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lundi 25 avril 2016

Jean-Paul Coupal, PhD : Assassin en scierie


JEAN-PAUL COUPAL, PhD : ASSASSIN EN SCIERIE


Si vous pouvez croire ceci, vous pouvez croire n'importe quoi.
Duc de Wellington

par Simon Picotte

Écoutez ma chatte... pardon! ma bitte y perdait ses couilles tellement il est mélangé et confus. Ce «gros morceaux - est-ce que ça prend un x au singulier? - de cochon» pour reprendre une expression syndicale me traite de schizo parce que j'ai refusé ses avances. Quand même, on aura beau dire, mais à 29 ans, j'étais encore puceau... et je le suis toujours, chaque fois que j'approche d'une femme, elle se sauve en hurlant...
Pourquoi s'attaquerait-il à celui qui l'a mis en garde contre Papitibi? Il s'est nécessairement passé quelque chose et ce n'est certainement pas rapport au WEB car ma démonstration est désastreuse.

Jean-Paul Coupal est aussi connu sous le surnom : “The profiler”. Ce qui prouve que moi et Papitibi ne sommes pas ses premières victimes de libelles. Comme il est devenu difficile de pratiquer l'artis infamiam
En passant, voici une preuve que papitibi n’est pas honorable: s’ils étaient la même personne, comment pourraient-ils publier à la même minute sur le blogue de Bock-Côté!

Comme vous pouvez le constater par cette démonstration claire et sans ambiguïté, Jean-Paul Coupal est la personne la moins rigoureuse et la moins sérieuse au monde. Un bouffon avec un gros orgueuil.

*
**

Quatre ans plus tard, j'en reviens à l'affaire, car cette fois-ci avec l'esprit plus tordu que jamais, ce gros morceaux de cochon est un fraudeur de l'assistance sociale, dont moi-même, travailleur autonome, je reçois des prestation. J'ai voulu le dénoncer, mais on m'a demander de prêter serment, je voulais bien pousser ma déontologie professionnelle de diffamateur, pas au point de me parjurer! C'est pourquoi je vous prends à témoins, vous qui devez vous méfier de tout ce qui circule sur le WEB et que j'ai publié, le 5 mars 2016 ce texte digne de faire la une de Radio X
 

Jean-Paul Coupal ou le fraudeur de l’aide sociale qui n’a rien à perdre.

 
« Mais je me dois de faire honneur au nom de Simon P. et songer à de nouvelles pages web ou à côté de schizophrène, je pourrais mentionner ta psychose, ta mythomanie, ta sociopathie aussi, puisque tu n’as aucun ami et que tu es aussi seul qu’un coton de blé d’inde. De plus, tes albums de Kiss vont bien avec ton esprit dérangé, et je ne parle pas de tes postes de radio favoris. Tstt! Tstt! Radio X, c’est pas ce qui meuble un esprit serein. Les ressentiments, les jalousies, les frustrations et… la médication dont j’espère que tu suis bien la posologie. »

Capoté pareil! Comment a-t-il su tout ça, moi qui vit caché à l'abri des regards soupçonneux et envieux? À quoi servent nos lois si on me peut m'incarcérer si souffrant de vanité? Sauf qu’à trop en mettre cela va finir par me servir. Épeurant de voir que des gens peuvent développer des fixations psychiatriques sur ma petite personne. Je me console en me disant que je suis digne d’intérêt. Mais quelle affaire. Une chance que j’ai la couenne dure. Mieux vaut moi qu’une personne fragile je me dis. Mesurez-là tout mon héroïsme et ma combativité légendaire! Du Guesclin, c'est moi! D'Artagnan, c'est moi! La Cid, c'est encore moi!

Chose sûre je peux au moins dénoncer ce fraudeur à l’aide sociale, car il m’affirmait dans un courriel faire de la correction de français. Probablement au noir tout en collectant du bs. Eh puis! quelle preuve ce probablement, un adverbe où le mot ment ajoute à la certitude du mot probable. Quel oxymoron je fais! Quel parasite. Ma place est dans une cellule. Pas sur la toile.

Histoire intéressante à suivre…
*
**

Ah ah! Je savais que cette histoire était à suivre. Ne voilà-t-il pas que j'apprends, qu'en plus d'être pédophile et fraudeur de l'aide sociale, ce gros pourceaux est un tueur en scierie.

L'autre jour, je me suis fait passer pour un diffamateur musulman et je lui ai envoyé un couriel pour savoir ce qu'il pensait des immigrants scie-riens. Il m'a répondu une autre affaire tordue que je comprenais à moitié, qu'il était lui-même scie-rien et qu'il avait déjà fait des massacres à La Lèpre et à Dame As.

Je comprends maintenant pourquoi il voulait régler le cas de Papitibi à la sicilienne. Maintenant, je ne peux plus me taire. Ce type est trop dangereux pour moi. Je ne sais plus si je dois sortir dehors. S'il n'est pas là à m'attendre avec sa kabashnikov pour me mitrailler comme une passoir. Mais heureusement que j'ai Grand Gazou à mes côtés qui me défend et qui va lui dire ses quatre volontés... sur le WEB à ce tueur en scierie. 



Ce n'est pas parce que c'est pathétique qu'on a pas le droit d'en rire!⌛

Simon Picotte et le mécanisme du «stade du miroir»


SIMON PICOTTE ET LE MÉCANISME DU «STADE DU MIROIR»

 Les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole
à des légions d'imbéciles qui avant ne parlaient qu'au
bar et ne causaient aucun tort à la collectivité.
On les faisait taire tout de suite. Aujourd'hui
ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel.

UMBERTO ECO


(Reprise d'un article publié sur Wordpress, 7 mars 2016)
 
Les origines de la schizophrénie peuvent être multiples. L’une de ses sources a été identifiée par Jacques Lacan (1901-1981), psychanalyste français, dont la plus grande contribution reste sa découverte du «stade du miroir». Dans le développement de la psyché, le stade du miroir est une étape de l’évolution vers la subjectivité de l’enfant. Le jeune enfant se saisit d’abord comme un autre; il parle de lui à la troisième personne du singulier. Lorsqu’il dit «il», il sous-entend déjà «je», mais ce «je» n’atteint pas encore sa conscience. C’est alors que le stade du miroir entre en scène. Si l’enfant franchit le stade, il accède au «je», c’est-à-dire à un moi authentique; mais s’il échoue, les termes permutent. Le «je» reste au fond un «il». «Je (il) suis»; «Je (il) veux». Dès lors, il met le pied dans la schizophrénie. C’est ce que nous allons tenter d’expliquer.

Depuis longtemps, la schizophrénie est caractérisée par des fantasmes de dissociation du corps. Le schizophrène se perçoit comme un assemblage de membres dans l’espace; son corps est disloqué. Chaque partie étant détachée de l’ensemble, il est incapable de se constituer comme unité organique, aussi vivra-t-il toute sa vie avec des angoisses terribles qu’il doit constamment neutraliser. «Je» est extérieur à lui-même, jusqu’à ce qu’un miroir lui rappelle son unité. Lorsque l’enfant réagit négativement à l’image de lui-même qu’il perçoit dans le miroir, il refuse de se reconnaître dans cette image et cherche à la déformer. Devant lui se cache cet autre qui est dans la glace et dont il refuse l’identification. Le reflété n’est pas le reflétant, comme dans le langage symbolique, le signifié se voit rompu du signifiant, et nous sommes-là dans la matrice de toutes schizes.

Le schizophrène développe alors une stratégie visant à reconstruire son image. Pour échapper à l’angoisse du corps morcelé et se conformer à l’unité que le reflet lui impose, il paie le prix élevé d’un «je» qui lui apparaitra toujours comme un objet extérieur et étranger à lui-même. C’est la parodie du célèbre «Je est un autre» de Rimbaud. Chaque fois qu’il affirme «je», il y a un «il» qui se manifeste comme un non-dit qui est sa vraie personnalité déviée. Lorsqu’il se regarde dans la glace, ce qu’il voit ne peut pas être lui. Il ne peut se reconnaître dans cet être petit, balourd et laid. Il est alors prisonnier du «je» «reflétant/reflété» qui ne renvoie à aucun terme extérieur. Le miroir est vide. La dissociation passe de l’angoisse de la dislocation du corps à celle de la personnalité déchirée entre un «je» inabouti et un «il» impuissant, inconscient. Pour rééquilibrer la déformation et comme il est devant le principe de réalité que lui renvoie le miroir, il se voit contraint constamment d’élaborer des personnalités spontanées et des délires labyrinthiques, sans plan ni préparation, qui feront la structure de ses délires psychotiques. Le schizophrène ne peut alors que se revêtir de la seule enveloppe charnelle de qui il aura connu «l’amour», celle de sa mère. On aura reconnu la trame du film Psycho de Hitchcock.

Je ne peux dire jusqu’où ce mécanisme des relations entre Simon Picotte et sa mère est conforme à ce schéma. Ne le connaissant pas personnellement, je ne peux qu’accéder à ses délires publiés sur le WEB et par courrier électronique. Mais comme pour une grande majorité de Québécois, il est probable que son père n’a pas opéré le seul geste qui lui était possible d’accomplir encore pour le sauver de la psychose en intervenant dans cette osmose malsaine. Aussi, l’enfant Picotte a-t-il été abandonné à son imaginaire maladif, s’effondrant dans ses fantasmes exprimés à travers les différents types de discours psychotiques.

Devant le miroir vide, qui reflète une identité négative à laquelle le schizophrène ne peut – ne veut – s’identifier, il s’engage alors à élaborer des fantaisies délirantes qu’il tient pour la réalité sur laquelle il a la toute-puissance. Ayant échoué le narcissisme primaire qui, à travers le stade du miroir lui permettait de se reconnaître pour ce qu’il est, ni meilleur ni pire, le schizophrène sombre dans le narcissisme secondaire qui le ramène à son état de pervers polymorphe. Ces perversions ressurgissent sous la forme de pulsions partielles selon les situations qu’il est forcé d’affronter. Recourant au sadisme, il m’informait ce matin, par courrier électronique : «Lundi matin une missive partira à un inspecteur de l’aide sociale avec la preuve que vous faites de la correction de texte de français au noir tout en collectant du BS. Soyez en avertis. s.p.». Lui, qui signe vaniteusement son nom à chaque insolence, se sent obligé de marquer de ses initiales seulement un geste de délation dont il ne tient ni les tenants, ni les aboutissants. De la diffamation, il passe à la délation. Comme la plupart des psychotiques, il croit en l’efficacité de la pensée magique sur le réel.

