel Johnson qui tout en ayant rien à dire ne savait pas parler. Écoutez les membres de mon équipe. M. Moreau, M. Hamad, Mme Saint-Pierre. Tous ont une parfaite diction, mais que retenez-vous de leurs discours? Et c’est comme ça que le Parti Libéral s’est tenu au pouvoir pendant près de dix ans! Croyez-vous que c’est avec de la substance qu’on gagne une élection? Ce n’est pas ça que les électeurs veulent entendre. Ils veulent entendre un homme, calme, serein, déterminé… euh! Je veux dire confiant; un homme qui ne tranche pas les cheveux en quatre afin de les rassurer sur leur avenir économique et, si possible, leur fin de vie tout aussi paisible.

Dans votre slogan électoral, vous reprenez la vieille phrase de Mario Dumont : «Parlons des vraies affaires». Avec le passé éthique douteux du Parti Libéral du Québec, surtout du temps où à la gouvernance, vous siégeates comme ministre de la Santé, ne seriez-vous pas tentez plutôt de «CACHER» les vraies affaires? Par exemple, votre passage au privé, qui coïncidait avec votre démission en 2008? Vous ne vous êtes jamais clairement expliqué sur les raisons pour lesquelles vous aviez déserté l’empowerment libéral. Vous avez même mentionné qu’avec la nouvelle loi, vous ne l’auriez pas fait : c’est bien sûr, mais l’éthique, M. Couillard, qu’en faites-vous? Sans les lois, on peut tout faire, c’est ce que vous dites à la population? Comme disait le Saint-Père, Jean-Paul II, heureusement décédé devant tant de turpitudes, «la vérité n’est pas démocratique», aussi, n’essayez pas de me fourrer… euh! Je veux dire de me fourvoyer.

Cela ressemble plus à un réquisitoire, Madame Raymonde, qu’à une question. Je vous demanderais seulement de vous rappeler qu’en 2008, la crise économique était au cœur des inquiétudes des investisseurs québécois. Mes fonds de placement avaient fondu comme neige au soleil. Mes abris fiscaux étaient menacés par la gestion de Monsieur Henri-Paul Rousseau à la tête de la Caisse de Dépôts et de Placements. Mes parts dans plusieurs entreprises ne cessaient de se réduire, eh puis, mes dossiers principaux, le CHUM et le CUSUM, étaient résolus. Je pouvais, que dis-je, je devais me tourner vers mon propre avenir. Je suis seulement désolé d’avoir laisser l’impression de m’être enfui du cabinet, ce qui n’est pas le cas, madame Raymonde, je peux vous le jurer sur la tête de mes enfants.

Je dois reconnaître, M. Couillard, que j’ai l’impression que vous n’essayez pas de me fourrer et que vous êtes parfaitement honnête! C’est déroutant, je dois l’avouer. Mais revenons à la campagne électorale. Concernant la fameuse Charte des valeurs québécoises, vous semblez être contre dans son ensemble. On se demande bien pourquoi, vous qui n’êtes pas si ouvert d’esprit - même si vous en avez ouverts quelques uns avec votre bistouri. Est-ce vraiment dans l’intérêt des Québécois que vous militiez contre la Charte ou simplement par opportunisme, parce qu’une grosse partie de votre électorat est constitué de nouveaux arrivants. Vous comprenez, sans doute, qu’il est légitime, pour l’électeur, de se poser la question?

Absolument, Madame Raymonde. Contrairement à ce que vous dites, je suis un homme très ouvert de l’esprit, tout comme mon parti d’ailleurs. Nous avons à cœur de faire en sorte que la main-d’œuvre immigrante puisse se sentir chez elle au Québec si elle veut accepter de travailler en-dessous du salaire minimum. C’est un grand plus pour les finances du Québec. Mon équipe économique vous l’expliquerait sans doute mieux que moi, mais si j’ai pu faire ma fortune en jouant dans la cervelle de quelques sheiks arabes, il est normal, à notre tour de faire de l’argent avec l’huile de bras des immigrants. On ne va quand même pas se priver de cette ressource humaine pour des questions insignifiantes de bricoles religieuses. Avec sa politique de la Charte des valeurs québécoises, le Parti Québécor est en train de nous couper de la main-d’œuvre servile la plus efficace au monde et qui est entièrement sous la coupe du charme de mon parti et de ma vénérable barbe patriarcale.

Justement, votre équipe économique, on s’en câliss on les connaît pas, mais votre équipe médicale. Oh là là! Vous, le docteur Barrette, le docteur Bolduc… Les libéraux sont-ils malades pour à ce point que le Parti se transforme en Conseil médical, au chevet du malade, auquel cas il manquerait le spécialiste des soins palliatifs! Mais entre le docteur Barrette qui a été le gros président de la corporation des médecins spécialistes auxquels vous appartenez, n’y aurait-il pas un conflit d’intérêts? Eh puis! Devant ce petit urgentologue qu’est le docteur Bolduc, qui a été appelé pour vous remplacer ce qui, à mon point de vue a dû vous apparaître comme une insulte personnelle, ne risque-t-il pas de devenir le Léo-Bureau Blouin de votre gouvernement, si vous rentrez tous les trois le 7 avril prochain dans vos comtés respectifs et au pouvoir?

Ma chère Raymonde, je ne vois pas en quoi le Docteur Barrette et moi serions en conflit d’intérêts. Là, nous ne sommes plus à la corporation des médecins spécialistes, mais au gouvernement, et c’est moi le Grand Patron du docteur Barrette. Ensuite, le docteur Bolduc aura toujours une place importante au sein de notre formation. Nous avons besoin de quelqu’un pour apporter le café depuis que madame Saint-Pierre refuse de le faire lors de nos séances de brainwashing, et vous savez que par ma spécialisation, le brain, j’en fais mon affaire! Vous n’avez qu’à demander à Mme Houda-Pépin si vous n’êtes pas convaincue. Donc il y a de la place pour tous les médecins dans le Parti Libéral et Ensemble, nous formerons le véritable trio McDo de la Santé!

Oui, votre publicité est d’ailleurs suffisamment éloquente, si je me fie à ce poster autorisé par le Directeur Général des Élections… 

 





Cela, en effet, exprime clairement notre programme pour la santé.

Lors de votre discours inaugurant officiellement votre campagne, le 5 mars dernier, jour du déclenchement des élections, vous vous êtes aventuré sur la patinoire constitutionnelle. Vous êtes résolument contre l’idée de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec, alors, prônez-vous toujours «l’affirmation du Québec dans un Canada meilleur»? Allez-vous détailler ce projet pendant la campagne?

Absolument pas. Les questions constitutionnelles, ça me donne la gale. Plus vite on aura signé la Constitution de 1982, plus vite on en sera débarrassé, et on pourra passer à des choses sérieuses, comme faire de l’argent; développer de meilleurs emplois à de plus bas salaires avec des contractuels et des travailleurs saisonniers; pratiquer des trépanations chimiques chez ces jeunes morveux qui nous ont tant fait honte en 2012. Sur ce point, mon équipe d’éducation travaille avec le docteur Milgram pour que, dès la 3e secondaire, les élèves soient mieux conditionnés aux exigences économiques du patronat. Pour moi, ma devise constitutionnelle, c’est «un Québec boutonneux dans un Canada patronneux». C’est ainsi que je me rattache à la longue tradition libérale inaugurée par Robert Bourassa avec son concept génial du fédéralisme rentable.

Justement, vous parlez éducation, comment pouvez-vous dire que vous allez investir dans l’éducation quand, du même souffle, vous annoncez que vous allez couper dans les postes d’enseignement?

Ça, c’est un vieil ami, le docteur Rochon, qui, à l’époque où il était ministre de la Santé, nous avait dit qu’il fallait faire plus avec moins. Eh bien, c’est ainsi que mon équipe sur l’éducation et moi envisageons de faire. Trop de matières inutiles. Il faut couper. Trop de temps en classes. Ça coûte cher. Une ou deux cassettes qui répètent les mêmes leçons, des devoirs à faire à partir de Wikipédia, une baby-sitter payée par les parents, des questionnaires d’examens avec les réponses fournies au verso et des correcteurs contractuels au salaire minimum, tout ça va rééquilibrer l’enseignement tout en coûtant moins cher aux contribuables. Il y a du gras là-dedans, on va prescrire une recette minceur.

Vous êtes intarissable, Môssieur Couillard! Et avec quelle élégance! Je vois que vous réitérez votre souhait que le Québec signe la Constitution canadienne en 2017, au moment où le Canada célébrera le cent-cinquantième anniversaire de sa fondation. Car, si vous êtes élu et si rien de fâcheux ne se produit, et puisque les élections seront désormais à date fixe, ce sera durant votre premier mandat.

Comme je viens de vous le dire, Madame Raymonde, je veux me débarrasser de ça le plus vite possible, pour les raisons que je vous ai dites. Maintenant, la date n’est pas une question importante. Il suffit que je signe, que le Parlement vote et l’affaire est ketchup Heinz à 57 saveurs. Après la croix de Jacques Cartier le X de Philippe Couillard, l’histoire du Canada sera une affaire établie pour toujours. Et les Québécois pourront enfin s’enrichir à l’exemple du travail de forcené accompli par feu le regretté Paul Desmarais. 
 
Revenons un peu sur votre équipe médicale. Lorsque vous étiez ministre de la Santé, vous avez mené une dure lutte aux bactéries nosocomiales. Loin de moi l’idée de faire un rapprochement, mais avec la présence de l’ex-ministre de la Santé, le Docteur Bolduc et l’ancien directeur de l’Ordre des Médecins spécialistes, avec qui vous étiez en lutte à l’époque, le Dr. Barrette; n’y a-t-il pas là le risque de voir une grosse bactérie se développer dans le cabinet, du moins si on se fie à cette photographie prise par MP3… À une époque où l’obésité, l’alzheimer et l’urgentologie sont les fers de lance de la médecine spécialiste, ne trouvez-vous pas que vos places auraient été mieux situées sur la première ligne des hôpitaux plutôt qu’au restaurant du Parlement? Surtout qu’il y a toujours la bactérie mangeuse de chair qui sévit. Il est vrai qu’avec le Dr Barrette, même s’il en était atteint, il pourrait vivre jusqu’à cent ans! Hi hi!

Vos remarques ne sont pas drôles, Madame Raymonde. La politique, comme la santé, sont des affaires sérieuses. Le Dr Bolduc et le Dr Barrette s’entendront pour se partager la durée du Ministère de la Santé. Nous ferons comme en France, les années paires, ce sera le Dr Barrette; les années impaires, le Dr Bolduc, et je superviserai le tout, comme dans une salle d’opération. Vous saurez que mon Trio Santé comprend très bien les problèmes de santé du Québec, même si les Québécois passent des heures inutiles dans des salles d’attente ou couchés par terre dans les corridors des urgences. Les finances du Québec sont encore plus mal en point, avec la dette énorme laissée par le précédent gouvernement péquiste et l’incapacité budgétaire à atteindre le déficit zéro. Les Québécois veulent entendre parler d’économie et je leur dis qu’Ensemble, nous allons parler des vraies affaires, pas des niaiseries de Charte et de Constitution, mais des coûts élevés de leur Santé, au point que chacun devrait envisager l’euthanasie, au moins à partir de l’âge de 50 ans, tant qu’il faut couper en rationalisant les entreprises hospitalières, médicales et pharmaceutiques. À ceux qui reprochent le fait que nous soyons rendus dans un système de santé à deux vitesses, je leur promets que nous passerons en troisième, puis en quatrième vitesse. On ne perdra pas de temps en audiences parlementaires et en…

Je m’excuse de devoir vous interrompre, mais le temps passe vite et puisque nous parlons santé, avez-vous reçu récemment des nouvelles sur l’état de santé de votre ami, le docteur Porter?

Docteur Porter? Quel docteur Porter? Je ne connais pas de docteur Porter…

Oui, oui, celui-ci, sur la photo, alors que vous étiez ensemble sur le Comité de Surveillance des Activités de Renseignement et de Sécurité à Ottawa! Là, celui qui est assis, c’est le docteur Porter et vous, c’est vous derrière lui. Là, vous vous souvenez?

Ah! Ce docteur Porter-là. Oui, en effet, je me souviens maintenant. Non, connais pas.






J’aurais encore deux petites questions à vous poser. La première, plutôt badine, consiste à vous demander si vous aimez les cuisses de grenouilles comme hors-d’œuvres?

Ha ha! Madame Raymonde! Lorsque je pratiquais en Arabie Céoùdites, les cuisses de grenouilles, et même les grenouilles au complet, nous arrivaient congelées de Russie. Car vous savez que l’Arabie est un grand désert et que les grenouilles ne vivent pas dans le désert. Pour les dégeler, des femmes voilées les lançaient dans de grosses marmites bouillonnantes, et on riait de les voir sauter, projetées par l’effet de la glace précipitée dans une eau bouillante. On appelait ça le Swing de Kermitz. Elles nous étaient servies avec des crudités. Je me souviens des petits couteaux, exactement comme pour les huîtres. On prenait la grenouille par le corps, puis on lui faisait sauter les pattes, puis la tête, le tout trempé dans une sauce aux piments forts…

C’est bien! On en a assez entendu? Une dernière question. À propos de la prostitution, êtes-vous abolitionniste?