Ce sadisme renvoie à la personnalité paranoïaque qui prend forme dans la psychose schizophrénique. Celle-ci permet de mieux saisir le non-dit des délires de Simon Picotte. S’étant revêtu de la chair maternelle, Picotte ne peut que développer un désir homosexuel, désir dont il ne peut que se défendre car à la laideur physique que le reflet du miroir lui renvoie s’ajoute la déconvenue morale, l’anormalité. Nourri des ressentiments véhiculés par les Radio X, Simon Picotte se campe dans la dénégation et carbure aux délires pour étouffer l’irruption du réel dans son champ imaginaire. Tour à tour, tous les délires classiques défilent dans ses annonces. Son lien homosexuel, il le tient envers un autre troll qui se fait appeler Papitibi, un soi-disant avocat dont le langage insolent est celui d’un voyou de ruelle. Mais c’est son idéal, «mon maître», comme il dit dans l’un de ses courriers électroniques. À la fois figure paternelle et éraste, Papitibi est l’obsession érotomane de Picotte. Mais ce Papitibi n’a que faire d’un troll médiocre, alors c’est par le masochisme que Picotte se ressaisit. Il a spécifiquement créé ce compte Nodiffamation.com pour maintenir cette relation entre lui et ceux qu’il accuse de le persécuter, de le diffamer. Tel est la caractéristique même d’un délire de persécution.

C’est encore dans ce mécanisme psychique trouble que le délire érotique prend toute son importance. Revêtu de la chair maternelle, il cherche la figure de mâle avec laquelle s’accoupler et dès que je me dérobe à ses stratégies de séduction ou de chantage affectif, sa frustration le porte à me traiter publiquement de pédophile, car n’oublions pas que la structure, la schize opère la permutation du «je» et du «il». L’enfant Picotte, revêtu de la chair de sa mère, s’est fait rejeter comme il se rejette lui-même. Le délire de persécution d’abord, et Picotte de m’écrire : «Enfin, je crois que vous me détestez plus que vous aimez votre propre réputation», ce que le non-dit érotique entend ainsi : «je vous aime plus que vous aimez votre propre réputation», de là, nous entrons de plain pied dans le délire de jalousie. Car l’aveu de la détestation est précisément un aveu de dépit amoureux. Et s’il est vrai que j’aime plus ma réputation que je n’aimerai jamais cet individu qui n’a rien été pour moi sinon qu’un barbare issu de l’ère de l’Internet, je n’éprouve pas suffisamment d’affects pour le détester. J’ai trop de choses intéressantes à faire – y compris cet article – pour le perdre à haïr ou détester les autres de manière compulsive.

Reste alors la mégalomanie. Le chat se peint en lion. Il possède toutes les connaissances ce travailleur autonome, se place par-delà bien et mal, sanctionne les vérités et dénonce les diffamateurs, et tout cela sans aucune formation, ni études, ni travail. Seulement l’irruption de sa mégalomanie : il entend «même déclencher un méga recours collectif [contre moi] comme me le suggère mon « maître » papitibi que vous diffamez aussi. Il y a un paquet de mon [sic] qui vous cherche vous savez»… Le dieu Picotte célèbrera sa vérité et condamnera les diffamateurs à l’enfer éternel de sa fantaisie : «si un jour il vous prenait l’envie de supprimer vos mensonges sur moi, il me fera plaisir de supprimer la vérité sur vous». On ne peut obtenir meilleure démonstration de l’inversion psychotique. La schizophrénie de Simon Picotte s’est structurée en psychose et s’achève maintenant dans la psychopathologie.

S’il n’y avait en moi que le désir de me venger d’un méchant troll auquel j’ai eu le malheur un jour de recueillir les propos, je ne me donnerais pas toute cette peine de soigner ce texte. Le roman et le cinéma nous ont habitués à voir dans les psychopathes des génies du crime et du Mal transcendant. Pourtant, les Hannibal Lecter et autres Dexter sont rarissimes. Les annales de la criminologie sont remplis plutôt de sociopathes qui sont des êtres sans classe ni tenue, peu instruits, paresseux, rompus à la médisance et le parjure, vénaux à l’extrême, utiles à ceux qui ont besoin de faux témoignages. Parfois, certains deviennent des assassins, mais rarement des tueurs en série. De plus, la société québécoise est essentiellement orientée par son bon vieux masochisme catholique et non le sadisme anglo-saxon de nos Voisins du Sud. Simon Picotte est un psychopathe délirant et les réseaux sociaux attirent un grand nombre de ces individus sans qualités, comme disait Musil. Dotés de l’intelligence d’un cheval de course, ils n’ont pas les aptitudes de participer à aucun derby, aussi s’introduire dans les foyers par les écrans d’ordinateur pour colporter leurs méchancetés virales reste la limite de ce qu’ils peuvent accomplir

Jean-Paul Coupal
25 avril 2016

vendredi 4 mars 2016

SPVM - Poste 38. Méchant Boris et Cheeta à l'accueil

 
Poste 38 secteur Plateau Mont-Royal, du SPVM
SPVM - POSTE 38. MÉCHANT BORIS ET CHEETA À L'ACCUEIL

Combien de fois a-t-on vu sortir de son magic-box du SPVM une cassette pré-enregistrée de Ian Lafrenière s'adressant au public sur les réseaux de radio et de télé pour dire que le Service de Police de la Ville de Montréal est à l'avant-garde de la cyber-intimidation et de la cyber-diffamation.

Évidemment, la chose n'a de portée que si elle reste au ras du sol. C'est-à-dire sur Facebook, entre des adolescents qui se disent des hénaurmités. Une petite grosse avec des boutons avale-t-elle une bouteille d'eau de Javel parce que toutes ses amies fb rient de ses tâches de rousseur? Aussitôt, c'est le branle-bas médiatique au service de la police de Montréal. Ce ne sera pas particulièrement difficile pour les enquêteurs. On ouvre le i-phone de la fillette, on regarde son compte fb ou tweeter, on a les insultes associées au profil des délinquants, bref, on a tout ce qu'il faut pour traîner les ados vicieux au tribunal de la jeunesse. En un après-midi, tout est réglé, et les fiers enquêteurs peuvent aller faire leur petit tour à l’hôpital Sainte-Justine pour enfants, avec les caméras de télévision sur les talons, puis se donner rendez-vous chez Tim. Personne ne se sera tuée à la tâche.

Mais la cyber-diffamation chez les adultes? Là, c'est tout autre chose et on entre dans les profondeurs des lois manquantes, des zones grises, de l'incompétence policière. On ne prend pas ça au sérieux. Et on le devrait pourtant. Non parce que c'est mon cas, mais parce que c'est un exemple qui saute aux yeux de l'incurie du service de police de la ville de Montréal qui, depuis 2 ans, laisse ses policiers se promener avec des pantalons de bouffons, se moquant ainsi de la population qui paie pourtant leur salaire. En trois mots, paresse, matraque et impunité, voilà les trois piliers du SPVM.

Nous sommes le vendredi 4 mars 2016, vers 11 heures du matin.

J'arrive au poste 38, qui couvre le Plateau Mont-Royal. Celui jouxté au poste de pompiers dans l'étage supérieur duquel, il y a 25 ans environ, policiers et pompiers avaient été dénoncés pour y entraîner des guidounes à $5 lors d'une soirée bien arrosée. N'empêche. Le bâtiment est beau et rustique.

J'entre au poste de police, placardés du «Nous, on a rien volé!» Et comment! Quand ils sont arrivés, toutes les chaussettes avaient été remplies et les pieds s'étaient sauvés ne laissant que le bonus du quota de contraventions.

Donc, je rentre dans cet endroit et je constate qu'il n'y a pas foule. - On n'est pas au bureau de la Solidarité sociale ou Emploi Québec, c'est évident! - Dans le fond, derrière des vitres pare-balles, je vois un policier du genre féminin qui semble manger des petits raisins que son lapin lui aurait pondu ce matin.

Je la salue poliment. - Eh oui! je suis éduqué, malgré mon ton vitriolique. - Mais j'entends une grosse voix me répondre. Un autre agent se montre la binette, qui était cachée par le cadre qui sépare les deux vitres. Il est chauve, une touffe d'aisselle au menton et a le poignet droit dans le plâtre. Probablement une torsion d'un ligament à s'être agité le poignet à plus de 30 km/h!

Je lui explique ce que je viens faire.

«Je viens déposer une plainte pour cyber-diffamation.»

Il n'a pas l'air de comprendre ce qu'est la cyber-diffamation. Il me demande si c'est sur facebook.

Je lui explique que non, ce n'est pas sur Facebook, c'est sur Google. Facebook, c'est personnel; Google, c'est planétaire. Il y est écrit mon nom, mon titre de diplomation et un troll m'accuse de pédophilie.

Les deux se regardent. Le policier de genre féminin me dit :

«On peut pas se permettre de poursuivre tous ceux qui peuvent dire des choses sur nous autres, on en finirait pas. Après tout, qui sait si c'est vous, il y a plus d'un chien qui s'appelle (je ne me souviens plus du nom, mais je lui ai rappelé le non habituel) Pataud.»

«Mais tous les Pataud n'ont pas le titre de Ph. D.»

Méchant Boris, avec sa touffe de poil au menton, me revient : «C'est sur Facebook»... (Décidément, les rouages cérébraux sont engraissés par les gros beignets fourrés aux framboises).

«L’accusation de "pédophile" est une accusation criminelle. C'est mon nom, c'est ma fiche identitaire et on y associe un crime que je n'ai jamais commis. Car, la pédophilie, c'est bien un crime, n'est-ce pas?»

Il me demande si j'ai un casier criminel et si j'ai déjà été arrêté pour pédophilie.

«Jamais je n'ai été arrêté pour pédophilie ni même soupçonner. Je n'aime pas les enfants.»

Le policier de genre féminin a les yeux plongés dans son sac de raisins et s'emploie à retirer les petites roches qui lui pognent entre les dents.

«Personne ne sait qu'il s'agit de vous. Il n'a pas mis votre photo à côté du nom», me répond-t-elle avec une touche d'intelligence remarquable.

«Bah quoi! Je n'étais quand même pas pour lui donner ma photo en plus! C'est un type que je n'ai jamais rencontré ni vu de ma vie. Tout c'est passé par courrier électronique d'un de mes blogues». (En effet, ce voyou, Simon Picotte, est une pain in the ass et de son jeu de psychotique mégalomane, je me dis que c'est une autre épreuve que dans son infinie bonté, Dieu m'envoie pour mesurer la force de mon amour …mais sûrement pas envers lui!). «Quand même, repris-je, si vous aviez à voir votre nom propre associé à un acte criminel ça ne vous dérangerait pas?»