Vous savez que du temps où j’étais ministre de la Santé, j’ai remis au groupe Stella, qui œuvre à ce que les travailleurs et travailleuses du sexe puissent pratiquer leur profession en toute sécurité, tant policière que médicale, que j’ai remis donc une subvention bien renflouée. Il ne faut pas se cacher que la prostitution n’est plus ce qu’elle était. Elle est devenue une profession très libérale, avec ses exigences, sa formation préalable et les encadrements légaux et médicaux indispensables à toutes professions honorables. Je peux même vous garantir, Madame Stella…

Raymonde, Môssieur. Mon nom, c’est Raymonde…

Excusez-moi, oui, Raymonde. Je peux vous garantir que dans un premier mandat du gouvernement du Parti Libéral du Québec, nous nous engageons, mes équipes et moi-même, à faire voter une loi créant dans les cégeps un programme d’I.T.S. d’Initiation au travail du sexe. Les étudiantes et les étudiants qui s’engageront dans ce programme auront des cours dans différentes disciplines. Outre en protection de la santé et en connaissances juridiques, ils recevront des cours tels que Sollicitation I et II, Escorte 101, Manipulation des Sex Toys 102, Perversions : réalité et fantaisies, La pipe avec ou sans condom, Matérialisme historique et fellation, Sémiotique du cunnilingus ou le Broutte-Minou dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar (le titre n’est pas encore fixé), notre équipe sur l’Éducation est en train d’y réfléchir…

(Pendant que le Dr Couillard poursuit son énumération). Bon, là-dessus notre entrevue est terminée. Je vous souhaite à mercredi prochain où on partira sur Legault…

Il y aura également un programme qui sera appliqué aussi tôt qu’en garderie afin de détecter, dès leur plus jeune âge, les enfants qui auraient des prédispositions à l’I.T.S. Ainsi, l’album illustré par Garnotte de «Janette-Lapin et Janot-Lapine copulent»; ou encore ces petits jeux délicieux intitulés, «Ma petite chatte est mouillée», ou encore «Où se cache l’oncle Pédo?», inspirés des jouets Hasbro. Il y aura aussi le très éducatif transformer transexuel, qui peut être garçon ou fille et se transformer en son contraire, un jouet très prisé dans les maternelles en Arabie Céoùdites…
 
Ce matin, Raymonde reçoit le candidat de Québec Solitaire, dans la circoncision de Lac Saint-Jean, Monsieur Ramsès Cornudet.

Q. On parle beaucoup, M. Ramsès Cornudet, de la volonté de creuser deux niches sur le fjord du Saguenay pour qu’on y sculpte votre statue ainsi que celle du maire Jean Tremblay. Êtes-vous sérieux?

R. Absolument. Québec Solitaire est le parti qui trouve la politique trop grave pour qu’on en fasse des niaiseries. Ce qui manque au Québec, ce sont des idées de grandeur et la gauche n’est pas contre les idées, ni contre la grandeur. Le fjord est une merveille naturelle! Pourquoi ne pas y creuser des niches, comme pour les Bouddhas de Bâmiyân? Les hommes d’affaires, réduits en esclavage, pourraient se charger de creuser le fjords, à mains nues, et nous y élèverions une première première statue pour notre maire, là-là, pis une autre niche. Pour moi. Quand je serai mort! Avec ça, les croisières sur le Saguenay vont attirer des millions de visiteurs et ici, pas de Talibans pour les bombarder à coups de pétoires. Le Québec deviendra la Corée du Nord de l’Amérique!

 
Ce soir, Raymonde reçoit la candidate du Parti Libéral dans la circoncision de Westmont-Saint-Louis, madame Élizabeth
Cownuday.

Q. Lady Cownuday, what the Liberal Party intends to do to help your county does not disappear under the clouds?

R. Very simple my good lady. Our medical team intends to install powerful fans on Mount Royal to push ever higher clouds that plague our beautiful county. Thereupon, we can count on the understanding of Quebec taxpayers to finance the erection of these fans. After all, Westermount is it not considered a disaster area merely because it is located on the island of Montreal? God bless my constituents! 

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat de Québec Solitaire, dans la circoncision d’Anjou, M. Achille Tornudet.

Q. M. Tornudet, comment avez-vous obtenu votre mise en candidature dans Anjou pour Québec Solitaire? Quelle est la cause sociale pour laquelle vous entendez militer?

R. Je ne sais pas? Une cause? Voyons? Tiens, les prêtres pédophiles. Personne ne les défend, et pourtant, ce sont des humains eux aussi! J’attends d’avoir une invitation pour passer à Second Regard. «Prêtres pédophiles et femmes voilées, même spiritualité!», ça m’irait bien comme slogan! Mais la vraie raison, c’est que je tiens une rôtisserie dans le comté pis je fais toujours une réduction quand les organisateurs de QS viennent manger du poulette!

 
Ce soir, Raymonde reçoit le candidat du Parti Libéral dans la circoncision de Sherbrooke, M. Frank Cornudet.

Q.  M. Frank Cornudet, vous êtes venu avec l’organisateur de votre campagne électorale. Dites-moi donc pourquoi?

R. C’est fort clair, madame Raymonde. L’important pour un candidat d’arrière-banc, c’est toujours d’avoir un bon conseiller pour lui souffler les réponses qu’il doit dire pour ne pas paraître ce qu’il est. Dans mon cas, un ancien ami m’a suggéré qu’il mettrait volontiers ses deux mains sur mon volant afin de dire au monde que nous sommes le Parti le plus irréprochable, le plus blanc de toutes corruptions, et qu’avec notre équipe médicale, nous allons soigner ce malade que dix ans de règne péquiste ont rend anémique. 

Ce matin, Raymonde reçoit M. François Cornudet,candidat du Parti Socialiste dans Béziers.

Q.  M. Cornudet, expli-quez-nous votre succès auprès des femmes avec la tronche que vous avez. C'est pas possible en passer trois en si peu de temps, même pour les présidents français chauds lapins, c'est un exploit qu'on aurait jamais osé vous supposer!

R. C'est simple, madame Raymonde, je vous dirai que l'amour de la République me donne le goût des femmes. Toutes. Qu'elles soient ballerines, actrices, hôtesses de l'air, secrétaires, mannequins ou infirmières, je les aime toutes. Je les veux toutes. C'est bien simple, c'est moi le Président de la République après tout! Le Président est empereur dans son Royaume, non? Pourquoi Sarkozy? Pourquoi D.S.K.? et pourquoi pas moi? Morbleu!

 
Ce soir, Raymonde reçoit M. Smokey Cornudet, candidat du Parti Libéral dans la circoncision de la Côte-Nord.

Q. On affirme, au Parti Libéral, qu'il y aurait sur la table des plans de dévelop-pement économique dit Le Plan Nord +, comme La Presse + ou le savon Tide + advenant une prise du pouvoir, car on y trouverait des richesses insoupçonnées dans notre sous-sol. Ne croyez-vous pas que cela puisse entraîner des désastres pour l'écosystème du Québec? 

R. Tout à fait! Songez à l'immense territoire que cela concerne! C'est pas Montréal, ça, une petite île insignifiante! Imaginez toute la richesse en or, en fer, en pétrole; des forêts à n'en plus savoir quoi faire. Et de l'eau douce, assez pour rincer tout ça et que nos pluies acides et notre nège noire renflouent tous les ans. Plus d'industries. Plus de services. Plus d'infrastructures. Plus de villes. Donc, plus de bébés, futurs payeurs de taxes. On devrait sacrifier tout ça pour quelques peuples folkloriques et des 'tits vieux en attente de la loi sur la réglementation des fins de vie? Qui regretterait ce paysage de sauvage une fois que leurs cartes de guichet seront loader de beaux dollars tout brun? C'est ainsi que nous pensons à l'avenir au Parti Libéral, et c'est ce que les Québécois veulent et auront.

Ce matin, Raymonde reçoit M. Embridge Cornudet,candidat de la CrAC dans la circoncision de Beauharnois.

Q. Cher monsieur, votre Parti ainsi que votre chef, restez bruyamment silencieux sur l'affaire du pipeline Embridge. Pouvez-vous nous préciser votre position devant ce dossier chaud de l'actualité?

R. Notre position est claire; c'est celle des Lucides! Il faut arrêter de chialer et de s'opposer à chaque fois qu'un projet est mis de l'avant afin d'améliorer le sort des entrepreneurs privés. Nous avons besoin de ce pipeline pour inverser le cours de la bourse en matière de pétrole afin qu'il coule vers nous et non nous vers lui. Nous devons agir avec fermeté et détermination, je veux dire mettre chaussure à notre pied pour aller de l'avant dans l'avenir du Québec. Faut pas être né à côté de la track pour pas comprendre ça, non?
 
Ce soir, Raymonde reçoit M. X. Cornudet, candidat du Parti Québécor dans la circoncision de Laporte.

Q. M. X. le fait que vous ayez un diplôme des H.E.C., en quoi cela vous donne-t-il une meilleure expérience pour vendre l’idée souverainiste aux Québécois?

R. Notre parti est reconnu pour son habileté à créer des miroirs aux alouettes. D’un côté, nos adversaires croient sincèrement que nous voulons la séparation du Canada, et ils effraient leurs électeurs, ce qui leur donne une majorité des voies. D’un autre côté, nos partisans sont certains que nous voulons l’indépendance du Québec, et ils s’encouragent à voter pour notre parti et à lui donner une majorité des votes. Vous comprenez donc que quelque soit le parti qui gagne, c’est nous, en définitive, qui gagnons.

Aujourd’hui, Raymonde prend une journée de congé. Il faut dire qu’elle est tombée en bas de son escabeau alors qu’elle tentait de peinturer son plafond tout taché de giclures de Spam. Aussi, pour la circonstance, l’entrevue sera menée par Monsieur Pier-Karl Pédalo.
Je reçois dans mon bureau du ’ournal de Mouréal, une électrice de mon comté de Saint-Jérôme qui n’est pas encore fixée dans son choix électoral, Mme. Fatima Houda-Crack qui, pour cacher son identité, a revêtu l’odieux voile des musulmanes. Mme. Houda-Crack, dites-mois donc pourquoi, contrairement à madame Marois, ne vous laissez-vous pas séduire si facilement par un si beau gosse qui se présenterait dans votre comté avec l’idéal de fonder un pays?


J’en bave, c’est pas mêlant. La Charte n’a plus aucune raison d’être… Toutes mes amies avouent qu’elles mouillent leur burka aussi bien par le screen en haut que par en bas. C’est le modèle de l’homme québécois de rêve pour lequel nous avons toutes émigrées au Québec. Un vrai mâle qui va nous accommoder raisonnablement. Il va tous nous mettre en lock-out sexuel pour se garder pour lui seul. Avec ça, pas besoin de se ceindre la taille de soucisses en dynamites et se faire sauter pour avoir 27 vierges à déflorer. Un abonnement au ’ournal de Mouréal et un vote pour le Parti Québécor et l’affaire est ketchup. Le seul doute, est que je comprends pas pourquoi vous avez les yeux bruns et que sur le poster, vos yeux sont bleus? Mohammed m’a dit que j’étais en train de me faire fourrer, mais je ne le crois pas. Il est tellement jaloux!


Saint-Père, je sais qu’en divorçant de mon épouse, je me suis mis au ban de votre Sainte Église catholique, romaine et apostolique, mais j’ai mes raisons. Julie n’était pas fidèle. Elle me trompait avec le Banquier. Je ne pouvais lui pardonner. De plus. Denise Bombardier l’influençait de ses mauvais conseils de marâtre revêche. Eh, je ne vous parlerai pas de… tous les tours pendables qu’elle m’a joué, comme verser la sauce à spaghatte de sa mère dans mon bain tourbillon! Et quand je lui faisais d’humbles reproches, elle imitait la Filiatrault en m’envoyant des Fuck-off! par la tête. Comment, un mari peut-il se faire respecter dans de telles conditions? Alors, je lui ai donné une rince. Or, certes, je n’ai pas fait comme Patrick Roy, c’est-à-dire lui rentrer la tête dans le mur, mais j’y ai quand même envoyé ma main sur le popotin à plusieurs reprises, et la garce, elle aimait ça! Après tant d’efforts, je me suis résolu à l’inéluctable divorce. Saurez-vous me pardonner, Saint-Père?

- Ite in pace, remittun tur tibi peccata tua.


Ce matin, Raymonde reçoit Mme Fifi Brinudet, attachée de presse du Doc Mailloux, candidat du Parti Québécor dans la circoncision de Gouine
Q. Mme Brinudet, comment pen-
sez-vous défaire la chef de Québec Solitaire, Mme David, dans un comté où elle est fort appréciée?

R. Oh! Tout simplement en l’attendant à la sortie d’un quelconque transport en commun et en lui brisant les deux jambes. De même, mon amie, Mme Legault, attend qu’Amir Khadir passe sous la fenêtre de la Banque Nationale pour lui lancer un coffre-fort de l’étage supérieur sur la tête, ce qui l’aplatira pour de bon. Tant qu’à Manon Massé, une complice a déjà enduit sa série de boules chinoises avec une vaseline à base d’arsenic : pétrole et arsenic, ça vous tue une Solitaire en moins de deux. Je vous le dis, le 5 avril, le centre de Montréal redevient Parti Québécor! 

 
Ce soir, Raymonde reçoit M. Quasimodo Cornudet, candidat de la CrAQ dans la circoncision de Port-Frais.

Q. M. Quasimodo Cornudet, en tant que candidat de la CrAQ, vous devriez être pour la défense de la Charte, or vous voici que vous entraînez avec vous des militants créationnistes pour manifester contre? Comment suivre votre logique?

R. Vous avez le don de poser des questions compliquées qui se contentent de réponses simples! Parce qu’en tant que comté de la région de Québec, nous voulons conserver notre crucifix à l’Assemblée nationale. Le crucifix, c’est simple : PAS TOUCHE! Si non, il y en a qui vont se faire tinter les gorlots, je vous le dis!


Aujourd’hui, dans sa rencontre des chefs, Raymonde reçoit le candidat de la Coercition Avenir Québec, monsieur François Legault.


 Bonjour Môssieur Legault.

 Bonjour Madame Raymonde.
Ressemblerai-je à Jacques Languirand en vous disant, tout le go, que je n’irai pas par quatre chemins en vous posant ma première question.

Il est vrai madame Raymonde que la première vient toujours avant la seconde, et la seconde jamais avant la troisième!