On aurait entendu un maringouin volé dans le silence de la vidosphère. Cela les dépassait entièrement. Ils auraient vécu avant l'ère du téléphone que je n'aurais pas eu meilleure réaction de leur part. Je perds facilement patience quand je suis devant un imbécile, alors imaginez deux!

«Avec ce qu'on a vu il y a deux semaines (l'affaire Jutra, où le mot pédophile a été utilisé et a causé une condamnation unanime avant qu'un seul témoignage ne soit connu), il suffirait qu'un détraqué voit ça sur Google et décide de régler mon compte! Vous préférez attendre qu'un lynchage se fasse plutôt que de prendre au sérieux une plainte criminelle»? (en fonction de l'article 3 du Code Civil du Québec qui dit : «Toute personne est titulaire de droits de la personnalité, tels le droit à la vie, à l'inviolabilité et à l'intégrité de sa personne, au respect de son nom, de sa réputation et de sa vie privée. Ces droits sont incessibles. 1991, c. 64, a. 3). Ces deux imbéciles n'ignoraient pas ce point, mais ils préférèrent l'oublier. L'important : ne pas ouvrir de dossier, la cour est pleine.

Là, j'ai compris qu'ils avaient atteint leur sommet d'endurance. Je me suis révolté contre leur badinage et le plumé se mit à répéter derrière moi, comme un perroquet, ce que je disais. L'incompétence n'avait pas meilleure figure que ces deux zouaves qui, comme Mott & Jeff, me niaisaient. C'était frustrant.

La vérité n’a pas le charme de la télévision.

Le service de police de la Ville de Montréal, contrairement aux caricatures des séries télé, n’est pas constitué par des êtres dévorés de démons intérieurs, comme dans 19-2. Ce ne sont pas non plus des enquêteurs pris aux interrogatoires, comme dans Mensonges. Ce que j’ai devant moi, ce sont deux trous de cul qui végètent dans un poste de police avec mission de ne pas ouvrir de dossier et de ne pas rompre la monotonie de la vie du poste.

Les policiers de la ville de Montréal ont trois maximes : paresse, matraque, impunité. «Protéger et servir», c'est la farce de l'heure et le Ministère de la Justice - sous un Couillard comme sous un PKP -, est une tirelire dans laquelle les citoyens engouffrent des millions par année pour se donner l'illusion d'une équité des individus face à un droit accessible pour tous. Les gouvernements oublient que l'abus de rapacité financière a tué le mythe chrétien du dieu juste enfermé dans un petit tabernacle. Maintenant, sous nos démocraties libérales, c'est le mythe kantien de la Justice enfermée dans la grosse caisse d'État qui a perdu toutes crédibilités. Ce qui permet à une Me Anne-France Goldwater de jouer à «l’Arbitre» télévisuel, avec son lot de préjugés et de parti-pris anti-sociaux, qui la discréditent pour toujours à ne jamais siéger sur le banc. Encadrés par le Service de police, défendus becs et ongles par un syndicat de casseurs, poignet cassé et mangeuse de raisin peuvent blesser, tuer, extorquer tant qu'ils peuvent puisque la loi de l'omertá agit ici comme dans la meilleure des mafia. La morale de cette histoire sera donc la même : il n'y a de justice que celle que nous appliquons par nous-mêmes.

Le poste 38 du Service de la Police de la Ville de Montréal ne sera sans doute pas vexé par ce brûlot, puisqu’il ne diffame personne et qu’on ne peut pas prendre une façade d’édifice pour les gens qui s’y cachent derrière. Tout se fait donc, en parfaite transparence

Montréal
4 mars 2016

jeudi 18 février 2016

Pourquoi je hais les Québécois suivi de Tolérance Zéro




POURQUOI JE HAIS LES QUÉBÉCOIS.

Il faut avoir à l'esprit que ce qui est en cause dans l'affaire Jutra,
 ce n'est ni le fait qu'il ait été artiste, ni la pédophilie. C'est l'injustice
 qui d'une seule voix, accuse, juge, condamne et exécute dans un procès truqué
 qui ne tiendrait devant aucune cour selon les principes du droit actuel.
 Entre les Jutards qui voudraient laisser la vérité cachée et les
 antijutards qui se déchirent la chemise autour du crime indicible dont on l'accuse,
 on perd de vue l'essentiel de la magnanimité qui est de respecter le droit à tous d'être compris.
 Ici, il ne s'agit pas de justice, mais d'une vengeance gratuite. Qui n'a jamais
 pêché lui lance la première pierre, mais, contrairement aux Juifs
 du temps du Christ, combien ai-je vu de salauds lapider un cadavre,
 eux qui se soulèvent à l'idée que le lévitique de l'Ancien Testament ou que
 la Charia musulmane puissent lapider des femmes adultères. Qui ne saisit pas
 l'immense injustice qui se commet présentement au Québec est hors de toute civilité.


Le scandale associé au nom de Claude Jutra m'a rappelé pourquoi, consciemment, je hais les Québécois. Les Québécois, en tant que peuple colonisé et prolétarisé, ont une haine de soi larvée dont ils n'ont pas toujours conscience, et souvent ce sont les écrivains, les artistes, les cinéastes qui leur rappellent pourquoi il ne se tolère plus. En tant que Québécois d'origine, je ne peux échapper à cette haine, mais je sais très bien pourquoi elle est inscrite en mon âme et conscience, et lorsque j'ai tendance à trop l'oublier, une affaire sordide comme celle entourant les révélations concernant la soi-disant «pédophilie» de Claude Jutra me la fait remonter au bord des lèvres.

D'abord il y a ces rapprochements récurrents et écœurants d'associer l'assassin Guy Turcotte à Claude Jutra! Mais, a-t-on perdu la tête? Doit-on croire tous ceux qui anticipent l’invitation de TLMP pour aller faire leurs récits de ’tits-pâtiras devant les caméras et ces spectateurs venus pleurnicher sur leurs épouvantables souffrances de «victimes» bafouées? La vérité? C’est qu’il y a du fric à faire avec cette histoire. Un «témoin», dont on ne doute même pas de la crédibilité, qui a supposément attendu la divulgation des faits par un étranger et en profite pour «sortir du placard»; un témoin qui n’est qu’un mercenaire d’une presse québécoise vide et sans imagination; une presse qui profite du coulage d’une maison d’édition afin, en retour, de mousser la vente du produit, donnant l’impression d’une presse à l'affût, nourrissant les débats et la controverse. Presse maudite, même pas bonne pour se torcher le cul.

C’est tout simplement ignoble. Rien de plus ignoble que le nom donné à ce témoin, ce «Jean» (apôtre favori du Christ), reniant celui qui l'a gavé de cadeaux, de calins, de caresses pour le trahir plus de vingt ans après sa mort et le dénoncer comme un Judas. Judas/Jutra. Lui, qui a tenu à ce que Yves Lever, l’auteur du livre, ne mentionne pas son nom, et qui maintenant, sûr de l'accueil favorable des hypocrites, n’attend que l’occasion de se faire plaindre du public, fier de lui, piétinant d’impatience dans les coulisses des réseaux de radio et de télévision. Faire une réputation sulfureuse à qui ne peut plus se défendre, voilà le type de coup bas que les Québécois semblent de plus en plus habitués à se porter. Pour la popularité, pour l’argent, parce que trop pathétiques pour avoir eu le courage de dire non au moment où il le fallait…

Rapace hideux, peuple nauséabond, tu m’écœures jusqu’à vomir l’âme. Ta lâcheté, ton manque de courage, ta frilosité qui encourage à te donner des gouvernants, toujours plus corrompus les uns que les autres et dont on sait d'avance que le prochain sera encore plus bas que celui qui te domine présentement. Peuple sans âme, sans culture, sans littérature et, oui Durham, sans histoire; même après plus d’un siècle et demi, toujours à se laisser pousser dans le dos par les événements parce qu’incapable de manifester la moindre volonté d’existence. Tout ce que tu mérites, c’est bien de disparaître sans laisser de traces pour que dans quelques siècles, on se demande si un tel peuple a bien pu exister?

Peuple de légendes vulgaires, faites de rots et de pets, incapable d’articuler sa langue, de regarder ses images, d’écouter ses rengaines, sauf une seule fois durant l’année, lorsque tu es ivre de boisson, à la Saint-Jean Baptiste, le décapité, l’étêté, le cocu. Voilà des années que, comme un porcdans ses saletés, tu te roules dans des anecdotes de prêtres pédophiles, de missionnaires sadiques au point que tu t’imposes d’en brandir la fierté dans tes manuels d’histoire à défaut de tout autre acte de courage dont tu as oublié opportunément l’existence. Quelle larve es-tu donc? Pour quelle maladie as-tu été créé afin de la transmettre au reste du monde?

Jamais tu ne te poses de questions. Seulement médire, dédaigner, déverser ton venin sans jamais vouloir même commencer à savoir les raisons qui conduisirent à la commission de tels gestes. Toi qui isole tes semblables, les maintenant dans des états obsidionaux, obligés de vivre dans le grand désert de glace et de neige, à l’écart du monde, jeûnant de faim et d’amour. Sauras-tu jamais tout le courage qu’il a fallu à ce pauvre Jutra, complexé, d’oser approcher avec tendresse et délicatesse des corps prêts à se donner, sinon à se vendre, pour un peu de chaleur humaine? Et voici que, par hypocrisie, zombies sortis des sépulcres blanchis, tu veux le lapider sur la place publique? Lui tenir un procès? Mais qui es-tu donc, peuple veule et méprisable, pour te donner ce droit de juger ton semblable alors que ton ardoise est remplie de toutes les perversions poltronne : inceste, coprophilie, masochisme, sadisme, exhibitionnisme, voyeurisme, fétichisme… Il n’y a pas une seule de ces perversions qui ne manque au répertoire de tes fantasmes auxquels mille noms seraient vite associés du public. Voilà ce que tu es, voici comment tu t’aimes (sic!) et tu t’admires.

Moi, je te trouve laid et malodorant. Honteux, suis-je d’être Québécois et je ne saurais m’en vanter face au monde tant tu me fais pitié et que je te trouve pathétique. Tu peux bien envier et jalouser les autres qui ont plus de courage et d’ambitions que toi. Puisse ta boue t’ensevelir et que l’on marque d’une pierre pour les générations à venir : ICI FUT UN PEUPLE SANS DIGNITÉ, VOYAGEUR PASSE TON CHEMIN.


Jérôme Lefevbre - J'ai fait un p'tit tour de la presse, et j'ai commencé à regarder Mon oncle Antoine.
... Je suis à fond avec toi. Le terrain est visqueux du côté des bien pensants et du refoulé collectif...
Je poursuis le visionnage du fil sur YouTube. À plus !