Merci de me le rappeler. Je sais que durant cette campagne, la CrAQ s’est sans doute montrée le parti le plus humoristique des quatre. Vous allez sûrement gagner un Olivier au prochain gala de l’humour.

Oui, il est vrai que j’ai été placé en nomination ex-æquo avec Peter McLeod. C’est un honneur!

Je vous préviens, je suis férue de politique. J’ai remarqué que la majorité des projets de loi de madame Marois sont conçus pour aller chercher l’appui de la clientèle de la CrAQ : pensons à l’objectif du déficit zéro, les compressions dans les commissions scolaires, les suppressions de postes à Hydro-Québec, les coupures à l’aide sociale… Tout est conçu pour plaire à l’électorat cRaquiste. Alors, la question qui tue : est-il possible que la CrAQ s’affilie au Parti Québécor d’ici la fin de la campagne électorale? Allez, mössieur Legault, répondez! Raymonde a les deux oreilles grandes ouvertes, rien qu’entre vous et moi…

Ah! les oreilles, mais pas les cuisses! Ha ha! C’était une plaisanterie qu’on faisait dans le temps où j’étais comptable chez Gattuzo. Non, rassurez-vous, madame Raymonde, Je n’ai – enfin, la CrAQ n’a aucune intention de fusionner avec le Parti Québécor. Les réalisations de Mme Marois ont été décevantes en tout. Un fleuve nous sépare dans nos aspirations. D’abord, on est loin du déficit zéro. Nous, ce qu’on veut à la CrAQ, c’est des zéros partout! Et nous sommes équipés pour remplir notre promesse. Zéro commission scolaire, c’est clair, madame Raymonde. Zéro poste d’Hydro la Honte, démolir tous ces bâtiments-là et faire venir directement le courant des centrales à chaque foyer. Zéro aide sociale, M. Bouchard l’a dit, ce sont tous des paresseux qui se pognent le beigne pour vivre aux frais d’honnêtes contribuables comme nous…

M. Legault, lors de la dernière campagne électorale, qui ne remonte pas si loin – 18 mois -, on vous a ridiculisé au sujet de votre équipe de 14 cRaquistes ayant fait faillites en affaires. Vous avez alors répondu que vous aviez beaucoup d’admiration pour Pierre Pédalo père, même s’il avait fait faillite dans certains de ses projets. Avez-vous autant d’admiration pour son fils P.K.P. même s’il n’a pas (encore) fait faillite?

Vous savez madame Raymonde, je mange beaucoup de P.F.K. quand je suis dans mon autobus de campagne. C’est salé, c’est graisseux, mais ça se digère bien. Pour me détendre, je regarde une partie jouée par les Canadiens à T.S.N. et quand je vois P.K.Soupane rentrer la rondelle dans le filet adverse, je lâche de gros rots de satisfactions. Mais P.K.P. en politique… et pour le Parti Québécor, là, ça, j’peux pas digérer ça.

Lors de la dernière campagne, encore, vous avez dit : «Nous sommes le seul parti qui ouvre ses rangs. Contrairement au Parti Québécor, nous n’excluons aucun groupe. Nous ne prenons pas de tests sanguins avant d’accepter quelqu’un dans notre équipe», insinuant par là que le P.Q. était sélectif. Vous, à la CrAQ, vous êtes même allés jusqu’à embaucher un mexicain «travailleur saisonnier» pour passer des prospectus dans Huntingdon. Puisque la saison des carottes n’est pas encore commencée, pensez-vous poursuivre dans ce sens et engager des travailleurs saisonniers sous le salaire minimum pour passer vos prospectus?

Vous admettrez quand même, madame Raymonde, que passer des prospectus de la CrAQ est pas moins valorisant que de ramasser des carottes! Ha ha! C’est une anecdote, madame Raymonde, il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. Je voulais aider mon ami, le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, qui était tanné de voir un Banana Split se promener dans sa ville à se pogner les oreilles. On s’est dit, tant qu’à le voir se promener, on va lui donner des prospectus de la CrAQ, lui payer un beigne et un café. On ne peut pas être plus ouvert à l’Autre que ça. Non?

Vous renoncez à votre projet d’augmenter les salaires des enseignants. Vous énoncez qu’il n’y a pas de marge de manœuvre, que le P.Q. vous laisse un trop gros déficit. Pensez-vous que Jean Charest a laissé plus d’argent dans la caisse lorsqu’il est parti? Ce n’est pourtant pas ce que Madame Marois a dit! Il me semble que vous renoncez ainsi au vote des enseignants pour jeter votre fiel sur le P.Q. Ai-je tort?

Tout à fait madame Raymonde. Nous nous sommes expliqués avec les enseignants membres de notre Coalition et ils ont tous reconnu la nécessité d’éponger le déficit avant de voir réajuster leur salaire au coût de la vie. Voilà la preuve d’un Parti, madame Raymonde, qui est prêt à sacrifier ses intérêts personnels pour l’ensemble des Québécois. Il n’est pas vrai, madame Raymonde, que nous allons laisser le bien-être des Québécois passer avant le déficit zéro. J’ai été dans le gouvernement de M. Bouchard, avec Mme Marois, et si elle a oublié l’importance du déficit zéro, pas moi. Comme Coke, je suis le chef zéro de cette campagne. Ha ha! Elle est bien bonne celle-là Coke zéro, CrAQ zéro! Ha ha!

M. Legault, vous avez affirmé le lundi 10 mars, que vous vouliez couper dans l’aide au multimédia. Ne trouvez-vous pas que c’est une promesse très risquée pour l’économie du Québec? Le gouvernement de l’Ontario offre aux industries du domaine du multimédia un crédit d’impôt de 40% sur les coûts de la main-d’œuvre et les coûts de la mise en marché des produits développés par celles-ci. Vous ne craignez pas qu’en coupant la subvention québécoise, ces industries risquent de prendre le go pour l’Ontario? Oups! A’c’t’heure j’fais des jokes de ma tante!

C’est normal quand on reçoit un mon oncl’, ne vous en faites pas avec ça! Je la trouve moi-même très drôle, et je vais la lancer au prochain congrès de l’Ordre des Comptables agréés. Vous savez comment ils m’appellent là-bas, le Mario Duquette des airs. Oui, des airs, à cause d’Air Transat. Ça fait rire tout le monde autour de l’assiette de cuisses de grenouilles et de pinces de homards. Bon. Pour revenir aux multimédia. C’est assez de subventionner des industries rentables. Qu’ils paient leurs propres affaires. Le multimédia, ça crée pas suffisamment d’emplois. Il faut des industries solides avec une main-d’œuvre bon marché. Revenir à l’amiante, à l’aluminium, aux textiles, à tout ce que nous avons perdu de la faute de la mauvaise gouvernance des partis précédents. Et penser surtout au projet Saint-Laurent. Ça, c’est l’avenir!

Justement. En parlant d’avenir. Pourquoi avez-vous été chercher ce jeune insignifiant pour être votre candidat dans Rimouski. N’avez-vous pas été choqué de voir cette photo du postérieur de votre candidat associé au nom de la CrAQ si ordinairement stuck-up?


C’est une plaisanterie de collégiens, madame Raymonde. Il ne faut pas faire un plat avec ça. Vous avez été jeune vous aussi, madame Raymonde et même si ça fait longtemps, je suis sûr que vous en avez fait de pires. Moi, je prends plutôt ça pour un honneur pour notre Coalition. Il brandit la seule crac de son anatomie qui évoque le nom et l’esprit de notre pensée.

Vous voilà bien tolérant, M.Legault. Et lorsque nous le voyons assis sur le bol de toilette, vous trouvez cela de bon goût je suppose?
Madame Raymonde, le bon goût n’a rien à voir là-dedans. Il s’agit d’un message. Voyez-le le pouce en l’air. Vous le voyez, madame Raymonde, le pouce? Eh bien, ça veut dire qu’il croit dans notre projet Saint-Laurent, et qu’il y participe en l’engraissant. Voilà tout. C’est un message politique choc, comme aiment en produire nos adversaires.

Et vous, aimeriez-vous voir votre fils donner des signes d’orientation homosexuelle comme dans cette autre photo, ma  fois plutôt explicite :
Madame Raymonde! Madame Raymonde! Écoutez-moi, madame Raymonde. Demandez-nous pas d’être plus catholiques que le pape. Nous avions besoin d’un jeune qui illustre la fraîcheur et la joie de vivre de notre jeunesse entrepreneuriale. Tous ses espoirs sont placés dans notre programme. Nous ne voulions pas d’une tête enflée comme Léo Bureau-Blouin. Ce n’est pas ça la jeunesse québécoise. M. Fleurant est beaucoup plus proche de la réalité. Il donnera pas son cachet de député à des organismes de charité de son comté, lui. Il va le garder pour le réinvestir dans une entreprise créatrice peut-être de 210,000 emplois! C’est ça nos jeunes. C’est pour eux que nous voulons un Québec Zéro…

J’avais encore deux petites questions pour vous, mais sans le vouloir vous avez répondu à l’une d’entre elles en spécifiant qu’au congrès des Comptables vous vous bourriez de cuisses de grenouilles…






Oui, oui, madame Raymonde. Elles sont savoureuses. Mieux que des ailes de poulets comme entrée. Je passerais des heures à grignoter autour de l’os, et même à le sucer… Mmm! Rien qu’à y penser. Mais. Vous aussi, madame Raymonde. Vous avez des cuisses plutôt grassouillettes. (Posant sa main)  Je les palperais bien un bout de temps. 

Ôtes tes pattes de là, vieux cochon! Et la dernière question est celle-ci, êtes-vous pour ou contre l’abolition de la prostitution?
 





 Madame Raymonde, la prostitution fait vivre le Québec depuis le temps des Filles du Roy. On va pas arrêter ça, comme ça. Il faut resserrer les mœurs. Il y a trop de gays et lesbiennes au Québec! Ce sont des déviances qui nuisent à notre taux de reproduction nationale. Les prostituées sont une peste pour notre société. Je ne parle pas des agences d’escortes qui sont celles que j’emploie et avec lesquelles on peut aller souper au restaurant, voir un spectacle du Cirque du Soleil ou jouer au docteur Couillard pratiquant une hystérectomie sur Fatima Houda-Pépin. Après avoir vu quelques épisodes d’Unité 9 à la télévision, je suis convaincu qu’en multipliant les centres de détention pour prostituées, en les établissant en Gaspésie par exemple, devant le beau Rocher Percé, elles deviendront plus… comment dire?  Plus repentantes et finiront par faire des épouses pour les gays qui auront été, pendant ce temps, traités par la méthode de monseigneur Lépine : découvrir l’hétéro qui sommeille en chaque homo. C’est ça que la CrAQ veut dire depuis sa fondation. À tous les problèmes au Québec, il y a une solution; il suffit de vouloir. Pis après, ben on verra!

Je vous remercie, môssieur Legault pour votre visite dans mon salon.

Mais, c’est moi qui vous remercie madame Raymonde. Au fait, vous l’avez entendue celle-là : «On se donne Legault, pis on part sur la go»?

(Tout bas) Oui, monsieur Legault, tout le monde la connaît… Elle est bien bonne. Le Québec au complet la rit encore.






Ce matin, Raymonde reçoit le candidat du Parti Libéral, M. Renan Cornudet, de la circoncision de Nicolet-Bécancourt.

Q.  M. Renan Cornudet, c’est une vieille pratique au Québec de faire voter les morts, mais une personnalité de votre ampleur! Pourquoi M. Couillard a-t-il jugé bon de faire appel à votre esprit libéral d’un autre siècle?

R. Tout simplement dans le but de restaurer l’Éducation que cinquante ans de règne péquiste ont littéralement sabordé. Il faut que les enseignants continussent d’enseigner et les élèves d’étudier. C’est bien clair. Finie la Dolce Vitæ à l’école. Les enfants-rois, au pain sec et à l’eau, comme dans mon jeune temps. L’estime de soi? Peuh! Le bonnet d’âne, il n’y a que ça. Regardez ce que cela a donné avec Sam Hamad! Exemplaire! Ils ont envie de pisser ou de chier en classe? Eh bien, qu’ils fassent sous eux. Quand ils passeront la journée les fesses collées dans leur caleçon, ils y penseront à deux fois par après. L’Avenir de la science appartient à ceux qui frappent justes et forts. Voilà mon message d’outre-tombe.

 
Ce soir, Raymonde reçoit Mme Esméralda Cornudet, candidate de Québec Solitaire dans la circoncision de Port-Frais.

Q.  Mlle Esméralda, vous vous présentez dans Port-Frais contre un adversaire de taille, le candidat Quasimodo Cornudet, ai-je raison si je dis qu'il y a un peu de vengeance personnelle derrière cette mise au défi via Québec Solitaire?

R. Nullement. Les Gitans, et en particulier les Gitanes, sont des catholiques qui fument l'encens par les deux bouts., et je refuse que des prélats comme Maître Frollo interdisent la prêtrise pour les femmes. C'est un combat digne du volet égalité hommes/femmes de notre parti et je vais mener la lutte contre le nouveau cardinal de Québec avec toute la férocité qui est mienne. En ce qui concerne ce vulgaire personnage de la CrAQ, il est vrai que je n'ai jamais accepté le fait qu'il meure enlacé avec ma chèvre, mais… Bon! Ça fait longtemps et c’était dans un roman. Alors. Gare aux curés machistes!

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat du Parti Libéral, dans la circoncision des Chutes de la Naudière, M. Magoo Cornudet.

Q. M. Magoo Cornudet, vous étiez d'abord le candidat favori de la CrAQ pour vous présenter dans la circoncision des Chutes de la Naudière et vous voilà devenu candidat Libéral. Expliquez-nous votre changement d'allégeance?

R. Vous comprendrez mon cher monsieur, qu'au départ, j'avais un léger handicap de myopie. Aussi, je ne voyais pas tellement les apparences de mon chef, puis, un certain médecin m'a offert une chirurgie gratuite à la fois des yeux et du cerveau, et depuis, j'ai eu une illumination. C'est aussi simple que ça. C'est ainsi qu'on fait du maraudage au Parti Libéral du Québec, un vote pour une intervention chirurgicale gratuite, n'importe laquelle en autant que ça touche au cerveau.