Raymonde Rainette Sauvé - voilà, un chapitre à rajouter au livre de ta vie : "la haine de soi".

John Gionta - Moi, j'ai honte de Jean Barbe et des cons comme lui...Mais pas de tout le peuple québécois...


Jean-Paul Coupal - Ah! S'il n'y avait que quelques individus encore! On pourrait trouver à se consoler, mais il y en a si peu. Voyez ces contre-culturels qui accusent Jutra de pédophilie et oublie que Paul Chamberland, qui, à l'époque se vantait de niquer le «Prince de Sexamour», pourquoi ne le pend-t-on pas à un arbre. Parce que lui, il est encore vivant. Pourquoi sa pédophilie connue de tous est oubliée alors qu'on exhume celle de Jutra! Pourquoi deux poids deux mesures? Parce que nous sommes TOUS des hypocrites et le milieu culturel n'est pas plus propre que ce nid de scorpions qu'on appelle le monde politique et où rarement un ministère n'a pas eu son dégueulasse encore pire, souvent aux petits garçons comme aux petites filles, mais qu'on protège parce que Très Honorable. Comme Robert Bourassa, de mémoire connue. Qui peut se vanter ne pas avoir de maux de foie sachant tout cela? C'est la fable des Animaux malade la peste qui se reproduit! Et le bouc émissaire n'est même plus là pour essayer de se justifier. Non, ce peuple est à vomir.


John Gionta - Si on renomme les Jutra, va-t-on enlever son prix Nobel de littérature à André Gide? Le prix Goncourt à Michel Tournier? Et faire le ménage, au nom du puritanisme anglo-saxon mondialisé de notre époque, à une partie importante des œuvres de la Grèce antique? Les mœurs, les lois changent...La bêtise demeure...

Jean-Paul Coupal - Mais voilà. On a pas enlevé son prix à Gide, et on le savait parce qu'il l'avait avoué dans Si le grain ne meurt... Et même chose pour Tournier, qui venait à la commune Cadet-Roussel faire du nudisme avec Chamberland et des kids. Le puritanisme n'est pas anglo-saxons; à vrai dire, le political correctness vient plutôt de France durant la crise des années 70-80 sur la décolonisation. Nous avons trop toléré, trop supporté l'idéologie victimaire. Nous nous vautrons dans des procès de sorcellerie avec la même inconscience et les mêmes hypocrisies superstitieuses. Un honnête homme ne peut pas tolérer ça.


Denis Fourny - C'est un sujet d'une actualité brûlante en Angleterre (je n'ai pas dit Grande-Bretagne sciemment), à tel point que les extincteurs viennent à manquer. Allez, JP, une p'tite Gravol (ça rime en plusse, pas beau ça?).


Jean-Paul Coupal - Malheureusement, ce n'est pas à moi à prendre du Gravol. Ce qui se passe en Angleterre se passe en Angleterre et il faut laisser les Anglais régler leurs affaires. Ici, ce sont nos affaires et la manière mesquine avec laquelle on l'affronte n'est pas à notre honneur.

Denis Fourny - Ici, comme là-bas et inversement. Le sordide est universel, comme la beauté d'ailleurs. Cela dit, j'admire ton courage, ce débat est sulfureux.

Jean-Paul Coupal - Merci. Mais je n'en les hais quand même pas moins.

Jean-Paul Coupal - Non. Le Petit Prince n'est pas une éloge de la pédophilie. C'est une fable sur la solitude, le deuil, le désert qu'est la vie et les rares rencontres qu'on y fait, rencontres qui semblent être là seulement pour qu'arrive le moment de se quitter. «Dites-lui combien je m'ennuie», c'est la dernière phrase du livre et qui résume tout le reste.

Jean-Paul Coupal - Justement. Doit-on déterrer le fait que Paul Chamberland, invitant Tournier, faisaient du nudisme avec des adolescents à la commune Cadet-Roussel dans les années 70? On en veut des scandales basés sur des rumeurs, on peut en produire des milliers!


John Gionta - Va-t-on interdire, partout à travers le monde, les films de Roman Polanski, pour faire plaisir à Richard Martineau et Denise Bombardier?


Martin Shink - Comme dit JP laissons aux Anglais régler leurs problèmes, Roman Polanski c'est pas nos affaires par contre Juteux c'est notre problème et les pédophiles ça ne passe pas au Québec. C'est mon premier déboulonnage à grande échelle et je dois vous avouer que c'est très malaisant.


John Gionta - "Les pédophiles, ça ne passe pas au Québec": c'est toi qui le dit!...Robert Bourassa a tout de même été élu quatre fois premier ministre du Québec!!!! ( È bonne en TA!)

Jean-Paul Coupal - Oui, et son amant semble-t-il était le jeune Peter Pringle qui hantait les wet dream de Céline avant que son vieux l'emmène faire de l'argent à Vegas. Oui, et Duplessis était impuissant, Lesage un ivrogne arrêté sur l'autoroute en état d'ébriété, Bourassa, dont la femme, elle aussi, avait été arrêtée au volant de sa voiture sur l'autoroute parce qu'elle roulait à cent milles à l'heure avec ses deux enfants, poursuivis par une voiture des gardes du corps de son mari de qui elle avait temporairement rompu, et Lévesque, un satyre à femmes... Le basquet est plein, qu'on le vide!


Jean-Paul Coupal - Ah! J'oubliais! Parizeau et son aventure avec Carole De Vaut qui fournissait à la police des informations sur les felquistes.
John Gionta - Le vide...nu!

John Gionta - Jean-Paul Coupal :oui, tu as raison, c'est bar OPEN...On veut la transparence absolue! Que tout le monde fasse caca devant tout le monde, Géritol!

Tribu Khaldoun «Et profitez, bonnes gens, de la paix dominicale qu'embaume l'aubépine ou bien la rose... Que l'ordre règne dans ces lieux privilégiés! Que la nature puisse, ici, être l'ami de l'homme et qu'elle berce sans fin son bonheur mérité.» -Claude Jutra, «Rouli-roulant» https://www.youtube.com/watch?v=icaUX_9Z788



Rouli-roulant
Un des tout premiers films de skate réalisé par Claude Jutra en 1965. Ce documentaire…
youtube.com


Stéphanie Bilodeau : Wow.... Jean-Paul je suis émue. Moi qui honni la haine, tu en as fait une ode magnifique. Tes mots coulent comme magma et j'admire la puissance de ton appel. Si seulement l'amour pouvait inspirer une si belle symphonie passionnelle... Mais que dis-je? La haine c'est aussi de l'amour, exprimé dans son inverse réalité. Bravo en tout cas.

John Gionta - Bien envoyée, Stéphanie, bien envoyée...


Stéphanie Bilodeau - C'est gentil John, merci. Mais il est ici question du talent majestueux de Jean-Paul à exprimer son écœurantite de l'hypocrisie ambiante. Je salue son apport à amener l'inconscient à la conscience même si ses vibrations sont négatives. Il importe d'avoir le courage de voir. Même si ça fait mal. C'est le seul moyen de soigner. Et d'éventuellement guérir. (émoticône smile)

John Gionta - C'est bien analysé en TA! Je salue itou!


Jean-Paul Coupal - Mais nous vivons dans des ondes négatives. Là où tout le monde s'envoie des calinours par la tête parce qu'ils ont été les victimes du prédateur n° 5 dans la file d'identification vue dans à Law & Order S.V.U. qui devient une réalité psychologique insurmontable pour tous les téléspectateurs. On va voir Béland et Lever se tirer les cheveux à TLMP, et ira-t-on jusqu'à dire, comme j'ai lu dans un com, qu'étant d'origine juive, Lever a servi les intérêts du fédéralisme en salissant la mémoire de Jutra?


Stéphanie Bilodeau - Dans un océan d'ondes négatives je tente ma chance de voguer sur le positif. (Et j'ai un truc d'enfer. J'arrive à voir du bien même dans le mal. Je ne souffre pas trop.) Quoique parfois moi aussi j'ai mal au cœur.
John Gionta - Tiguidou, Stéphanie, Tiguidou!

Jean-Paul Coupal  - Saint Augustin disait que du mal peut naître le bien - il avait oublié de dire aussi que du bien peut naître le mal. Si Jutra a commis le mal, certains de ses films méritent d'être appréciés. S'il a commis du bien à des ados, peut-être ceux-ci ont-ils été aimé une fois dans leur vie. La pédophilie n'est pas mon affaire, mais s'imaginer qu'on peut sucer une kékette de six ans, c'est comme attraper un poulamon avec sa langue. (Je me souviens, car moi aussi, j'ai eu six ans!)


John Gionta - Voilà une nuance importante...Ici, comme dans tant de choses, vous lancez un mot ( "Pédophilie!") et les gens cessent de réfléchir...Alors que faire du cas par cas serait évidemment beaucoup plus intelligent!...Et comment ça se passait dans les sociétés amérindiennes?...Était-on aussi permissif, à ce sujet, que dans la culture grec antique?
Jean-François Lapierre - Jean-Paul Coupal: Un poisson des schnolles? (émoticône tire la langue)


Stéphanie Bilodeau - Est-il nécessaire de visiter les extrêmes pour choisir le centre? Je pense que oui. Parce qu'on réalise alors que dès qu'on penche à droite un mécanisme naturel fait lever la gauche. Et vice versa. L'équilibre est dans la balance entre l'ombre et la lumière.

Jean-Paul Coupal - Jean-François Lapierre, j’aimerais mieux être le requin des schnolles.

Jean-Paul Coupal - N’importe qu’elle femme pourrait aller voir un écrivailleux du Devoir ou de la Presse et dire : à 6 ans, René Lévesque m’a tripotté le clitoris et j’en porte encore les marques. Je n’ai pas osé parler parce que sa personnalité était trop grande. Que verra-t-on dès le lendemain : Hélène David fait enlever la statue de Lévesque auprès du Parlement; le Parti Québécois lui enlève sa carte de membre à vie; le Gouvernement du Canada se désole en pouffant de rire; le gros fumier à Coderre débaptise le boulevard pour lui redonner le nom de Dorchester et Mathieu Bock-Côté vient dire à Céline Galipeau que ça l’attriste, mais que maintenant, René Lévesque peut dormir en paix. Voilà ce qui vient de se passer parmi les morons du Québec.
Jean-François Lapierre - Farce à part c'est rafraîchissant de te lire... moi aussi j'en ai marre de ce cul-bec prêt à lapider quiconque sur un oui-dire!
Jean-Paul Coupal - Tu es fort, Jean-François, moi, ça ne passe tout simplement pu.
Jean-François Lapierre - Jean-Paul Coupal. J'ai banni la télé, ça aide... au moins sur FB on a le choix d'arrêter de suivre les mauvaises langues, et même de les bloquer pour de bon!

Jean-Paul Coupal - Comme disait Voltaire. Mentez! Mentez! Il en restera toujours quelque chose.
Sylvain Bolduc - J'ai lu ton texte tôt ce matin et ça m'a fait réaliser bien des trucs. Un coup de gueule fort intéressant auquel je chéri ce "mépris."

Bien articulé. Ça fait réfléchir.





JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE.



JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE POUR CINÉMA-QUÉBEC


organisme subventionné pour sa lâcheté politique, son hypocrisie suffocante, sa servilité populacière, sa volonté d'effacer de la mémoire ses propres bavures en les faisant porter sur le dos de l'innocent afin d'épancher les cris des mères hystériques et folles du Québec;


JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE POUR HÉLÈNE DAVID

cette ancienne brouteuse de Parti Pris qui après avoir trop goûté de la ripaille socialiste a rallié le parti de l'immoralité financière; membre d'un gouvernement qui persécute les pauvres pour donner aux riches, qui finance Bombardier à coups de milliards pour sauver des emplois qui sont déjà perdus d'avance; qui méprise les assistés sociaux que ses décisions mettent dans la rue afin de gonfler le bien-être social pour le gousset des Beaudoin, Gouvernement de charognards des fonds publics qui fait sortir jusqu'à la sincérité d'un Adolf Hitler;

JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE POUR MÉLANIE JOLY

cette ministre du patrimoine canadien dont l'ignorance et l'inculture égalent le pistolet d'Hermann Goering; cette putain du Canada Nouveau et dont les ovaires sont remplies de mucus contaminés;

JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE POUR MICHEL COULOMBE

qui vient, sur les ondes du téléjournal de Radio-Canada, justifier ce carnage en disant que l'atmosphère était devenue irrespirable; cette boniche de gazetiers à cervelle d'oiseaux qui font le procès d'un homme auquel ils n'arrivent même pas à l'os de la cheville;

JE SUIS ZÉRO TOLÉRANCE POUR DENIS CODERRE

ce gros fumier, métaphore d'un Mont-Royal cristallisé en étrons des Montréalais et de sa bande de maires hypocrites et veules, sur lesquels je ne cesse de vomir au point que je vais finir par mourir d'anorexie.

MAIS AVANT, LAISSE MOI TE DIRE CECI, UNE BONNE FOIS POUR TOUTES:

VOILÀ CEUX QUI PARLENT POUR TOI, QUÉBÉCOIS, ET QUE TU LAISSES DIRE, QUE TU LAISSES FAIRE. TA COMPLICITÉ ÉCŒURANTE ACCOMPAGNE LEUR MÉPRIS. QUEL PEUPLE DE COUILLONS ES-TU? NON PLUS DE DEMI-CIVILISÉS, MAIS DE SOUS-CIVILISÉS. ON AURA PAS À FAIRE TON PROCÈS, TRENTE ANS APRÈS TA MORT, PUISQUE TU NOUS LE DONNES À LE FAIRE AUJOURD'HUI, TOI, LA HONTE DE L'OCCIDENT.


Gaston Hénaire - En 1992 dans "L'oubli" Michel Rivard qui était un proche de Jutras chantais:
"Il avait aimé une femme
mais c’était il y a très longtemps
plutôt que d’y laisser son âme
il avait viré comm’ le vent
maintenant
des garçons de passage
lui dérobaient des bouts d’sa vie
il dessinait leurs doux visages
eux repartaient sans dire merci."

La chanson fut un très gros succès mais j'imagine que notre bon p'tit peuple n'écoute pas les paroles ou qu'elles n'était pas assez claires.
En 1984, quand j'étudiais en cinéma, j'avais un prof qui était un fan fini de Jutras. Parmi les potins et anecdotes qu'il nous avait raconté, je me souviens qu'il avait parlé du goût supposément bien connus qu'avait Jutras envers les jeunes garçons. Pas les jeunes hommes.
N'étions nous que dix à le savoir où depuis plus de trente ans il y en a huit millions qui font les calcaires d'hypocrites tant que c'à n'apparaît pas en première page de "La Presse"
Dommage collatéral j'imagine, en plus de changer le nom que portait un parc du Plateau. Notre bon maire va faire retirer la sculpture représentant le trophée portant le nom du désormais célèbre criminel (et non plus cinéaste). Le tout sans égard au superbe travail de Charles Daudelin, un de nos plus grand sculpteur. De toute façon comment pourrions-nous apprécier l'oeuvre maintenant que nous la voyons tous comme un gros phallus, ouvert sur la longueur et surmonté d'une petite plaque ronde, représentant évidemment la bouche béante d'un jeune garçonnet.

Je crois que je vais profiter du fait que je suis bien en vie pour faire vraiment tout ce dont j'ai envie. De toute façon je n'ai aucune idée de ce qui pourra se dire sur moi 30 ans après ma mort. Pas de chances à prendre, vivons..
Reste que j'ai envie de vomir de tant d'hypocrisie

lundi 21 décembre 2015

La conscience historique d'un indépendantiste de la onzième heure

PARABOLE DES OUVRIERS DANS LA VIGNE Salomon Koninck
1647-1649
LA CONSCIENCE HISTORIQUE 
D’UN INDÉPENDANTISTE DE LA ONZIÈME HEURE
_
ANACHRONISME DU PKPISME

Le sociologue à la retraite de l'Université Laval, J. Maurice Arbour, pose la problématique du colonialisme canadien dans un livre pamphlétaire : Cessons d'être des colonisés! (Presses de l'Université Laval, 2015). Dès la page titre, ce colonialisme nous est décrit avec des termes moraux très caractéristiques : feutré et insidieux. Plus brutal, il diagnostiquera dans  l'avant-propos, rappelant que nous sommes tous, les Québécois, des colonisés, «ce qualificatif misérable et honteux comme une maladie vénérienne». (Je ne retournerai pas chez Susan Sontag pour reprendre le sens de cette métaphore, je l'ai déjà fait dans un texte que ce monsieur ignore et qu'il aurait eu du mérite à lire : http://jeanpaulcoupal.blogspot.ca/2010/06/de-la-demoralisation-tranquille.html), mais il est décevant de constater que par manque de curiosités et par esprit corporatif dans lequel chacun lit seulement et uniquement les livres qui lui sont envoyés en service de presse, que depuis Le petite loterie de Stephane Kelly, livre qui date quand même de 25 ans, les sociologues nationalistes du Québec tendent trop souvent à tout oublier et à ne rien apprendre. Voilà pourquoi M. Lanctôt, dans son commentaire divin du Journal de Montréal du 12 décembre 2015, suggérait à M. P.-K. Péladeau de pistonner M. Arbour à la tête du nouvel Institut sur l’indépendance du Québec. Oui, ça presse! d'insister MM. Arbour et Lanctôt.

Il faut mesurer ce livre au flamboyant pamphlet paru récemment de Christian Saint-Germain, L'avenir du bluff québécois. La chute d'un peuple hors de l'histoire (Liber, 2015).* Autant celui-ci est bref, incisif et fait mal, autant l'autre est répétitif, actualisant de vieilles antiennes et contribue à nous précipiter encore plus vite hors de l'Histoire. Les qualités de sociologue de M. Arbour lui font pourtant voir là où certains des problèmes de l'indépendance du Québec se posent. Sa distinction entre l'univers individuel et l'univers collectif (p. XIV), qui veut que dans le premier nous nous sentions libre alors que dans le second pèse la chape de plomb de la Constitution canadienne, est plus que pertinente. Seulement, c'est là où le programme indépendantiste a failli : à nous faire réaliser à quel point cette chape pesait également sur l'univers individuel lorsque les événements internationaux, par exemple, pouvait s'emparer de l'individu québécois pour l'astreindre et le projeter, comme un objet qui ne s'appartient pas, à une action à laquelle il se refuserait. Tous les Québécois aiment bénéficier des lois libérales de la Constitution canadienne, très peu seraient satisfaits si cette loi était suspendue, comme en 1917, en 1942 et en 1970 pour aller faire la guerre dans des pays et pour des raisons qu'ils ne comprendraient pas ou qu'ils seraient occupés, même par l'armée nationale au nom de leur protection. Les Québécois se sentent libres, mais seulement dans un Canada empâté. Le processus avec lequel le néo-colonialisme canadien s'est imposé à l'esprit de M. Arbour montre qu'il n'est pas tout à fait conscient de cet état ontologique des Québécois dans le Canada et que ceux-ci ne le seront toujours pas après avoir lu son livre.

[* Il faut lire la critique que fait Mathieu Bock-Côté de ce livre dans Le Journal de Montréal du 27 octobre 2015. C'est à croire que ces universitaires ne prennent pas de notes de lecture, surtout lorsque Bock-Côté confond Gaston Lepage (ce qui le fait bien rigoler) avec Robert Lepage!. Très expansif, comme toujours, mais peu substantiel, il aime élargir le vocabulaire de la clientèle du journal pour qui le seul mérite de ce journal tient aux chiens écrasés et aux résultats des parties de hockey; terminant, en utilisant, fort mal à propos, un terme soviétique lorsqu'il conclut : «Et à fouetter aussi brutalement son peuple, à la manière d'un patriote absolument désespéré, peut-être réveillera-il une conscience ou deux. Le Bluff québécois est un samizdat pour notre temps». Bref, pour Bock-Côté, il y a du délire dans le livre de Saint-Germain. Eh bien si c'est cela du délire, je préfère le délire de Saint-Germain à la plate redondance de Arbour.]