Ce soir, Raymonde reçoit M. Gumbie Cornudet, candidat de Québec Solitaire dans Nelligan.

Q. Décidément, aujourd'hui, c'est la journée des transfuges. M. Gumbie Cornudet, expliquez-nous comment de candidat de la CrAQ, vous vous retrouvez soudainement candidat de Québec Solitaire dans le comté de Nelligan?

R. Une véritable histoire de fous, madame Raymonde. J'étais dans l'étobus avec mon chef quand il s'est mis à renifler et à dire que je sentais la crotte de cheval! Je lui ai demandé comment une telle affaire pouvait se produire et, sans faire ni une ni deux, il m'a balancé par la portière de son étobus de campagne, au moment où la portière de celle de Québec Solitaire s'ouvrait. Et c'est comme ça, après avoir humé la même odeur, Mme David et M. Khadir se sont entendus pour dire que j'étais un candidat pleinement écolo! Et me voilà candidat de QS dans Nelligan!

Ce matin, Raymonde reçoit le jeune candidat du Parti Libéral dans la circoncision de Chateaugay. M. Hackenbacker Cornudet.

Q. M. Hackenbacker Cornudet. Pourquoi vous portez-vous candidat du Parti Libéral du Québec dans Châteaugay?

R. C’est évident Mme Raymonde. Depuis que j’ai annoncé ma candidature dans le temps des fêtes, la famille Tracy m’a exclu de sa photo de famille comme carte de Noël. C’est inacceptable! Ce sont de vulgaires rats péquistes et je m’en vas saboter leurs Thunderbirds. Quand je serai ministre de la science et de la technologie, ils viendront manger dans ma main ces salopards! Mais, je vous en prie, madame Raymonde, ne voyez rien de personnel dans mon engagement politique.

 
Ce soir, Raymonde reçoit M. Mesmer Cornudet, candidat du Parti Libéral du Québec dans la circoncision de Verdun.

Q. Mesmer, expliquez-nous la raison principale de votre engagement pour le Parti Libéral dans Verdun? Y avait-il une diminution de fréquentation de vos shows d’hypnotisme?

R. Quand j’ai su que le P.Q. allait parachuter une femme de théâtre dans le comté, je me suis dit : «Vous en voulez des illusions, bah! Je vais vous en donner!» Alors, à chaque fois qu’ils voient à la télé Mme Marois, Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Nicolas Marceau, mon pouvoir Mesmer + entre en action et ce qu’ils voient décident définitivement pour qui ils ne voteront pas! 

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat de la CrAQ dans la circoncision de Saint-Maurice.

Q. Avec votre problème évident d'alcoolisme, je comprend pourquoi vous tenez à ce qu'on ignore votre nom, M. Cornudet. Mais que diable allez-vous faire dans cette galère électorale?

R. Ne jugez pas trop vite… hic! Madame Raymonde… hic! Autrefois, c’étaient les électeurs qu’on enivrait pour voter… hic! Aujourd’hui, ce sont les candidats qu’on enivre en les invitant à venir faire la go dans la caravane de la CrAQ. On ne peut pas trouver plus enthousiaste que moi.  Moé, «je vous donne Legault, pis j'm'en va sur la go!» Hic! Hourra!…

 
Ce soir, Raymonde reçoit Mme Mona Cornudet, candidate de Québec Solitaire dans Borduas.

Q. Mona, expliquez-moi le fond de votre engagement pour Québec Solitaire.

R. Raymonde, je trouve dans le programme de Québec Solitaire ce qui me tient le plus à cœur, l’égalité hommes/femmes. Depuis que j’ai participé à une publicité McDo, je suis persécutée par leur affreux clown, Ronald, à qui on ne peut même pas envoyer une tarde à la crème dans la figure. Je ne vous mens pas, j’ai tout essayé pour m’en débarrasser. Je me suis laissée pousser la moustache, le poil après les jambes, aux aisselles. Rien n’y fait. Je ne me suis pas lavé la noune pendant deux mois, et il avait toujours son maudit nez fourré dedans! À partir de ce moment-là, même si je ne m’étais pas débarrassée du méchant clown, j’avais toutes les compétences reconnues pour être candidate de Québec Solitaire. Restait qu’à trouver le comté approprié…


Ce matin, Raymonde reçoit le jeune candidat du Parti Québécor, dans la circoncision de Huntingdon, M. Léo Vidéo-Cornudet
Q. Léo, tu es un jeune absolument moderne. Un véritable crac du jeu vidéo, de l’infographie et du multimédia. tu es incontestablement un plus pour le Parti Québécor, dis-nous comment t’es venu ta passion pour les jeux vidéo?

R. Chez nous, quand j’étais petit, on jouait à des jeux plates! Le parchésie, le monopoly, paquet voleur et au Banquier. Puis, ma sœur a trouvé un jeu nouveau, la Roulette russe. elle était une experte dans le jeu. Au dernier rassemblement mondial des Joueurs de Roulette Russe, elle cumulait déjà 3 000 longs feux. Mais elle n’a pas atteint le 3 001! Je me suis alors dit qu’il fallait réinventer le jeu, mais le rendre virtuel. Madame Marois a trouvé l’idée formidable, et voilà comment je suis devenu son dernier candidat chou-chou.

 
Ce matin, Raymonde reçoit Hershel ben Lévy-Cornudet du Parti Libéral dans la circoncision de Mercier.

Q. M. Lévy-Cornudet, n’est-ce pas étrange de voir un Juif, hassidique en plus faire la promotion du bacon pendant la campagne électorale?

R. Parce que, femme, c’est ce que nous promet le Parti Libéral. Du bacon. Mais grâce aux mamans québécoises, je sais comment faire du porc cachère. Il suffit, comme avec le steak de le repasser au fer chaud. À force de l’attendrir, le porc devient aussi propre que le bœuf. Dans ma famille, le jour du sabbat, c’est le jour du bacon Maple Leaf, car bacon, ça rime avec Canada!

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Ce matin, Raymonde reçoit la jeune candidate de la CrAQ, dans la circoncision de Laviolette, Mlle Isadora Cornudette.

Q. Mademoiselle Cornudette, vous êtes reconnue comme danseuse étoile aux Grands Ballets Canadiens. Pourquoi décidéez-vous soudainement de vous présenter dans Laviolette pour la Coercition Avenir Québec?

R. Depuis ma dernière chute à un moment dramatique du Lac des Cygnes, j'ai compris que je devais commencer à réorienter ma carrière. Je ne savais vraiment pas vers quoi me diriger jusqu'au moment où, au 300 m. à Sochi, j'ai vu Charles Hamelin tomber sur le cul. À partir de ce moment, j'ai repris confiance en moi, je me suis levé les bras et je me suis dit : Gisèle, me voilà! Pour les élections, bah! On verra! 
 
 
Ce soir, Raymonde reçoit Denice Cornudet, candidat du Parti Libéral dans la circoncision de D'Arcy McGee.


Q. Denice, vous me semblez bien jeune pour être député, même pour une circoncision aussi banale que D'Arcy McGee.

R. Que voulez-vous, madame Raymonde. Quand on est né avec une cuiller d'or dans la bouche, on ne mange pas de la margarine. Ce n'est pas parce que je ne voulais pas manger mes céréales le matin, ou boire mon verre de lait que je ne peux pas manger aujourd'hui des mottes de beurre à la fourchette. C'est idéal pour se graisser le gosier et faire caler plus de bière à McGill. Mais je ne serai pas moins charitable que Léo, car je verserai mon salaire de député aux pauvres du West Island. J'en connais, si si, qui ont du vendre leur résidence secondaire parce que les travailleurs au noir avaient mal enligner les joints. Shocking! 



Aujourd’hui, dans sa rencontre des chefs, Raymonde reçoit les chiefs twins de Québec Solitaire, madame Françoise David et monsieur Amir Khadir.



D’abord, bonjour à vous deux. Je vous remercie d’avoir répondu à mon invitation, aussi, je vous laisserai le divan à tous deux et m’assoirai par terre pour notre entretien. Si cela vous convient, bien entendu?

Mais il n’en est pas question, Raymonde. Non, entre Solitaires, il faut se tenir. Non, assoyez-vous à côté de moi. Amir, assis-toi par terre.

Non, non, je ne veux pas vous incommoder, vous êtes mes invités.

Mais non, Raymonde nous insistons. Allez, Amir, par terre…

Oui, madame Raymonde. Il n’y a pas de problème. Voilà, je prends un coussin et je m’assois.

Ben, franchement, Amir. Remet le coussin sur le divan. Le plancher est propre, tu es capable de t’asseoir par terre, non? Ça va pas te chauffer les fesses! Aaah! Raymonde, les hommes sont donc douillets, hein, c’est pas comme nous autres. Je me demande bien ce qu’ils feraient s’ils avaient à supporter les neuf mois d’une grossesse!

Tu as donc raison, Françoise. Les hommes sont pas capables de supporter des douleurs que seules, nous, les fâmes, sommes capables d’endurer. Bon, ben… parle, parle, jase, jase, il faut quand même que je vous pose certaines questions concernant votre programme.
Allez’y madame Raymonde, nous sommes prêts…

Amir. Attends qu’on te parle avant de répondre.

Oui, Françoise…

On dit que vous êtes les chefs jumeaux de Québec Solitaire, aussi j’aurais envie de vous demander : lequel de vous deux est le méchant, ou la méchante?

C’est moi.

Donc, je vais commencer avec toi, Amir. Tu as dit, récemment, qu’il existe une bulle spéculative qui nuit aux locataires du Plateau Mont-Royal, dans ton comté, Mercier, à mesure que des gens mieux nantis achetaient des propriétés. Tu souhaites non seulement la mise en place de mesures locales, mais aussi un programme provincial de logements sociaux «afin de retenir notre monde» dans le quartier. Ne crains-tu pas de déplaire à plusieurs personnes qui votent pour vous qui, bien qu’aimant les pauvres pauvres et qui en parlent dans leurs salons oranges, risquent d’en être fâchés? J’ai entendu dire – je ne sais pas si c’est vrai et je ne dévoilerai pas mes sources -, que ces personnes, justement qui aiment les pauvres pauvres, les aiment mieux à distance. Un peu plus loin, dans Hochelaga, par exemple.

Si tu permets, Amir, je répondrai à cette question, car elle se pose de plus en plus dans mon comté de Gouine, dans le quartier Rosemont. Les gens dont vous parlez, Raymonde, n’existent pas. Il y a des pauvres pauvres, comme tu dis, qui arpentent les rues : Mont-Royal, Masson, Saint-Hubert… et qui tendent la main aux passants. Les citoyens un peu plus fortunés de nos comtés ont appris à mieux les connaître …grâce aux reportages de Radio-Québec. Nous pouvons donc considérer ces pauvres pauvres comme faisant partie du patrimoine québécois. De plus, lorsqu’ils en voient un ou une tendant la main devant une succursale de la Société des Alcools ou de la Caisse populaire, ces nouveaux riches, ces parvenus dont vous parlez Raymonde, se font un devoir de les encourager en leur donnant une piasse ou deux. C’est bon pour le moral de la personne qui donne et le pauvre pauvre peut se payer un café. Les gens dont Amir parlaient ne résident pas dans nos quartiers. Très souvent, ils résident aussi loin que Toronto ou Pékin. Donc, la bulle spéculative sur le Plateau et ailleurs au Québec, est le fait de la mondialisation du marché de l’argent et non un pur produit local;  donc, nous ne croyons pas que cette remarque aura une incidence sur le vote dans Mercier.

Puisque c’est ainsi, je vous poserai donc, à vous deux, Amir et Françoise, cette question : Le comportement de Québec Solitaire me rappelle parfois les années 1970 où les M.L., les Marxistes-Léninistes – les cocos comme les appelle une méchante langue que je connais et dont je tairai le nom pour la crédibilité de mon entretien -, cherchaient à noyauter les organismes populaires, cégep, syndicats et coopératives pour faire passer leur idéologie. Bref, toutes leurs interventions viseraient la lutte des classes. Évidemment, ils crachaient sur le Parti Québécor, parti qu’ils qualifiaient de «parti bourgeois». Je regrette, mais je n’ai pas l’impression que la gauche a assez évolué depuis cette époque. Avez-vous compris que l’Indépendance est un projet qui doit comprendre toutes les couches et idéologies de la société? René Lévesque, que vous affectionnez particulièrement, l’avait compris. Qu’attendez-vous pour suivre ses traces? Toi, Françoise, qui mentionne que vous feriez un référendum sur la souveraineté dès le premier mandat au pouvoir de Québec Solitaire? Est-ce sincère? Ne parlez pas en même temps, s’il vous plaît… 

J’ai bien dit que nous ferions un référendum si nécessaire, mais pas nécessairement un référendum… Quelques soupers bien arrosés dans l’espace communautaire sur le Mont-Royal, par exemple, pourraient tout aussi bien faire l’affaire. Avec des chants bulgares ou de la musique maghrébine… Ce serait épatant, je trouve…


Je connais cette langue sale dont vous parlez Raymonde. C’est lui qui persécute Madame Massé en claironnant partout son surnom de Manon Moustache. C’est un agent du capitalisme anarcho-péquiste à qui il ne faut surtout pas prêter l’oreille. Il est clairement établi qu’il n’y a que deux lignes possibles dans la stratégie de Québec Solitaire : la ligne juste et la ligne erronée. Lui, il est hors-ligne, pendu au bout d’une ligne à pêche. Nous croyons, avec certitude, que le capitalisme est sur le point de s’effondrer et que ce n’est plus qu’une question de jours. Voilà pourquoi il faut des Solitaires au pouvoir à Québec, pour être prêts cette journée-là, à s’unir au vaste mouvement mondial qui s’opposera à l’impérialisme israélo-américain qui menace le développement des peuples. Dans L’anti-Dühring, Engels le disait clairement : les contradictions de la nature entraînent les contradictions de la société. Une écologie saine abolira l’homophobie tout en permettant aux femmes d’atteindre le stade suprême de la répartition équitable de la richesse, basée sur les apports de toutes les classes dans la lutte ultime contre la bourgeoisie et ses suppôts de vipères lubriques, anarchistes, trotskystes, socio-démocrates et kautskystes…

Hem! Je me tourne vers toi, ma chère Françoise. Tu brandis bien fort ton féminisme tout en te portant à la défense des femmes voilées musulmanes qui seraient membres de la fonction publique québécoise. Tu te dis, de même, indépendantiste, mais n’hésite pas à trouver odieuse la présence de Pier-Karl Pédalo dans la famille péquiste. Écoute donc, parles-tu toujours des deux côtés de la bouche en même temps?

Non, non, Raymonde, rassure-toi. L’émancipation des femmes a toujours été ma priorité première. Car si j’ai plusieurs priorités simultanées, il y en a toujours une qui est plus importante que les autres, selon les débats dans lesquels je m’implique entièrement et complètement. Si je suis pour le voile des musulmanes, c’est afin de permettre au Nous inclusif de se développer dans une métropole multiethnique comme Montréal. C’est pas à Saint-Cuthbert qu’on va trouver une musulmane à la tête du C.L.S.C.! Si, pour une femme, porter le voile, c’est assumer son identité profonde, qui serions-nous de le lui reprocher, nous qui portons des chemises à carreaux ou des anneaux dans le nez? Le féminisme commence par respecter la liberté des femmes, même quand celles-ci ne sont pas libres de définir ce qui fait leur liberté par rapport à une autre, qui ne sait pas qu’elle est libre et se croie toujours libre de respecter la liberté de celle qui ne veut pas être libre! En ce qui a trait à monsieur Pédalo, le champion des lock-out au Québec, s’il fait l’Indépendance, vous pouvez être certaine, ma chère Raymonde, que dès le lendemain, tout le pays du Québec est en lock-out!

Françoise, je souhaite sincèrement que vous serez réélue dans la circoncision de Gouine. Si c’est le cas, et si madame Marois demeure «première», accepteriez-vous, au nom de l’union sacrée des Indépendantistes, qu’elle vous offre un ministère? La chose est rare, je sais, mais ça c’est déjà fait, par exemple lorsque Robert Bourassa a nommé Jean Cournoyer qui était un candidat unioniste défait! En France, le président Sarkozy l’a fait également. Mme Marois pourrait vous appeler à un poste. Par exemple, je vous verrais à la tête du Ministère de la Solidarité sociale, de la Condition féminine ou des Services sociaux (mais sûrement pas du Trésor ni des transports, malgré votre projet d’autobus électrique). Accepteriez-vous? Si oui, ne serait-il pas plus avantageux pour vous de commencer dès maintenant de vous réconcilier au lieu de diviser? Ne serait-ce que pour empêcher le retour des Libéraux au pouvoir?

Ministre? Moi? Ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Franchement, je me sentirais pas tellement à ma place entre M. Pédalo et Mme Marois. Bien sûr, si la situation l’exige, l’Union Sacrée serait une stratégie incontournable, mais…
Comment? L’Union Sacrée? Mais Françoise, tu sais bien que les socialistes français et allemands se sont fait fourrer lorsqu’ils ont accepté, au nom de ce même principe du salut de la nation, de copiner avec les partis bourgeois pendant la Première Guerre mondiale! Irions-nous commettre la même erreur qu’il y a cent ans? Les camarades Lénine et Trotsky ont violemment dénoncé cette participation opportuniste des partis socio-démocrates au point qu’il a fallu attendre la conférence de Zimmerwald, puis celle de Kienthal pour que les socialistes marxistes puissent retrouver leur bon sens et s’opposer à la guerre en attendant la glorieuse révolution d’Octobre qui porta au pouvoir le Parti Communiste bolchevique marxiste-léniniste…

Oui, oui, Amir. Pas besoin de nous faire un cours d'histoire. Raymonde et moi savons très bien ce qui en est et nous parlons ici d'un cas purement et totalement hypothétique… (à Raymonde) Parfois, il m’exaspère!

(À Françoise) Oui, je  comprends maintenant pourquoi il dit que c’est lui le méchant des jumeaux et il a raison! Amir, l’an dernier, le ministre conser-
vateur Christian Paradis a déposé une motion qui vise à réitérer la «tolérance zéro» du Parlement fédéral face au terrorisme. Le texte de la motion initiale visait à condamner «toute tentative par Amir Khadir de Québec Solitaire visant à glorifier un membre du F.L.Q.». La raison est que vous vouliez ou aviez glorifié un felquiste lors de son décès. Vous êtes vous senti important d’avoir votre nom et votre nom seul dans une motion du gouvernement fédéral?

Le gouvernement des conservateurs à Ottawa? Je leur envoie mes deux chaussures par la tête. Et des chaussures spécialement achetées chez un boutiquier qui vend des chaussures israéliennes. Des felquistes, à l’époque, il n’y en avait pas trop. Et sur ce petit nombre, il faut enlever les agents infiltrés de la Gendarmerie Royale du Canada, les taupes de la Sûreté du Québec, les lunatiques et les petits fendants. Et même après avoir soustrait tout ça, on est encore pas trop sûr de l’intégrité terroriste du cadavre qu’on a enterré. Si j’ai dit ça, c’était pour écœurer Harper, et je vois que ça a marché. D’où l’importance que Québec Solitaire prend quand il hausse le ton!

Lors du débat de jeudi soir à TVA, M. Legault a dit qu’il ne fallait pas confier les rennes du gouvernement à une travailleuse sociale ou à un médecin, visant par là aussi bien vous, Amir que M. Couillard. Comment avez-vous réagi à cette déclaration plutôt méprisante de M. Legault?
Legault? Je l’enc…
(l’interrompant) Ce qu’Amir veut dire, c’est que nous n’avons pas besoin non plus d’un comptable Gattuzo les deux mains arthritiques crispées sur le volant.  Tant qu’à faire des publicités qui ne font que s’adresser à des petits entrepreneurs et ignorer la majorité de la population, je dois reconnaître que notre programme économique est plus futuriste que tous les autres, considérant qu’ils demeurent ancrés dans de vieilles théories qui remontent à plus de 200 ans. Ils promettent des emplois qu’ils savent très bien que personne ne voudra créer car créer des emplois fait tomber la cote des investisseurs en bourse. Sans le revenu citoyen, c’est la société de consommation elle-même qui se condamne et nous condamnent tous avec. Ce sera la crise la plus formidable jamais vue tant que des conservateurs, libéraux, péquistes ou craquistes, resteront au pouvoir, ici, à Québec, comme à Ottawa.

En tout cas, cette entrevue a été fort intéressante et a sûrement éclairé une bonne partie de mes lecteurs. Avant de nous quitter, j’aurais deux dernières petites questions à vous poser. D’abord, aimez-vous manger des cuisses de grenouille?

Mmme! Des cuisses de grenouille? Ça fait longtemps que je n’en ai pas mangé. Elles sont assez dispendieuses, et nous préférons, dans nos assemblées et nos congrès, servir des Tacos et de la sauce pimentée. Mais il me semble que ça serait bon pour la soirée des élections, qu’en penses-tu Amir?
Des cuisses de grenouille? Non, c’est trop gras. Eh puis, les grenouilles sont une espèce en voie de disparition qu’on devrait conserver. Seulement pour les dissections et les vivisections dans les laboratoires de zoologie et de biologie. On a si peu d’instruments de laboratoire qu’on va pas commencer à les manger!
Des fois, Amir, je te trouve tellement rabat-joie. Laisse-toi aller un peu…
Ma deuxième et dernière question concerne la prostitution. Québec Solitaire envisage-t-il l’abolition de la prostitution? Françoise?

La travailleuse du sexe, Raymonde, est une citoyenne à part entière, libre de disposer de son corps comme elle l’entend. C’est un droit fondamental acquis de longues luttes par les femmes. Nous n’avons pas à la juger ni à la condamner, quelle que soit notre prédisposition à en user ou non. C’est une entrepreneure dont il faut respecter les contrats. Trop d’âmes bien pensantes sèment la haine des hommes et le mépris des prostituées pour se faire soit du capital politique, soit régler des comptes personnels avec une ou plusieurs mauvaises expériences liées à la prostitution. Québec Solitaire se désollitarise de tous ces esprits mesquins et étroits. Pour nous le cri devrait être Vive la prostituée libre!

L’asservissement de l’homme par l’homme commence par l’asservissement de la femme par l’homme. Le jour où tous les hommes seront libres, alors pourra commencer la libération des femmes et par le fait même des prostituées qui, quand même, rendent de grands services dans l’éducation sexuelle de la jeunesse masculine du Québec…
Ben voyons! Amir! Tu deviens bien machiste tout d’un coup? Ce que tu dis là, ça pas de maudit bon sens!

Laisse moi parler, Françoise, tu prends trop souvent le micro pour le garder, j’en profite pour te le dire.
Ben, une chance que je tiens le micro! Les oreilles me tombent en entendant ce que tu dis. C’est proprement anti-féministe et hautement méprisant pour le libre service du corps de la femme…

Pas du tout, Françoise. C’est toi qui emprunte la ligne erronée du féminisme bourgeois à la Simone de Beauvoir, plutôt que la lutte émancipatrice de la Pasionaria de la Guerre d’Espagne, Dolores  Ibárruri. Tu me déçois, mais tu me déçois tellement des fois, Françoise, que je regrette la fusion de nos deux partis…
 


Ta ligne erronée, tu peux te la mettre là où je penses; c’est plutôt moi qui regrette. Avoir su que tu étais un vulgaire machiste totalitaire comme tous les Iraniens,je t’aurais laissé poireauté dans ta salle d’urgence, sur la rive-sud.
Bon, là-dessus, suivez-moi, je vais vous indiquer la sortie.




Ne manquez pas dimanche prochain, le 6 avril, Raymonde reçoit dans sa salle à dîner, le dernier débat des chefs, la veille même de la journée du scrutin. Si votre idée n’est pas encore faite, ce repas conviviale entre les chefs de parti décidera sans doute de votre vote. Et si vous avez voté par anticipation, ben bon pour vous! Ne venez pas vous plaindre après d’éventuels maux de tête.  


 Aujourd’hui, Raymonde ne sera pas présente. Elle s'est étrangement embarré dans son pavillon de jardin et on ne retrouve plus la clef. Comme son arrière-train ne peut passer par la lucarne, elle doit élargir un trou sous le mur creusé par les ratons et les rats. Monsieur Jacques Crackizo s'est donc présenté instantanément pour la remplacer. Aujourd'hui, donc, c'est Jacko vous attend avec une brique et un fanal

Mes salutations les plus respectueuses au Capital et aux ethnies. Je commencerai mon entrevue en spécifiant que je n'interviendrai pas ici en tant que belle-mère du Parti Québécor. Je vais respecter l'intégrité des gens qui sont invités dans le salon de madame Raymonde, une dame très respectable, pour les interroger sur leur vision de l'avenir du Québec au XXIe siècle.

Q. Je commencerai par un électeur indécis, M. Josaphat Cornudet, un homme respectable du troisième âge, à qui je demanderai simplement ce que ça lui prend pour le persuader de voter pour le Parti Québécor, le 7 avril prochain?

R. J'aimerais que le Québec devienne le Miami du Nord. Vous comprenez, à mon âge, le tic-tac pis le branlant commencent à me prendre et je ne suis pas toujours sûr si je ne tomberai pas dans mon bain si je n'ai pas une baignoire Safe Step. Ce n'est pas en attendant dans une salle d'urgence pendant 3 jours avant d'être vu par le docteur Bolduc qui va arranger ça. Moi, je suis pour la médecine à une vitesse, avec un parcomètre à la tête du lit, de sorte que si ta Master Carde est vide. Oups, le lit se transforme en catapulte et, comme on disait dans le temps, «dehors les chiens pas de médailles». Voilà pourquoi je suis devenu un gray bird et que je vais voter Barrette lundi prochain. 

Vous avez lu ce matin l’opinion d’un honnête homme incapable de comprendre que son meilleur legs à ses enfants et petits-enfants seraient de voter pour le Parti Québécor. Je vais respecter son opinion, même si je la crois sans fondement. Voilà pourquoi j’en appelle au candidat du Parti dans la circoncision de Charlemagne, M. Karl Langernudet.
  
Q. Cher collègue, répondez donc à l’objection de notre électeur sceptique de ce matin. Comment sortir définitivement le privé des hôpitaux?

R. Par la porte, Jacko, il n’y a pas trente-six moyens. Pour les patients, il reste toujours encore la possibilité de sortir les pieds devant; de toute façon, le processus électoral ne nous rappelle-t-il pas que notre vote finit comme notre vie, dans une urne et qu’on l’enterre assez vite? Jacko? Jacko? Mais où courez-vous comme ça, monsieur Crackizo?

Ce matin, Raymonde reçoit le candidat du Parti Québécor dans Charlevoix-Côte de Beaupré, M. Zéro Cornudet.

Q. M. Cornudet. Savez-vous que votre belle-mère, M. Crackizo m’a enfermée dans mon pavillon de jardin pour venir prendre ma place dans mon salon? Est-ce ainsi que votre parti, prétendument sérieux, entend sauver la mise durant ces derniers jours de la campagne zélectorale?

R. Si señora. Régardez-mwa. Jé suis l’attrationne dans Charlevoix. Jé même planté lé pirate des Caraïbes. Les zenfants adorent mé coups d’épée. Couic! Couic! Couic! Et voilà, lé porte-monnaie de papa ou de méman dans ma poche. Voyez-vous señora, jé vole aux pauvres pour donner aux riches, comme Robin des Banques, et je cris avec tout mon parti : Faisons payer les pauvres! Couic! Couic! Couic! Voilà pourquwé, Sa Majesté m’a donné la médaille de Sherlock Holmes. En fait, elle né mé l’a pas donnée, jé lui ai prises. Couic! Couic! Couic! 