Autre échec à saisir la problématique du néo-colonialisme : sa nature foncièrement économique semble lui échapper. M. Arbour part de l'Institut de la Statistique du Québec pour rappeler cette «vérité» : «Comme tout le monde le sait (et voilà où le bat blesse avec cette généralité), le Québec est actuellement l'une des nations les plus performantes au monde dans les technologies de l'information, en multimédia, en biotechnologie, en pharmaceutique, en ingénierie et dans l'industrie spatiale». Or ce sont-là des secteurs de pointe très avancés qui emploient peu de travailleurs et préfèrent même chercher leur main-d’œuvre hautement spécialisée à l’étranger. Ils profitent de généreuses subventions de la part des gouvernements canadien et québécois sans que le développement de ces secteurs redressent la situation économique du Québec. Il y a une trentaine d’année, Robert Bourassa nous conviait à la Révolution technologique; c'était le temps où les vieux secteurs manufacturiers et les mono-industries des régions commençaient à péricliter, immolés sur l’autel du libre-échange par les politiciens fédéraux, non sans être encouragés par des indépendantistes avérés comme Jacques Parizeau et Bernard Landry. Nos économistes indépendantistes pensaient plus à ce moment-là aux intérêts économiques du Canada que ceux du Québec. Le même meurtre rituel s'accomplit présentent pour l'industrie laitière québécoise sacrifiée sur l'autel du libre-échange trans-pacifique, ce qui n'a pas inquiété outre-mesure M. Péladeau. Donc, à côté des chiffres retenus par M. Arbour, il aurait fallu tenir compte également des chiffres de ce même Institut sur le chômage et l’assistance sociale, l’épuisement du syndicalisme qui, pour survivre, a transformé les fonds de grève en «fonds de solidarité», prêts ou subventions accordés à des entreprises anti-syndicales et dont l’exemple des patrons obscènes reste toujours l’actuel chef du Parti Québécois. C’est à se demander si M. Arbour ne nous lance pas une farce lorsqu’il écrit, toujours dans ce même avant-propos qui nous en dit tant : «…j’ai entrepris de mener une enquête impartiale, un peu à la manière du juge Michel Bastarache…», lorsqu’on sait que cette commission, commandée par Jean Charest, avait pour but d’étouffer les soi-disant liens entre le pouvoir politique et les nominations partisanes à la haute magistrature. Autant dire que c’est en lisant Mein Kempf qu'il aurait entrepris d'écrire l’histoire d’Israël!

Le néo-colonialisme tient encore au mauvais développement économique, entendu que cet épuisement du secteur secondaire a ramené l'exploitation des ressources naturelles au centre de l'économie québécoise. Avec des projets utopiques comme Le Plan Nord de Jean Charest, et le Plan Nord Plus de son successeur Philippe Couillard, cette économie de prédation opérée par des entreprises étrangères a suivi l'ensemble du dévelop-
pement de l'économie canadienne sous le trop long règne de Stephen Harper. Le retour du colonisé passe par l'exploitation des mines de diamants dans le Grand Nord et l'exploitation pétrolière dans le Golfe Saint-Laurent. Pendant ce temps, toutes ces merveilleuses inventions du génie québécois, du bixi à la pharmaceutique, ont vu leurs brevets passés dans les mains d'exploitants étrangers et les redevances versées au gouvernement du Québec sont tellement insignifiantes que les exploiteurs en sont même gênés. Bref, nous sommes revenus au XVIIIe-XIXe siècles, lorsque l'économie canadienne reposait sur l'exploitation des fourrures et de la forêt pour vêtir les nobles Français et construire les navires de la marine britannique. Or tout cela est occulté du livre de M. Arbour qui nous ramène des critiques d'une autre époque.

Certes, M. Arbour connaît ses classiques : Bouthillette, Dumont, etc. Mais sa perspective historique se limiterait uniquement à une lecture, scandalisée, des livres noirs du Canada anglais de Normand Lester. Livres contenant une documentation riche et sérieuse, Lester menait une enquête historique et journalistique. Sa conscience historique, essentiellement négative, reste pleine de lieux communs qu’il aurait mieux fait de réviser. Ainsi, lorsqu’il affirme que notre situation «coloniale trouve sa source et son fondement dans la Conquête de 1760». Or, la situation coloniale des Québécois se forge au fur et à mesure qu’une distinction s'établit entre les gouverneurs, intendants et industriels français et les Habitants, les artisans et la main-d'œuvre qui naissent sur le territoire même du Québec. C’est là que réside «la souche», et - faut-il le rappeler - l’opus de Frégault, La guerre de la Conquête, pour montrer comment la rivalité entre Français et Québécois commençait, à travers la dite guerre, à se manifester avec quelques brandons d’hostilités. Si la Nouvelle-France serait restée française, Dieu sait quelle position elle aurait tenue en 1789! Comme dans les colonies antillaises, on aurait vu un parti patriote, peut-être même jacobin, s’installer dans la colonie, et à l’exemple de Haïti, soit pour soit contre le roi, demander sa sécession de la métropole? Mais nous sommes là dans l’uchronie. Le fait est, et le livre de M. Arbour l’occulte comme ses prédécesseurs, que l’état de colonisé des Québécois a commencé sous le Régime français, bien qu’ils aient porté, un temps, le chapeau du colonisateur contre les autochtones du pays. Mais cela, il faut remonter au beau XVIIe siècle héroïque et mystique!

La dénonciation des lois anglaises sert habilement à occulter le despotisme français lorsqu’il s’agit de stigmatiser la conquête. Non que je veuille répéter, comme les prélats de l’époque, que cette conquête «providentielle» nous a sauvés de l’invasion des Américains ou de la Terreur de 1793. Il s’agit d’utiliser un souvenir-écran dont le but est d’idéaliser la vie de nos ancêtres «libres» (et ils l’étaient plus que nous à certains égards), exactement comme l’idéalisait le chanoine Groulx, opposée à l’avilissement des Québécois devenus tarés par leur soumission au colonisateur anglais. De Cartier à Montcalm, une tranche d’Histoire incomparable dans laquelle nous nous appartenions à nous-mêmes, a été maculée, violentée, déchirée, par la Conquête et la Cession. On reprochera toujours à la France de nous avoir abandonnés au traité de Paris de 1763. Jamais de nous avoir maintenus dans la pauvreté au XVIIe siècle afin de faire bénéficier les compagnies commerciales sur le dos des cultivateurs envoyés sur cette terre que Dieu donna à Caïn sans les instruments ni les aides qu’ils auraient eu besoins. Jamais d’avoir empêché l’ouverture aux protestants dont le dynamisme économique aurait pu faire venir des colons industrieux qui nous auraient permis de rattraper la rapide expansion des Anglais dans leurs colonies. Jamais d’avoir interdit la publication de journaux, ni favoriser l’instruction supérieure sauf pour les besoins de l’Église. Nous devenons un peu plus sévère lorsqu’un historien comme Bruce Trigger nous rappelle que le gouverneur français, du haut de la falaise de Québec, pouvait voir, sans bouger, les Iroquois massacrer les Hurons qu’ils poursuivaient dans l’île d’Orléans. Qu’importe! Le mal vient des Anglais et le Canada est l’héritier de cette malédiction qui s’acharne sur nous avec la complicité des traîtres corrompus et parieurs de la petite loterie de M. Kelly. Ce manichéisme nourrit moins une guerre «internationale» entre le Québec et le Canada qu’une guerre civile, comme en 1837-1838, entre Patriotes et Chouayens. M. Arbour, avec son livre, nous ramène donc le syndrome du Chouayen en injections massives, selon la nouvelle loi de l’aide à mourir dans la (in)dignité.

Comme Félix Leclerc rappelait qu’il avait pris conscience de son état de colonisé le jour où approchant de sa résidence de l'île d'Orléans, un soldat canadien lui demanda de s'identifier - on était durant la crise d'Octobre 1970 -, il a fallu trois chutes sur le chemin de Damas pour que M. Arbour ouvre (enfin) les yeux : le détournement de sens des fêtes du 400e anniversaire de la fondation de Québec par Samuel de Champlain, fêtes dont le déroulement fut largement planifié et préparé dans un autre pays [le Canada]; la tentative avortée de la reconsti-
tution de la bataille des Plaines d’Abraham en 2009, une entreprise qui apparut à mes yeux comme un révélateur extrêmement puissant de ma situation objective de parfait colonisé… parce qu’un organisme d’un pays étranger [le même Canada], présidé par un colonisé assimilé, a voulu damer sur une défaite en célébrant la victoire des vainqueurs, enfin un incident sur la rue Bloomfield, survenu le 21 décembre 2009.lorsqu’un Québécois se fit insulter quand il demanda qu’on s’adresse à lui en français à Montréal. Ces trois frustrations ont traumatisé notre auteur beaucoup plus que les indices statistiques qui auraient pu lui faire réaliser qu’un néo-colonialisme, un colonialisme à la maison, domestique, était en train de se développer au sein de l’économie québécoise. Le sort des démunis québécois, le miroir aux alouettes des fortunes d’entrepreneurs encensés depuis le Québec Inc des années 1980, tout cela, il ne l’avait pas vu du haut de sa chaire à l’Université. Il lui a fallu des méprises de la société du spectacle pour le faire réagir. Avouons qu’on ne peut pas être plus colonisé ni plus absent à soi-même que dans cet aveu explicite.

Sur le ton du scandale et de réciproques mépris, M. Arbour nous enseigne beaucoup sur le blocage de la conscience historique des Québécois au moment où leur nationalisme atteint sa phase réactionnaire de déchéance. En dénonçant le mépris anglo-saxon et canadian à l'égard des Québécois, la haine de soi du Québécois colonisé reflue à chaque ligne. Prenons le premier choc : les fêtes du 400e de Québec. Fête organisée par le gouvernement canadien. Et pourquoi pas le gouvernement québécois? Or voilà une question qui aurait mérité d'être posée! Faut-il croire que le gouvernement du Québec, pris avec la crise des soins de santé et de l'éducation, n'a pas la tête à célébrer le 400e de sa fondation? Auquel cas, heureusement le gouvernement du Canada y a pensé. Le prix à payer sera, bien entendu, une fête canadienne, avec la propagande fédéraliste et la sottise d'impliquer les Britanniques dans la fondation de Québec! À Ottawa, on en est pas à un mensonge près. Bon! Reste que la fête de la fondation de Québec et du territoire qui prend maintenant ce nom, n'a pas été la priorité du gouvernement libéral de l'époque et l'opposition nationaliste n'a pas insisté plus qu'il ne le faut.