Ce soir, Raymonde reçoit Cornudet de Paris, candidat L’Oréal dans le département des Hauts-le-Cœur.


Q. Mais qu’est-ce que vous faites ici? Ce ne sont pas des candidats français que je reçois, mais des candidats québécois. Vos municipales sont passées, alors mêlez-vous de vos affaires et laissez nos candidats débattre en paix!

R. Je suis venu vous dire, ma petite dame, que tous vos candidats sont des cons. On a pas rarement vu du monde aussi bouché et aussi dégénéré que vos candidats à la con! Vous savez ce que c’est un député, ma petite dame? Eh bien, je vais vous le dire moi, ce que c’est un député. Un député, c’est comme un méchant chat. D’abord, il vous sent les doigts, quand ce n’est pas autre chose. Ensuite, il vous lèche là! là! là! Après, s’être léché le cul! Ensuite, si vous lui prêtez la moindre attention, il commence à vous mordiller. Vous, comme vous êtes un sale con, vous trouvez ça drôle. Lèche! Lèche! Lèche! Puis, il vous mord au sang et emporte même un morceau de peau. Et vous trouvez ça drôle! Bande de cons! Tellement drôle que lorsqu’il se représente, quatre ans plus tard, il vous fait la même parade, et vous, espèce de con, vous lui redonnez votre vote après vous avoir arraché un morceau de peau encore plus gros. Ah! ces Québécois! Tous des cons! 


Ce matin, Raymonde reçoit le couple parfait des amoureux, Ken Cornudet et son épouse Barbie, candidat de la CrAQ dans l'Assomption

Q. Vous formez sans doute le couple parfait pour cette campagne électorale, Ken et Barbie. Expliquez-nous comment vous en êtes arrivés à rayonner d'un si grand bonheur?

R. Notre bonheur vient du fait que mon père, M. Ken Sr., a vécu un ménage très triste avec son épouse, ma mère, et qu'un jour, exaspéré par ses conseils épuisants et frustrants, il lui a passé la fourche à travers le corps! Aussi, ai-je été longtemps désespéré de trouver une épouse avec laquelle je n'aurais pas à répéter le geste dramatique de mon père. C'est alors que j'ai rencontré Barbie. On a fait un voyage de noce inoubliable au Proche-Orient. C'était comme dans les Mille-et-une nuits! Magique. Et surtout, quand je lui dis «Ta gueule!», elle comprend du premier coup, et se tait. N'est-ce pas merveilleux? Avec une épouse comme Barbie, plus besoin de fourche pour la faire taire! 

 .
Ce soir, Raymonde reçoit M. Killer Cornudet, candidat de Québec Solitaire dans Vanier.


Q. M. Killer, est-il vrai que vous vous apprêtez à affronter dans un combat singulier le candidat Ma Caq du parti de la Coercition Avenir Québec pour l'élection du 5 avril prochain?

R. Si Justin Trudeau a été capable de mettre K. O. le sénateur Brazeau, je ne vois pas pourquoi cette face de gorille de la CrAQ me ferait peur. Inspiré par Karl Marx, Lénine, Staline et Al Capone, je m'en vais lui faire fermer la gueule à ce macaque des Indes! Et puis, je suis safe, car même si je perdais, comme ce n'est pas un bonobo, ma vertu serait épargnée de la suprême humiliation.
  

Oh!
C'était une toute petite province
Au bord d’une élection
Dans un pays où il fait froid
Sous les vents du Plan Nord.
 
À bord y'avait le p’tit nigaud
Et le vieux chirurgien
Cinq passagers partir sur le go
Pour trente jours à peine (BIS)

(GRRBOURRRR)

Soudain le vote se lève au large
Un orage imprévu
Sans le secours des sondages
Ils étaient perdus (BIS)

Sur les bords d'un gouffr’ inconnu
Ils se sont retrouvés

Il y'a Legault




Le chirurgien









Le millionnaire,


son épouse


 
(Non. Pas celle-là, la vieille!)
Zzzouououououp

son épouse












La jolie star








Et ses amis







Dans salle à dîner d’Raymonde!!!!


Aujourd’hui, Raymonde, dans une plate imitation de Parler pour parler, reçoit les chefs des principaux partis en lutte pour remporter la prochaine élection. M. Philippe Couillard, du Parti Libéral du Québec, Mme Françoise David et M. Amir Khadir de Québec Solitaire, M. François Legault de la Coercition Avenir Québec et Mme Pauline Marois du Parti Québécor. Raymonde, exceptionnellement, a donc quitté le confort de son moelleux sofa pour la chaise rigide de la salle à dîner. Pour faire le service, elle a requis les soins de Manon Massé.


Bien! Mes invités sont tous arrivés et ils placotent déjà en attendant le service. Vous savez que demain c’est le grand jour et nous verrons quel parti formera le prochain gouvernement du Québec. Aussi, ce soir, les hostilités sont levées et ensemble, ils vont discuter de thèmes que je vais leur suggérer… Manon! Manon! Apporte les entrées s’il te plaît… Donc, je vais animer cette soirée-discussion entre amis autour des quatre toujours même maudits thèmes qui préoccupent les Québécos. L’économie, la santé, l’éducation et la constitution. Vous pouvez vous imaginer tout le brouhaha autour de moi. C’est qu’ils ne sont pas très dissipé mes invités!  MANON! Bout de sacrifice, vas-tu les emmener les entrées?

J’arrive! J’arrive! Oh! Madame Raymonde! Pour nos invités de classes – deux en particulier -, j’ai voulu faire un bel arrangement. Regardez comme elles sont bien cuites et bien juteuses.
Mmm! Elles ont l’air croustillantes et juteuses à souhait.

Tant mieux! Madame Raymonde a pris des heures à les préparer. Mais tout d’abord, madame Raymonde, permettez-moi de rectifier un impair d’une de vos précédentes entrevues. Non, cette Drag Queen qui est venue se présenter comme candidate de Québec Solitaire dans mon comté est une imposture. D’abord, elle ne s’est pas nommée, ensuite, dans Sainte-Marie/Saint-Jacques, Québec Solitaire, c’est toujours Manon Massé. C’est sûrement encore un coup de cet éditeur véreux d’Accent Grave, Daniel Laprès, qui ne cesse de persécuter insidieusement Amir. Si jamais il se présente dans mon comté, je vais lui passer une clef japonaise que même Yvon Robert n’a jamais osé essayer.


En tout cas, vos cuisses de grenouilles m’ouvrent l’appétit, madame Raymonde. Mmm! Elles sont excellentes. Mais (lavant ses mains avec une petite serviette), je vois que nous sommes entourés de Québec Solitaire, avec madame Massé comme boniche. En fait, c’est tout Québec Solitaire qui est ici, aujourd’hui. (Rires gras)

Il n’y aura jamais assez de Solitaires autour des Libéraux pour surveiller leurs tractations douteuses

Amir, laisse-toi donc aller un peu. M. Couillard voulait juste faire une plaisanterie. Pas drôle, mais rien qu’une plaisanterie.

En tous cas, c’est pas les docteurs qui vont manquer dans c’t’élection-ci. Il y en a déjà deux autour de la table. Partout on se plaint, madame Raymonde, qu’il manque des médecins de famille et des chirurgiens spécialisés : où sont-ils tous? À l’Assemblée Nationale! Je crois qu’on a jamais eu autant de médecins au Parlement dans toute l’histoire du Québec alors qu’il y en a si peu dans les hôpitaux!

En tous cas, je le répète madame Raymonde, c’est là les meilleures cuisses de grenouille que j’ai jamais mangées de toute ma vie.  (Il s’empiffre]

Je dirais même plus, je n’en ai jamais mangé d’aussi bonnes. Juste assez piquantes, avec une petite sauce au beurre à l’ail pour relever le goût. On pu de la gueule, mais c’est si bon en compagne électorale…

Avoir su, j’aurais amené le docteur Barrette avec moi. Il adore les cuisses de grenouille. Il a même vidé un marais à lui tout seul lors d’une excursion dans la Gatineau. Il a fallu réensemencer le marais de tétards pour redonner un peu de vie à cette eau stagnante. Une fine fourchette, le docteur Barrette. Tiens, j’suis rendu que je fais des vers!

Tant mieux que vous les appréciez tous. Je ne pouvais pas offrir meilleur repas à des invités de marque.

Allez! Goûte, Amir. Tu vas voir, elles sont excellentes. Je n’ai jamais mangé d’aussi bonnes cuisses de grenouille depuis mon enfance.

Mmm! Je ne sais pas… Ce n’est pas dans mes valeurs culturelles de manger des objets de travail. Je vais passer mon tour.

Allons! Arrête de faire ton parano, pis mange-z-en rien qu’une, pour goûter, pour voir. (Elle prend une cuisse et l’enfonce dans la bouche d’Amir). Là, tu vois, c’est pas piqué des vers, ça.

Les vers aussi sont nos instruments de travail. Mais. Miam! Miam! Oui, c’est pas pire, mais est-ce que ce sont des cuisses de grenouilles hallal?

Non, mon grand, ce sont des cuisses anal! (dansant) Woo! Hou! Hou!

Ah! Manon, T’es folle! Sers du vin à nos invités. Vous remarquerez que jamais du temps de la campagne, on a parlé de la Société des Alcools. Privatisera ou pas?

Avant de commencer, si vous me permettez madame Raymonde, j’aimerais que nous portions tous un toast à Mme Marois pour ses 65 ans. (Tous lèvent le verre) En souhaitant que sa carrière à la tête du Québec dure moins longtemps que celle de Kim Campbell à la tête du Canada!.

Phil, je te remercie bien, mais c’est pas encore décidé.

En attendant, Pauline, Pauline, je te 
donne Legault!

Non, non! Garde-le, j’en veux pas.

Moi, c’est clair. La Régie des alcools doit retourner au privé. On a pas besoin de ces redevances-là, alors que tant de petits entrepreneurs, comme M. Fleurant à Rimouski, seraient prêts à se partir un débit de boissons sans rien devoir au gouvernement. Et ça couperait dans la taille des fonctionnaires de l’État.

Je comprends donc avec les bonus que les dirigeants se donnent, ils ont le tour de taille qui déborde de leurs pantalons.

Heille, Pauline, sais-tu comment on reconnaît ce qu’il y a dans une bedaine d’homme?

Bon! Le voilà reparti avec ses jokes de comptable! – Non, François, dis-nous comment on fait la différence.

Si la bédaine est haute, c’est du steak-frites, si elle est basse, c’est de la bière! Ha ha! Tu comprends, c’est comme pour les femmes, quand on dit d’une femme enceinte que si le ventre est haut et pointe en avant c’est un garçon, et s’il est bas et rond, c’est une fille…

(Versant les coupes de vins) En tout cas, madame Raymonde, ça ne nous dira pas s’il portera ou non la moustache!

Oh! Manon, savez-vous la différence entre la moustache et la pistache?

Aaah! J’en peux pu de ses jokes de mon oncl’. Tiens Phil, je te donne Legault.

Non, merci Pauline, tu peux le garder!

 
 
 
 
 
 
 
 
 
(essuyant une larme) Je vous remercie tous de vos charmants vœux, et j’espère Manon qu’il va y avoir un gros gâteau pour tout le monde à la fin du repas!
(à part) Compte pas trop là-dessus, tu es déjà assise dessus, ma blanchette!

Il faudrait quand même un peu de sérieux. Dépêche toi, Manon, de passer le vin et retourne à tes fourneaux.  Pour commencer…
Je m’excuse Raymonde, mais est-ce qu’il y aurait encore des cuisses de grenouilles? Amir a fini le panier et j’ai encore faim. Tu comprends, pour tous les débats qu’on a fait à Radio-Canada et à TVA, le seul où nous sommes nourris, c’est le tiens, alors, nous en profitons.

Bien sûr, Françoise. (Appelant) Manon, d’autres cuisses de grenouilles, s’il te plaît. Parlons économie, si vous le voulez bien. D’abord, M. Couillard. Votre Plan Nord +, est-ce bien avantageux pour la création d’emplois?
Le Plan Nord, c’est de la bull shit! Le seul plan chiffré et réalisable, c’est le Projet Saint-Laurent.
Monsieur Legault, laissez parler monsieur Couillard.
(Essuyant la commissures des lèvres avec sa serviette). Eh bien! Oui, madame Raymonde. Nous avons déjà établi un programme sur le long terme s’échelonnant selon les élections ultérieures. En 2014, c’est la réalisation du Plan Nord + qui est envisagée par mes ingénieurs, au Parti Libéral. Puis, une fois au pouvoir, en 2018, ce sera au tour du Plan Nord ++, et en 2022, le Plan Nord +++. Et ainsi pour le reste du XXIe siècle. Ensuite, comme disait Monsieur Legault, «on verra»!

Avec moi, ce serait plutôt le Plan Nord -. Voyons, Phil. Tu sais bien qu’il n’y a rien à aller chercher-là. C’est de la rocaille, de la toundra, de la mousse, pis c’est plate à mourir. Quand on trouve quelque chose, on le vend aux autres pis on tire des redevances cheapo, mais on a besoin de rien faire, les autres le font à notre place. C’est ça le modèle québécois. Le Nord, ça jamais marché. C’est les rêves du curé Labelle à la télévision.
C’est ça le problème avec toi, Pauline. Tu n’as pas de vision. Tu ne sais pas où tu t’en vas, si jamais tu l’as su, à part d’être la première femme à mettre son gros derrière dans un fauteuil de Premier Ministre. C’est affligeant. Tiens, je te donne Legault!