Parlant du rôle ostensible de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, M. Arbour devient rétif : «Non, je suis désolé, mais Samuel de Champlain, premier gouverneur de la Nouvelle-France, n'est pas le prédécesseur de la gouverneure générale du Canada… quoiqu’en disent les historiens du gouvernement fédéral. Non, je suis désolé, mais la fondation de l’État canadien remonte à 1867, non pas à 1608. Madame son excellente succède aux représentants de la reine Victoria et qui s’appelaient Charles Stanley Monck, Charles Ash Windham, sir John Young et une longue ribambelle de personnages qui se sont pris momentanément au sérieux dans leur rôle d’agent officiel du roi ou de la reine d’un autre pays…» (p. 7) Évidemment, Michaëlle Jean n’a jamais porté le titre de gouverneure de la Nouvelle-France puisque la Nouvelle-France est morte en 1760 avec son dernier gouverneur, et qui a été le premier gouverneur proprement Québécois, Vaudreuil-Cavagnal (qui avait été auparavant gouverneur de la Louisiane) et qu’il faudra attendre la nomination de Georges Vanier (1959) comme gouverneur général du Canada pour voir ce titre porté par un Canadien Français, c’est-à-dire près de 200 ans.  L'usage de l’itératif («Non, je suis désolé…») marque ici l’insistance à affirmer un déni. «Non, cela ne peut être… cela n’est pas possible…» Mais, avant d’être fédéraliste ou indépendantiste, l’Histoire est avant tout fait et c’est loin de clarifier les choses comme on serait à même de le penser. Le terme de Canada était utilisé dans les documents diplomatiques et c’est du Canada dont parle Voltaire lorsqu’il évoque ses arpents de neige. La Nouvelle-France était aussi distincte de l’Acadie, sur laquelle régnait des gouverneurs pirates qui s’entretuaient - la belle Acadie des déportations de 1755 a fait oublier cet état anarchique qui dura un siècle -, comme elle était distincte de la Louisiane, dont le premier gouverneur fut un authentique Québécois, d’Iberville, ce qu’on oublie encore-là trop souvent, et à dessein. De sorte que lorsqu’un Français entendait parler du Canada, il visualisait l’Amérique du Nord (Acadie + Nouvelle-France + Louisiane) qu’il avait en tête spécifiquement la Nouvelle-France. Après le dépeçage de l’empire au traité d’Utrecht en 1713, la Louisiane, impliquée dans la bulle du financier John Law, est apparue distincte de la Nouvelle-France, l’Acadie, elle, étant passée aux mains des Anglais. Bref, le gouverneur de la Nouvelle-France est bien resté l’ancêtre du gouverneur actuel du Canada par le sens de l’unité d’espace puisque le Canada actuel est le produit des explorations de Champlain qui suivirent la fondation de Québec et qui s’étendirent jusque dans l’Ontario actuelle. À la cession du Canada à l’Angleterre, les explorateurs français avaient atteint les Montagnes Rocheuses et, par-delà, voyaient les eaux bleues de l’Océan Pacifique. Ces faits donnent un fondement à la conscience historique canadienne-française pour qui le Canada est l’État successeur de la Nouvelle-France, beaucoup plus que la Province de Québec avec son lieutenant-gouverneur, coûteux et encore plus insignifiant!

De plus, M. Arbour énumère certains gouverneurs généraux qualifiés d’insignifiants à l’image du poste qu’occupe aujourd’hui David Johnston. On se demande, subitement, où sont passés les gouverneurs qui se sont succédé à la tête de l’Empire britannique d’Amérique du Nord instauré en 1763? Où sont les Murray, les Carleton, les Craig, les Dalhousie, les Gosford, les Durham, les Sydenham, les Elgin, les Metcalf…? C’est contre leurs administrations que la conscience nationale des Québécois s’est constituée. Cette conscience dont M. Arbour presse tout le venin lorsqu’il rappelle la phrase de George-Étienne Cartier : nous sommes des Britanniques parlant français, et qui aurait pu être prononcé par Louis-Joseph Papineau, dont on sait l’admiration infatigable qu’il portait aux institutions britanniques. Tout cela, M. Arbour l’ignore ou ne veut en parler. Les gouverneurs insignifiants installés depuis la Confédération - et il oublie que l’un de ces insignifiants a été la cause de la réduction de son poste à l’insignifiance même par une tentative malheureuse de coup d’État, lord Byng de Vimy -, prenaient leur rôle au sérieux car il était sérieux dans le contexte de l’Empire britannique au XIXe siècle. Ces gouverneurs anglais qui ont pris le relais des gouverneurs français ont très bien vu les avantages d’être gouverneur en Canada plutôt que dans l’une ou l’autre des colonies américaines. Ici, les gouverneurs anglais purent chausser les bottes des gouverneurs français car aucune constitution, aucun parlement (du moins pas avant 1791) ne pouvait venir s’interposer dans leurs actions. Seules les manigances des marchands anglophones de Montréal parvinrent à obtenir le rappel de Murray par Londres. Craig gouverna dans la terreur et la tyrannie contre le goût de la liberté qui se manifestait parmi les Québécois de l’époque et ce sont anglo-saxons et québécois francophones qui firent aussi bien alliance dans le Parti Patriote que parmi les Chouayens de la réaction bureaucratique en 1837-1838. Contrairement à Durham et M. Arbour, qui affirment la lutte de races comme moteur du développement (ou du mal-développement du Québec ou du Canada), c’est bien les conflits sociaux qui ont mené à 1837 aussi bien qu’à 1867. De même qu’aujourd’hui ils mènent au fédéralisme aussi bien qu’à l’indépendance selon un rapport de force que Pierre-Karl Péladeau aimerait voir tourner à l’avantage des «millionnaires» du Québec. La rencontre actuelle, par empires médiatiques interposés, entre le clan Desmarais et le couple Péladeau, c’est la rencontre du pot de fer et du pot de terre, et le pot de terre était déjà fêlé quand on le porta à la tête du parti souverainiste. Enfin, heureusement que les commentaires de Bizz sont là pour aider notre auteur à nourrir sa réflexion «historique».

M. Arbour s’étonne de l’attitude de Philippe Couillard, alors ministre de la Santé. Il rappelle que le «simple ministre de la santé» s’est levé debout pour «dénoncer la tricherie»…qui «digéra très mal sa visite au pays des ancêtres, puisqu’il passa inaperçu lors des cérémonies où madame la gouverneur Jean jouait à la presque petite reine du Canada…» Pourtant, c’est le même Philippe Couillard qui veut nous faire entrer complètement dans la galère constitutionnelle de 1982. En quoi réside la contradiction que ne perçoit pas M. Arbour? C’est qu’il oublie que M. Couillard est le descendant direct du gendre de Louis Hébert, Guillaume Couillard, le premier colon, celui-là même qui s’était fait leurrer par la Compagnie des Cent-Associés, attendant qu’on lui livre la charrue et les instruments aratoires qu’il avait besoin pour développer sa concession de terre. Comme le sociologue notait d’entrée de jeu, il y a le niveau individuel et le niveau collectif, les deux portent souvent à s’interpénétrer, mais il arrive des cas dans lesquels ils demeurent séparés : c’est le cas de Philippe Couillard. Ce n’est pas par blessure nationaliste que M. Couillard a babouné, c’est par blessure narcissique personnelle.

Bien sûr, on ne peut pas ne pas faire référence à la tragédie nationale que représente la Conquête. On ne peut, par exemple, ignorer la grande analyse qu'en donna jadis Jean Bouthillette dans Le Canadien Français et son double. Les fameuses célébrations spectaculaires, prévues par le gouvernement fédéral de 2009 et la Commission des champs de bataille nationaux gérée par une marionnette de Jean Chrétien, étaient là pour nous la rappeler. Certes, le scandale et la répugnance ressentis par M. Arbour sont partagés par une très grande partie des Québécois, et avec raison. Ce sur quoi il n'appuie pas assez, c'est que la Commission avait recruté des «reconstituteurs américains» de shows de boucane qu'on aurait attifés de costumes bleus français et de costumes rouges anglais pour refaire la bataille des Plaines et celle de Sainte-Foy. Il est sûr que nous sommes-là en pleine histoire-spectacle, de cet exotisme du temps qui compense la perte de l'exotisme de l'espace. Des petits esprits comme Régis Labeaume ou Denis Coderre s'adonnent à ce type de mascarade qui maculent l'Histoire pour créer des sensations de fêtes foraines au détriment de la mémoire. Mais qu'on se sente obligés d'aller passer des contrats avec des entreprises américaines habituées à reconstituer Gettysburg ou Valley Forge, voilà qui présente un autre aspect de ce néo-colonialisme qui, finalement, ne touche pas seulement les Québécois mais l'ensemble des Canadiens. On a vu depuis, en 2012, des reconstitutions mineures, ici et là, des batailles de la guerre de 1812, mais faut-il croire que le gouvernement Harper, solide de l'échec de 2009, ait préféré ne pas trop s'engager dans la voie du spectacle, finançant plutôt la production de pièces de monnaie et de timbres. Comme ces poupées de polices montées dont la fabrication a été vendue aux entreprises Disney, nos combats historiques seraient personnifiés par des acteurs américains. Français et Anglais auraient disparu sous la peau d’acteurs américains; et on s'imagine mal un marquis de Montcalm donner ses ordres avec un accent yankee! Cela est particulièrement tragique pour la conscience québécoise, mais également pour la conscience canadienne dans son ensemble. Plus que la menace de soi-disant terroristes indépendantistes, le malaise existait dans l'organisation même de cette mascarade de mauvais goût qui en commanda l’avortement au grand soulagement de tous. Depuis la Seconde Guerre mondiale au moins, les Américains vendent leur historicité partout à travers le monde par le biais du cinéma et de la télévision, des livres, des parcs d'attraction. Tous les Occidentaux ont entendu parler de George Washington, d'Abraham Lincoln, du général Custer, de Buffalo Bill et de Sitting Bull. Lorsque les Américains s'emparent de l'histoire des autres, il est certain que la relecture se fera selon l'historicité des Américains. Ainsi voit-on successivement les anciens Égyptiens, les Grecs d'Athènes, les Romains de l'Empire, les Mongols de Genghis Khan ou les Aztèques de Montezuma parler et réfléchir en anglais. Par le nivellement des cultures nationales par l'historicité américaine, toutes les historicités nationales finiront par véhiculer les mêmes symboles et les mêmes valeurs dans un Imaginaire formaté par Hollywood et ses équipes de reconstituteurs. Sur ce point, le danger ne provient pas tant du côté qu'Ottawa voulut fêter la défaite des Français en 1759, mais qu'il l'aurait fait dans une ambiance américaine. Un Québec indépendant pourrait ne pas résister à faire la même chose en recourant à ces reconstitueurs professionnels pour refaire la bataille de Saint-Eustache en 2037.

Couverture française : Mort de Montcalm
Il est amusant - pour ne pas dire attristant -, de voir M. Arbour confirmer l'un de ces historiens fédéralistes qu’il déteste tant, auteur d'un 1759, Laurier LaPierre, qui s'époumonait à rappeler que la défaite des Plaines d'Abraham était celle des Français et non des Québécois. La formulation des phrases de M. Arbour rappelle que ce sont bien les Français qui sont défaits en 1759 et non les Québécois. Notre sociologue s’apitoie naturellement sur les champs dévastés, la ville de Québec réduite en ruines par un été de bombardements intensifs, etc. Rappelons que ce 13 septembre 1759, les 4 400 soldats de Wolfe affrontaient 1 900 soldats réguliers (Français) et 1 500 francs-tireurs (Canadiens pour la plupart). Donc 3 400 combattants. Ce n'est pas seulement 1 000 hommes qui ont fait la différence, c'est que la défense de la colonie française s'est faite essentiellement par les francs-tireurs - les snipers
Couverture anglaise : Mort de Wolfe
- qui, comprenant le ridicule de l'affrontement à l'européenne que Wolfe et Montcalm s’obstinaient tacitement à reproduire devait donner la victoire à l'armée qui avait l'avantage et des hommes et du terrain. Les résultats furent 116 morts du côté français (600 blessés) et 58 seulement du côté anglais (600 blessés). Compte-tenu de la différence des membres engagés dans l'affrontement, le nombre égal de blessés anglais et français montre que les blessés français furent le fait des soldats anglais mais que les blessés anglais furent le fait de francs-tireurs québécois. Les Québécois se sont donc bien défendus et, contrairement à l'affirmation de LaPierre, ce sont eux les défaits de 1759. Les Français avaient jeté la serviette, malgré la détermination précipitée de Montcalm, avant de s'engager sur les Plaines. En ce sens, pour reprendre le mot de Pascal, victoire en deçà de l'Outaouais, défaite au delà.

Le troisième choc qui heurte M. Arbour est un incident comme il s'en vit couramment à Montréal. Un allophone, dans le quartier huppé d'Outremont, demande à un Québécois une information en anglais. Le Québécois lui demande s'il sait le français. L'autre répond oui. Le Québécois rétorque alors : pourquoi ne pas m'avoir demandé en français au départ? Et l'allophone de le traité d'intolérant en l'insultant : «Oh! you are one of those. Fuck you!» (p. 13). La question de la langue est toujours la marque visible (pour ne pas dire audible) de l'infériorité des Québécois dans le Canada. Elle véhicule à la fois toute notre fierté et toute notre honte. Le bilinguisme est un des mythes du fédéralisme qu'entretiennent les différents gouvernements canadiens depuis l'époque de Pierre Elliot Trudeau. Refusant de reconnaître l'échec des aspirations du fédéralisme et la tentative de noyer la minorité linguistique française dans le multiculturalisme atomisant, les politiciens fédéralistes ont échoué à faire taire les réclamations des Québécois, même souvent parmi les plus «colonisés», pour reprendre l'expression de M. Arbour. 

De la langue, on passe facilement à la question de l'immigration. M. Arbour entend partager sa foi aveugle dans les vertus du nouveau chef du Parti Québécois, Pierre-Karl Péladeau. Il le cite en exergue comme si nous lui devions une prise de conscience : «Nous devons cesser d'être des colonisés», a déclaré le nouveau cheuf. En effet, mais en quoi nous ressert-il - et notre auteur avec - la signification exacte de ce mot? C'est le déficit linguistique qui nous rappelle que nous sommes colonisés. Or tout colonialisme entraîne un double effet : le métissage d'une part, ce qui donne nos colonisés cocus-contents, nos Chouayens; et nos rebelles, l'indépendantiste, le patriote. Or, nous l'avons dit, contre Durham et contre Arbour, le partage ne se fait pas sur le plan linguistique mais sur le plan économique et social. Or, c'est cet aspect qu'il faut occulter à tous prix et qui seul permet à un millionnaire anti-ouvrier comme Pierre-Karl Péladeau de maintenir la galère d'un parti déjà fossilisé en espérant y attirer des fortunes québécoises.

Ainsi donc, une autre de ces farces juteuses de M. Arbour est le rappel du «réveil» de la conscience historique de Lucien Bouchard. Lui, qui après avoir sabordé le référendum de 1995 en réduisant le projet de Parizeau à celui d'une souveraineté-partenariat avec Ottawa et caché le tout, a posteriori, derrière la tarte à la crème du référendum volé, pour ensuite faire payer la victoire du Non aux Québécois à coups de triques économiques au nom du déficit zéro pour l'an 2000, accélérant par le fait même la déstructu-
ration des institutions québécoises de santé et d'éducation au point, qu'avec le coup de mort que lui assène présentement le gouvernement Couillard, il a contribué autant que son ancien collègue Charest à la mutilation des instruments et outils sensés nous libérer de la mentalité coloniale, écrit dans sa Lettre à un jeune politicien (2012) : «Il y a quelques temps, je me suis mis à relire l'histoire du Québec. J'ai pris pleine conscience du traumatisme que fut la Conquête. Quand je pense que des historiens ont tenté récemment de nous faire croire qu'elle n'a jamais eu lieu. Celle-là, je ne peux pas la digérer. Je t'invite à relire le récit de cet épisode tragique de notre histoire dont on ressent encore aujourd'hui les conséquences». Beau réveil, mais trop tard, mon chum! Car le jeune politicien, Philothée de Lucien, ne devrait pas se contenter de lire seulement l’opus de Frégault, mais toutes ces séries d’études publiées conjointement par Armand Colin en France et Septentrion au Québec et supervisés généralement par Bertrand Funck et Laurent Veyssière sur la Guerre de Sept Ans en Amérique, la défaite des Plaines d’Abraham, le traité de Paris, etc. Ce que les néo-colonisés qui veulent revenir à la lutte au colonialisme canadien devrait réaliser une fois pour toutes, c’est que l’historiographie est une discipline qui se perfectionne et abat bien des préjugés utilitaires pour les esprits idéologiques.

Ce qui est triste, finalement, c'est que le livre de M. Arbour reproduit tous les poncifs avec lesquels le discours de la décolonisation a échoué dans le courant des années 70. En focalisant sur les symboles - le mythistoire, la langue, la constitution -, la mentalité coloniale s'est développée, dans l'ensemble du Canada, par la décroissance économique même. Le néo-colonialisme québécois se joue moins sous la férule d'Ottawa que de la mondialisation à l'américaine. Ces traités de libre-échange ne cessent de miner les forces économiques du Québec, et ils ont été signés par des dirigeants canadiens avec la bénédiction des indépen-
dantistes québécois. Ancien directeur du Sun News, chaîne d'information conservatrice canadienne, Pierre-Karl Péladeau, en tant qu'actionnaire principal de Québécor, est le pourvoyeur de toute la junk culturelle américaine depuis une génération, à la suite de son père. Le premier pratiquait la philanthropie, le second l'indépendantisme. Les anciens conflits père/fils entre le nationaliste et le marxiste-léniniste ont produit la pire espèce de mixité qu’on pouvait s’attendre : le nationalisme-léniniste - que certains confondent avec une sorte de fascisme - qui ramène au néo-libéralisme sur le modèle du capitalisme sauvage. Les salaires sont maintenus au minimum, les profits sont détournés hors du pays dans des paradis fiscaux et la répression est l'arme visant à étouffer toutes contestations. Les révoltes sociales ont remplacé les anciennes manifestations pour la langue et pour l'indépendance du Québec et ce passage du positif au négatif est un indice inquiétant de l'humeur d'un peuple qui se refuse à la violence pour une image de soi fondue dans le colonialisme même.

M. Arbour parle d'histoire - ou plutôt d'une conscience historique malheureuse qui n'est qu'une interprétation subjective d'une connaissance imparfaite de l'histoire (on s'étonne lorsqu'on le voit écrire : «Dans les jours qui ont suivi la capitulation de Montréal, les Anglais se sont réunis au bar du Château Frontenac pour prendre un scotch et se sont demandés tous ensemble : «What are we going to do with these bastards?»… On imagine facilement la scène se déroulant dans le décor dIci Laflaque). Évidemment, il s’agit du Château Saint-Louis et je doute qu’il y eut un bar public dans la place! -; il parle de la langue et des immigrants, problème effectivement sérieux mais qui appartient au gouvernement du Québec qui se refuse à le résoudre pour avoir plus de colonisés étrangers à travailler pour des salaires de crève-la-faim. Il parle de Constitution, comme si le problème du colonialisme résidait dans un papier parcheminé. Il parle de l’assimilation des identités et, malgré les citations de Falardeau, n’apporte rien de plus à la schizophrénie déjà détectée par Bouthillette. Il parle également des symboles canadian qui s’imposent à la vie politique et quotidienne des Québécois : drapeau, gouverneur général, etc. Bref, le colonialisme de M. Arbour est un colonialisme ratatiné dont l’aspect fantômatique permet de dérober à notre vue le nouveau colonialisme, plus vigoureux, qui émerge et atteint, cette fois-ci, l’univers individuel des Québécois. Voilà pourquoi la rhétorique indépendantiste apparaît désuète quoique la mentalité coloniale perdure, aussi bien parmi les métissés Chouayens que parmi les «de souche» pure laine.

Ce ne sont donc pas les vieux symboles qui soulevaient notre colère dans les années 70 qui véhiculent aujourd’hui la recolonisation du Québec (et du Canada), mais les conflits sociaux dont le but est de retarder l’explosion d’une impasse paroissiale d’une crise économique mondiale. Ce n’est pas par son génie inexistant qu’un Justin Trudeau a dépassé ses adversaires pour s’emparer du gouver-
nement canadien. Sa victoire n’a pas été un balayage comme on l’a vu dans les comtés des provinces maritimes, mais une suite de heureux hasards qui entre trois candidats équivalents lui a permis de se faufiler dans tel comté et tel autre, en Ontario comme au Québec, comme en Colombie Britannique. Mais si Trudeau a fini par l’emporter sur Mulcair, c’est qu’il était le seul à refuser la solution de l’austérité et de la compression budgétaire qui étouffe les institutions et étrangle la population québécoise pour voir son argent fuir dans la corruption, les paradis fiscaux et une dette dont il faut admettre qu’il n’a pas été le principal bénéficiaire. Trudeau parle de réinvestir dans les infrastructures, de dépenser, de recevoir des immigrants, de couper les budgets dans l’armée. Qu’importe qu’il réalise ou pas ces promesses, il a fait rêver là où les Harper, Couillard et Mulcair de ce monde ennuient à mourir avec un réalisme aussi faux qu’inefficace. Bref, les peuples ont besoin de rêver, c’est connu, et il a fallu un quasi attardé mental pour le faire, et nous avons là les résultats d’une conscience CANADIENNE atrophiée.

L’approche de M. Arbour est une approche conservatrice, réductrice, passive où l’insulte tient la place de l’action, parce que l’action impossible est préférable à l’action désespérée. Il ne peut supporter que le bluff ait assez duré car il s’est joint au groupe à la onzième heure. Se nourrissant de Falardeau et des chroniqueurs du Journal de Montréal, il met à jour les injustices nationales déjà exposées par des Lester, Philpot et Le Hire. Consacré par un ex-terroriste d’opérette à occuper le poste de directeur de l’Institut sur l’Indépendance, souhaitons qu’il obtienne ce poste et, comme le capitaine Smith, coule avec honneur à la proue de son navire qui commence déjà à prendre l’eau, pendant que son bien-aimé cheuf ramera sous le coup de la panique dans l’unique chaloupe de sauvetage que sont ses entreprises médiatiques⌛

Montréal
20 décembre 2015