Bah! Tu peux bien te le mettre où je pense, ton Legault. Tu l’enverras travailler dans le nord, pis au nord du nord si c’est possible!
Madame, monsieur. Nous nous écartons du sujet (Manon sert une autre assiette de cuisses de grenouilles) Merci ma belle Manon. – Non. Je crois que la question posée par madame Raymonde est pertinente. Il faut développer le nord, mais à quel coût? Je ne vois pas de retomber évidente pour mon comté de Gouine par exemple. Le tiers de la population habite dans la grande région de Montréal, il faut que nos colonies nous rapporte à nous et pas à des exploiteurs étrangers. Il faut être exigeant au niveau des redevances et cessez de leur fournir toutes les infrastructures gratuites. Si les entreprises minières ou pétrolières pensent qu’il y a de l’argent à  faire, eh bien, c’est à eux de payer pour les routes, l’électricité, les ports pétroliers… Là, ils engageront des travailleurs québécois. Autrement, ils font venir leurs travailleurs de l’étranger et les installent dans des camps de fortune le temps que ça passe. (Amir s’étouffe avec ses cuisses) Bon! Ça y’est. Il s’est encore étouffé! Tu manges trop vite Amir, n’oublie pas que manger suit un processus dialectique rythmé entre l’absorption et la digestion… Tiens prend un peu de vin pour faire passer ça.

Voilà qui est intéressant! La dialectique de la digestion!

Si nous voulons nous faire développer, il faut se montrer charitable et accueillant pour les entreprises multinationales des minières et des pétrolières. Nous profitons tous de leur expérience tellement les Québécois sont des épais congénitaux. On ne peut quand même pas vivre à leurs crochets, du moins, pas de façon aussi évidente. Ces gens ont l’amabilité de venir faire le travail à notre place, recevons-les dignement. Personne ici n’a vu la Grande Séduction? Un film québécois a grand succès.

Moi, je regarde plutôt la Petite Séduction. Ça me rappelle Soirées canadiennes, mais en moins cheap.
Est-ce qu’il y en a encore qui veulent des cuisses de grenouilles?

S’il vous plaît, madame Manon, elles sont si bonnes. Vous devriez donner la recette de la sauce à ma femme, car elle est juste assez sucrée et juste assez salée pour mes artères.

Ah! C’est le secret de madame Raymonde, c’est elle qui les a apprêtées, moi je ne fais que servir.

Justement, monsieur Legault, vous vouliez que l’on parle du projet Saint-Laurent. Qu’est-ce qu’il y a finalement, dans ce projet?
N’avez-vous pas lu mon livre, madame Raymonde?

Oui, mais je me suis endormie dessus.

Le projet Saint-Laurent vise à revitaliser les rives du fleuve, de l’estuaire jusqu’à la voie maritime. Ça commencerait par engager des chômeurs à nettoyer les rives de fleuves. Elles sont tellement sales.
Il y a donc une dimension écologique à votre projet?

Absolument. Il faut penser aux générations futures, madame Raymonde. Il faut pour le fleuve, des rives propres. Les entrepreneurs pourront ainsi établir des entreprises créatrices d’emplois.
Et avec les déchets ramassés, qu’en pensez-vous faire?

Bah! Il y a pas trente-six solutions, madame Raymonde; on va les jeter dans le fleuve. Avec la puissance du courant, ils vont aboutir dans l’estuaire, pis de là dans l’océan.
 Tiens, Manon, je te donne Legault!  

Bah! J’en veux pas, j’ai ben trop d’affaires sérieuses à faire!

Et vous, les twins de Québec Solidaire, comment pensez-vous résoudre les problèmes économiques de l’heure?

Je tiens toujours Pharma Québec pour la plus grande révolution économique du Québec. Fabriquer nos propres médicaments à un coût moindre pour les usagers, c’est une solution économique dans un contexte de population vieillissante. Les vieux, c’est une richesse naturelle pré-pétrolière, car songez madame Raymonde, qu’avant d’être du pétrole, c’étaient des fossiles. Puis avant d’être des fossiles, c’étaient des tits vieux dinosaures. Il faut donc considérer que l’exploitation des ressources naturelles commence par l’exploitation de nos personnes âgées. Ce qu’ils veulent le plus, c’est des pilules. Contre l’arthrite, contre l’insomnie, contre la mauvaise digestion, contre le mal de tête, contre la perte de mémoire, contre les pieds plats, contre les descentes de vessie, et autres. Avec Pharma Québec, tous leurs moindres souhaits vont se trouver réalisés et nous comptons remplacer les prix élevés par l’augmentation de la consommation de médicaments. Tenez. Vous, par exemple, madame Raymonde. Ne me dites pas que vous ne souhaiteriez pas trouver une pilule pour maigrir?

Non, merci. J’aime mes bourrelets et mes culottes de cheval.

Vous dites ça, mais s’il y avait une pilule. Rien qu’une pilule pour vous faire perdre une culotte de cheval, vous sauteriez dessus!

Ben voyons! Amir! Qu’est-ce que tu dis-là? Ça n’a pas de maudit bon sens! Qu’est-ce qu’une femme aurait l’air si elle n’avait qu’une culotte de cheval? Une cuisse plus grosse que l’autre. Réfléchis avant de parler.

Justement. C’est ça la dimension économique de Pharma Québec, Françoise. Une pilule pour une culotte, deux pilules pour deux culottes de cheval!

Ah! maudit fou! Tiens, je te donne Legault!

Oh! Mais voici que Manon nous apporte le plat de résistance.

OOOOONNNNNNN!!!




 








Des côtelettes de grenouilles enrobées dans du Spam en flocons avec une riche garniture de fromage Cheeze Whiz avec des p’tites pitounes rouges et vertes. Vous m’en direz des nouvelles.

C’est la première fois que je vois quelque chose d’aussi appétissant. Ça me rappelle les canapés au foie de chameaux que m’avait offert l’émir ben Salada aux Émirats. Un délice des dieux du désert.

Est-ce que le Cheeze Whiz, ça fait partie des 1000 fromages du Québec?

Ça l’air bon, hein, Amir?
Est-ce que c’est de la nourriture hallal ou cascher?

Anal, Amir, ANAL!

Madame Marois, on ne vous a pas entendu parler, à propos de l’économie?
C’est bien simple, madame Raymonde, c’est parce qu’elle n’a rien à en dire! Tiens, Pauline, je te donne Legault!

Tu peux bien le garder ton Legault! Je vous rappellerai ma chère Raymonde, que le bilan économique de notre gouvernement, si bref fut-il, est un bilan nettement positif. Grâce à une saine gestion des finances publiques, nous sommes parvenus à équilibrer un peu mieux le budget que l’équipe Charest, qui est maintenant l’équipe Couillard, avait laissé en brèche. La population en a bénéficié…

Oui en restreignant l’aide sociale et en augmentant le coût des garderies et des demandes d’Hydro-la-Honte..
Mais Françoise, l’économie politique ce n’est pas l’économie sociale. Nous ne vivons pas dans des rêves de revenu minimum garanti. Nous savons que le salariat est le seul moyen de vivre et notre équipe économique néo-libérale, avec M. Pédalo, n’a rien à envier à celle du docteur Couillard, qui n’est pas docteur en économie si je ne m’abuse. Nous voulons, nous aussi, réduire les taxes et les impôts, nous voulons, nous aussi, aider les petits entrepreneurs. Nous voulons, nous aussi, accueillir les grands entrepreneurs étrangers. S’ils ne viennent pas, ce n’est pas de notre faute. Il faut alors avoir un mandat majoritaire pour les forcer à venir.

Toujours l’intervention de l’État, ça devient vraiment pathétique!

Si vous le voulez bien, passons au volet Santé. Amir a commencé déjà à nous en toucher un mot.

Un maux! Elle est bonne celle-là! Vous voyez madame Raymonde, à chaque mon oncl’, sa ma tante! Madame Manon, je pourrais avoir encore un autre verre de ce nectar des dieux?

Oui, il n’est pas piqué des vers ce bon petit vin. Achetez à la S.A.Q., n’est-ce pas, Raymonde?
Je dirais même plus. Ce c’est pas de la piquette, madame Raymonde. Excellent choix pour aller avec les côtelettes de grenouilles.

Je n’offre à mes invités que de la première qualité. Allez, sers Manon. Nos dieux ont soif. Ils ont quand même fait une rude campagne. Mais revenons à la Santé.

C’est ce dont les Québécois et les Québécoises aiment le mieux entendre parler, madame Raymonde. Tout le monde au Québec a des petits bobos. Un lumbago pour pas aller travailler. Une cataracte pour justifier un analphabétisme. Des hémorroïdes pour des raisons qu’on devine. Et surtout les maladies des personnes âgées. Avec notre équipe santé, nous aurons à trouver des solutions. Avec l’arrivée du docteur Barrette dans notre équipe…
…le salaud! Le gros porcin!

Monsieur Legault, quand même! Donc, je disais que le docteur Barrette a trouvé une première solution. Une équipe trio : le médecin de famille, l’urgentologue et le spécialiste pour tous les cas, même des migraines.

Moi, c’est la graine au complet que je lui rentrerais.

Hooonnn!




Monsieur Legault, ne soyez pas si vulgaire, quand même!

La jalousie est toujours mauvaise conseillère. Tu as fait caca François Legault!

Ha ha ha! Phil! Quand même. Montre-toi un peu charitable! Tu penseras à ça, demain soir, quand Fatima Houda-Pépin va faire rouler ton gros docteur dans le projet Saint-Laurent, sous le pont Victoria! Ha ha ha!

Tiens Pauline! Je te donne Legault!

Non, merci! J’en ai assez avec Lisée et P.K.P.

Arrêtez ça! Arrêtez ça tout de suite. Madame Raymonde. Madame Raymonde, je vous en prie, laissez moi parler et dites-leur de cesser de me bousculer de l’un à l’autre. N’oubliez pas que vous parler à quelqu’un qui est prêt à se sacrifier pour les petits et moyens entrepreneurs et que j’ai le droit de me faire respecter comme tout le monde… Madame Raymonde!


Bon, ça va, laissez-le tranquille! Continuez donc sur votre lancée, docteur Couillard.

Merci, madame Raymonde. Je disais donc, notre plan trio de la Santé. Un médecin de famille qui fait traîner les malaises et fait rouler les compagnies pharmaceutiques avec des placebos; un urgentologue qui intervient quand le patient se révèle un cas grave, et un spécialiste pour le diagnostique, qui lui fait rouler l’industrie du traitement, de la radio, de la chirurgie, de la chimio et de la pharmacologie sérieuse. Pas du Jean-Coutu, comme le médecin de famille. Et, nouveauté si nous sommes élus, le ticket modérateur.
Ah non! Là, je m’insurge! (Il s’étouffe encore avec une côtelette de grenouille. Il tousse. Il râle. Il se prend la gorge).

Ah! non. Le voilà encore parti! Manon! Manon! Amir s’est encore une fois étouffé avec ses colères proverbiales! Fais quelque chose!

Inquiète-toi pas ma Françoise. J’sais comment faire la prise du diaphragme. Attention tout le monde! Ça va r’voler. (Elle passe ses deux bras sous la poitrine d’Amir et fini par faire expulser la côtelette).

Aaah! C’est écœurant! Heh, les Solitaires! Vous n’avez aucune convenance sociale à la table!

Voyez-vous, madame Raymonde, dans un tel cas, c’eût été la phase deux de notre trio Santé. Celle qu’on appelle entre nous la phase Bolduc. Direct à l’urgence. Là, avec des tubes et des pompes, on aurait siphonné la côtelette pendant que le docteur Khadir, médecin de famille, se serait auto-trachéotomisé. Enfin, on aurait accédé à la phase Barrette, c’est-à-dire une intervention chirurgicale pour boucler tout ça, en espérant qu’il aurait perdu la voix une fois pour toutes.
(Se reprenant) Merci Manon. Aaah! Je vois bien la cupidité des libéraux de faire payer le pauvre monde pour les soins de première nécessité. Ils ne prennent pas le monde qui souffre au sérieux. Ils ne pensent qu’à leur faire payer le coût des médicaments et des soins alors que ce sont les personnes les plus vulnérables. La phase Bolduc! La phase Barrette! Et celle du traitement imaginaire et de l’effet placebo, on l’appelle comment? La phase Couillard. Ce serait plutôt la phase Couillon…

J’avoue que c’est la joke que l’on se fait entre nous. Mais… Tout cela me donne soif. J’ai la mauvaise habitude de trop parler. Servez nous encore un peu de vin, madame Manon.
En tout cas, Amir et moi partageons la même opinion sur le sujet. La société rend malade, et il faut qu’elle paye les dégâts qu’elle occasionne. Une société juste et équitable, une justice sociale de la production économique maintiendrait les travailleurs en santé et heureux de vivre. Elle n’aurait pas besoin de médecine à deux vitesses ni de phase Couillard, de phase Bolduc et de phase Barrette! On ferait comme en Chine au temps de Mao, on rétribuerait les médecins en fonction de l’état de santé de la population et non de l’état de maladie…

Je ne demanderais pas mieux. Nous autres, au Parti Libéral, on préfère que le médecin contribue à rendre le monde malade, et ça guérirait assez bien, merci. J’en profite, madame Raymonde pour vous dire que je trouve vos côtelettes de grenouille succulentes, et la farce au Spam, une recette vraiment incomparable.

Vous, monsieur Legault, on dirait que la Santé, ça vous préoccupe moins?

Moi, c’est la santé des finances publiques qui me préoccupe. La majorité des entrepreneurs québécois paient trop d’impôts, et ça leur donne des ulcères d’estomac. Ils dépensent annuellement une somme effroyable en Gravol et en Peptobismol, surtout par les temps qui courent qui sont le temps des rapports d’impôt. Et on ne parle pas d’impôt sur le revenu, car ils n’en ont pas de revenu. À peine quelques petits intérêts sur un capital chétif. Un entrepreneur, une entreprise qui n’est pas en santé, ce sont des centaines et des milliers d’employés malades. C’est comme ça que le coût de la Santé ne cesse d’augmenter au Québec.

C’est pas fou ce que vous dites là, monsieur Legault!
Enfin, quelqu’un qui le prend au sérieux! Ça en est presque touchant. Ma bonne Manon, servez moi donc encore un peu de vin, je vous prie.

N’oubliez pas, madame Marois, 3 verres pour une femme par jour, c’est la modération.
Au diable la modération. C’est peut-être ma dernière soirée en tant que première Première Ministre, je veux fêter ça au cas où je ne fêterais pas ma réélection demain soir.

Quelle bonne idée Pauline! Je t’encourage à fêter ce soir, parce que demain, c’est moi qui vais fêter mon élection. Avec un gouvernement majoritaire.

Dans tes rêves, Couillard!

Tiens, pour te consoler, je te donne Legault!
 Ah ces maudits voleurs d’élections!

Voulez-vous ben arrêtez de me brasser comme ça, Ça commence à me donner le tournis.

Y a ben assez de Khadir qui a fait un dégât sur la table, tu va t’y mettre toi aussi, François. On est pas à un party de comptables ici. Nous sommes chez notre hôte, madame Raymonde, une femme intelligente et de bon goût, qui va sûrement voter pour son candidat Québécor demain.
C’est que moi, j’ai déjà voté, par anticipation…

Dites-moi que vous avez voté pour moi, Raymonde.
Le vote, c’est secret. De plus, vous n’étiez pas candidate dans Saint-Jean.

Non, mais j’ai un candidat dans Saint-Jean. Un candidat… dont je ne me souviens plus le nom. Allons. Dites-moi que vous avez voté quand même pour moi.
Madame Marois, vous ne respectez pas la démocratie qui tient le vote pour secret!

Au diable la démocratie! Pauline veut savoir si Raymonde a voté pour elle.

Raymonde, elle, aimerait que ses invités l’entretiennent sur l’Éducation.

On s’en fous-tu de l’Éducation. Ces bénets d’étudiants!  Je les ai bien eu, eux et leur printemps érable! – Allez, ma bonne Manon, encore un peu de vin, s’il te plaît…

On peut dire que Pauline a le vin triste ce soir!

En tout cas, c’est moi qui ai racolé les deux leaders étudiants. La belle Martine aux gros tétons et le petit Léo qui a l’air fifine. C’est pas le Parti Libéral qui aurait réussi à recruter des étudiants aussi jeunes et aussi naïfs. Quand on pense tout le plat que Charest à fait avec l’augmentation des frais étudiants alors que nous autres on a réussi, rien qu’avec des casseroles, à leur faire avaler qu’une indexation c’était un gel et un gel une indexation et qu’en plus on leur coupait des remboursements fiscaux sur la déclaration de revenu! Pas bête, hein, la Pauline!
C’est tellement… tellement mesquin! Tellement communiste! Tenez madame Marois, vous méritez que je vous donne Legault!


Aaah! Gardez-le votre maudit Legault.

J’sais pas. Mais je commence à me sentir mal. Je pense que je me suis trop fait brasser et que je vais vomir.
Manon. Dépêche-toi. Donne-lui une chaudière de bouteille de vin… Vite!

Ces maudits hommes. Tous des cochons. (Legault vomit dans le baquet).

Je te l’ai toujours dit, Legault, tu savais pas vivre.

Des vieux règlements de comptes entre péquistes, c’est toujours agréable la veille d’une élection!

Toé Couillard, parle pas. On sait ben, t’as pu ton docteur Porter avec qui filouter à c’t’heure. C’est pour ça que tu as été chercher le gros Barrette.
Madame Raymonde. Vous perdez le contrôle de la soirée. Vous laissez l’un de vos invités se faire insulter. Bien sache, Pauline, que moi aussi j’ai des preuves qui pourraient te faire mal en commission Charbonneau.
C’est du vent, tout ça, Couillard! T’as rien contre moi.

J’ai des films très intéressants, qui ont été tournés dans ta chambre à coucher, où on te voit en train de jaser avec Blanchet sur des délits d’initiés. Tu n’aimerais pas ça que que l’UPAC en reçoit une copie.

Dans ma chambre à coucher? Menteur! Ça fait longtemps qui se passe pu rien là.

C’est vrai qu’au début on pensait se rincer l’œil. Puis, ensuite de ça, quand on a assisté au coucher de Sa Majesté Pauline, ça durait un temps interminable : une couche de Noxzéma, un filet à cheveux… non, deux filets à cheveux… du baume pour les lèvres. Une petite jaquette de soie. Une grosse de coton. Un bonnet de nuit. Des chaussettes. Un masque pour cacher les yeux… Pas très érotique tout ça.

Ah! Mon gros verrat! C’est donc vrai. Le Parti Libéral du Québec m’a fait espionner dans ma chambre à coucher!

Il faut dire que ça a  été fait avec les moyens du Parti Libéral du Canada, Justin et moi, on trouvait ça drôle. C’était pissant… Mais il est vrai que tout le reste a été inventé pour te faire peur. Il ne se passe vraiment rien quand tu dors. Sauf que tu ronfles et que tu pètes. Une sacré pétarade d’ailleurs, ma Pauline, quand on entend ça. J’avais jamais entendu résonner comme ça depuis que j’étais en Arabie, lors d’une exécution sommaire de Palestiniens révoltés contre l’émir!!!

En parlant de pétarades…

C’est vrai Pauline. Pourtant le film n’a pas été tourné en odoramacolor!

Excusez. Cela est sorti tout seul. C’est drôle, madame Raymonde, mais votre siège dur est soudain devenu tout mou sous mes fesses? Comment expliquez-vous cela?

Ah! le cochon! Il a chié dans ses culottes!
J’ai trop bu et j’ai trop mangé de côtelettes de grenouilles.

Bah! On peut bien lui pardonner. Surtout que c’est sa dernière campagne et demain soir, avec le résultat des élections, la tête va lui rouler dans le panier de l’A.D.Q.
Tant qu’à ça Phil. Tu as bien raison!

Tient Pauline. Je te donne Legault!

Ah! Le cochon! Il est tout plein de bouse! Tiens, Phil. Garde-le ton Legault, tu l’amèneras à l’urgence, phase Bolduc!
(Pleurnichant) Non, pas le docteur Barrette. C’est un gros méchant!

Maudit, madame Raymonde, que c’est cochon un homme. Pis ça pas de dignité!

Bon. Ben. J’sais pas ce que tu en dis Amir, mais je penses qu’on devrait penser à y aller. Demains, il y a une grosse journée qui nous attend.

Bah! On a pas encore parlé Constitution pour finir la soirée de madame Raymonde.

Bah oui! On la sait ta position constitutionnelle Amir. L’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance. Ça intéresse personne! On dit qu’on est pour l’indépendance pis les Caribous vont voter pour Québec Solitaire.

Pourtant, madame Raymonde a fait un beau dessert. Un soufflé à la grenouille avec de la crème fouettée pis des peanuts. Plus du café?

Quoi? Pas de gâteau pour ma fête! Hostie, Raymonde, j’en resterai à la piquette. Avec ton mauvais vin… Raymonde, où tu as acheté cette cochonnerie-là? Au moins, quand Jacqueline me reçoit à Sagard, c’est pas à la piquette qu’elle me reçoit…
À la S.A.Q. Pourtant, tu disais tantôt, Pauline, que tu l’aimais.

Faut pas tout croire ce que je dis. Comme ça, mon maudit Phil tu as fait mettre des caméras dans ma chambre à coucher! Ah ben! J’en reviens pas.

Je pense que les vers solitaires ont raison finalement. Je devrais penser à rentrer. Ma femme m’attend, et demain je dois passer la journée à la permanence en attendant le résultat des élections. En tous cas, je vous remercie madame Raymonde d’avoir voté pour moi. Ça me fait chaud au cœur.

Comment? Voté pour vous? Qui vous a dit que j’avais voté pour vous?

Les Québécois sont une bien petite famille sur un grand territoire. (Il se lève de sa chaise, de même que les twins). C’était une soirée agréable, madame Raymonde. Merci beaucoup madame Manon de nous avoir servis ces excellentes cuisses de grenouilles.

J’haï assez ça quand on m’appelle madame.

Comme ça, Raymonde, tu as voté pour Phil!
Mais pas du tout!

Comment il a su ça alors?

Mais, il ne sait rien. Je n’ai pas voté pour lui. Vous pouvez me croire.

Vraiment, Ray, tu me déçois. Où est passé la solidarité entre femmes?

Oui, madame Raymonde. Voter pour le Parti Libéral du Québec, c’est encourager le vice et la corruption. Je n’ai pas de félicitations à vous faire.

Mais, voulez-vous bien me lâcher. Je n’ai pas voter pour le candidat libéral de Saint-Jean, je le trouve bien trop nono!

Vous avez préférée aller voter à Chateaugay pour le candidat Couillard!

Tant qu’à ça, dites donc que j’ai été m’inscrire illégalement dans le comté de Roberval!

Ça ne m’étonnerait pas, tant la perfidie des Libéraux est grande. En tout cas, madame Raymonde, laissez-moi vous dire que vous êtes une hôtesse déloyale!

Quand même, vous ne pensiez pas que j’allais voter pour vous autres?
Viens-t-en Amir! J’en ai assez entendu pour à soir. En plus, ça sent la marde icitte!

Moi aussi j’m’en vais. Tiens, je te rends ton torchon Raymonde! Traître à la cause. C’est avec du monde comme toi que le Québec ne sera jamais féministe, socialiste, indépendantiste et pro-moustache.
(Émue) Comme ça, Raymonde, tu as bien votée pour moi?

(Pleurnichant) Il n’a rien que moi pour qui  personne a voulu voter. Viens Raymonde, je te donne Legault!

Touche moi pas. Vas-t-en avec les autres. Il faut que je nettoies tes saloperies à c’t’heure!

(L’enlaçant) Merci, Raymonde. Tu as voté pour moi, maintenant, je peux reprendre confiance en la vie. Demain, si personne ne me tire, je serai à nouveau élue Première Ministre du Québec. Et ça, je te le dois, Raymonde. Je ne t’oublierai jamais. Quelle excellente soirée ce fut, mon amie. J’ai un parti! J’veux pas d’un pays! J’ai Raymonde. Et ça me suffit! Bonne nuit!



 Les voilà tous nos naufrageurs
Un peu mélancoliques
Jouant les cartes de la peur
Au bord de la panique
 
Le capitaine et son Legault
Dépenseront pour eux
Des trésors d'imagination
Pour les irriter un peu

Pots de vin, paradis fiscaux
Pas le moindr’ réconfort
Et pas non plus de référendum
Perdus les châteaux-forts
 
Mais si vous voulez rire un peu
Restez donc avec eux
Vous vous sentirez comme chez vous
Dans l’salon de Raymonde!!!



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5 commentaires:

  1. Mesdames, il est important d'aller voter ! Vous pouvez aussi utiliser la boussole électorale en complément de mes entrevues.

    http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/02/11/001-boussole-electorale-quebec-2014.shtml

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  2. Avis juridique. Radio-Canada ne se tient nullement responsable pour ceux qui sortiraient déboussolés d'avoir utilisé la boussole électorale.

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  3. J'espère que Johanne Gingras a lu l'avis, elle a été déboussolé à tout le moins :'(

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  4. Oh là là ! Quelle soirée ! Rien à côté de la soirée des élections, demain….

    Legault l’écolo : ramasser les déchets sur le bord du fleuve et pour s’en débarrasser on les jette dans le fleuve, bravo mon champion! T’en fais pas Legault, ils disent tous qu’ils ne te veulent pas mais ils ne veulent que toi ou du moins tes électeurs……T’auras pas mon vote.

    Les projets d’Amir pas mal tirés par les cheveux. De plus, heureusement que Françoise est là pour lui montrer à vivre….dommage que Isabelle n’y étais pas, pour contrôler son Legault. Me traiter de grosse…bravo Amir. Erreur monumentale alors que je suis à mon poids santé. T’auras pas mon vote.

    Phil mon beau Phil m’a un peu déçue, moi qui aime les barbus, je m’attendais mieux d’un docteur….toi pis t’es phases de médecine de première ligne, médecine à deux vitesses, t’es en première phase dans les sondages mais…. t’auras pas mon vote.

    Et être enlacée par Pauline fut le bouquet. Toutes ses odeurs mélangées ensemble, spray net, parfum, pain de beauté, ail, triste, très triste que ce soit son dernier tour de piste mais elle ne m’aura pas. Ni son candidat dans St-Jean : DAVE TURCOTTE (photo plus bas) qui il ya 18 mois étais toujours derrière elle lors des conférences de presse, son téteux, il hochait de la tête pour approuver tout ce qu’elle disait, oui oui oui). Mais cette fois on ne l’a pas vu, il a fait du porte à porte, d’ailleurs il est venu chez nous et on a jasé. J’en dirai pas plus ! Mais…..t’auras pas mon vote.

    Je voterais pour Fatima si j’étais dans son comté, juste pour vous écoeurer ma bande de ploucs.

    Il y aurait dû avoir des photos du manger….mais on verra, après la campagne, si je les publie oupa.

    (Ceci dit j’ai bien ri, surtout la passe de la chambre à coucher de Pauline, Legault qui a chié dans sa culotte, la fin de cette soirée a été désastreuse mais délicieuse ).

    Merci Jean-Paul de nous faire rendre compte que la politique c’est ridicule et ça vaut pas la peine de se chicaner pour ça ! Qu’aurait été l’issue de cette campagne sans les sondages et les médias ? Et surtout sans toutes ces entrevues de Raymonde reçoit….je vais m’en ennuyer. Mais je me console : le Carême des valeurs québécoises lui n’est pas terminé !

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    1. Le gars sur la photo : DAVE TURCOTTE
      http://www.lecourrierdusud.ca/2010/02/11/investiture-dans-vachon-martine-ouellet-fait-lunanimite

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