VENEZ PARTICIPER AU FORUM DE LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES EN PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE (S.E.R.P.H.) À L’ADRESSE FACEBOOK : https://www.facebook.com/groups/SERPH/?pnref=story

POSEZ DES PROBLÉMATIQUES,
SUGGÉREZ DES DÉBATS,
RÉPONDEZ ET INTERVENEZ DANS LES DISCUSSIONS EN COURS.
C’EST GRATUIT, ET POUR AUTANT QUE VOUS VOUS INTÉRESSEZ AUX QUESTIONS DE CIVILISATIONS, DE CULTURES, DE SOCIÉTÉS, IL VOUS SERA POSSIBLE D’ÊTRE UN SPECTATEUR ENGAGÉ DANS LE MONDE EN CE PREMIER XXIe SIÈCLE.

mardi 7 mai 2013

Une autre des Belles Histoires du ministre Pierre Duchesne - Les femmes patriotes de 1837-1838 - (The musical)


UNE AUTRE DES BELLES HISTOIRES DU MINISTRE PIERRE DUCHESNE
- LES FEMMES PATRIOTES DE 1837-1838 -
(THE MUSICAL)

Le ministre Duchesne (dans une classe circulaire, portant un sarrau blanc de laborantin, une trentaine d’étudiants des deux sexes, enchaînés des pieds et des mains à leur carcan au col, seuls quelques étudiants sont libres) - Aujourd’hui, en tant que ministre de l’Éducation Supérieure, je vais vous transmettre mes connaissances appliquées en histoire de la Rébellion de 1837-1838 des Patriotes du Bas-Canada. Je sais que la matière a déjà été abordée au secondaire, mais comme vous avez tous coulé vos examens et qu’il a fallu normaliser les notes pour vous permettre d’accéder au Collégial, je vais donc m’efforcer de compléter ce qui n’a pas été fait.

(Silence funèbre de la classe).

Le ministre Duchesne - Commençons. (Scrutant les étudiants). Tient, toi, le grand gêné qui se tient debout en arrière. Peux-tu me dire en quelles années ont eu lieu les Rébellion patriotes de 1837-1838?

Léo (le grand gêné, hésitant, se mordant les lèvres, garde un silence gêné).

Le ministre Duchesne - Tu ne le sais pas. Je m’en doutais rien qu’en regardant ta tronche de débile. Sais-tu que si tu étais un étudiant américain en ce moment, et que je te posais la question  : «En quelles années a eu lieu la Guerre Civile», il me répondrait, sans hésiter et fièrement : 1861-1865». Ça, c’est aimer son histoire, sa nation, son pays. Maintenant, je te repose la question : en quelles années ont eu lieu les Rébellions patriotes de 1837-1838?

Léo (hésitant, encore, puis risquant) - En 1861-1865?

Le ministre Duchesne (découragé) - Vous comprenez tous, maintenant, pourquoi il a fallu imposer un cours d’histoire du Québec souverain non-idéologique obligatoire au CÉGEP? Vous êtes, tous, pour la plupart, des ignares. Personne ne connaît ici son histoire. À l’exception du petit Viet, du frisé à la peau tamisée sombre et des jumelles dont je ne sais pas encore laquelle des deux est la méchante! Voilà plus d’un demi-siècle que mes prédécesseurs et moi nous nous interrogeons sur les raisons pour lesquelles les jeunes Québécois n'aiment pas leur histoire; les raisons qui font que vous reculez devant votre histoire comme vous refusez d’aller voir un film québécois en salle.

Justin - Ça coûte trop cher, les films en salle pour ce que ça nous donne!

Le ministre Duchesne (frustré) - Ça suffit. Sans être prétentieux, j’aimerais me citer en exemple auprès de vous. L’histoire est une connaissance merveilleuse, passionnante, pleine de richesses et de découvertes. Vous pouvez la lire comme un exemplaire d’Échos Vedettes. Toutes sortes d’anecdotes croustillantes pendant que se fait la grande Histoire. C’est passionnant. Je n’ai quand même pas écrit trois biographies de 600 pages chacune sur «Monsieur» Jacques Parizeau si ç’avait été ennuyant, non? Le quatrième volume attend même déjà sous presse le décès du biographié pour le lancer, et comme les autres, il sera tenu comme manuel obligatoire aux études d’histoire au collégial.

Félix (faisant la moue) - Quatre biographies de 600 pages à 40 ou 50 piastres le volume, ça commence à faire cher l’éducation supérieure gratuite non?

Le ministre Duchesne (vertement) - Chaque fois que j’ouvre la bouche, il y a un imbécile qui parle! Sachez, jeune impertinent, qu'il n’y a aucun sacrifice assez beau pour le savoir de sa patrie. (Reprenant son calme) Comme il faut bien vous intéresser à l’Histoire du Québec, j’ai décidé de cibler le cours d’aujourd’hui sur le rôle des femmes patriotes pendant la Rébellion patriote de 1837-1838. Et comme je sais que vous êtes des enfants du Millénaire, que vous avez été élevés avec des i-pod, des i-pad, des i-phones et des tweeties, je vais donc vous animer un cours interactif.

Agnès - Chouette. On va pouvoir texter avec madame Papineau?

Le ministre Duchesne - Non, mais proche. D’abord, mes chers élèves, il faut que vous reteniez que les femmes ont joué un grand rôle dans l’histoire des Rébellions. Sans elles, sans leur apport, sans leur secours, nous aurions probablement gagné la Rébellion. Et si je dis ça, c’est en me basant sur une étude comparative de toutes les révolutions en Europe et en Amérique latine, du temps  de nos propres Rébellions. Nos statistiques nous apprennent ainsi, qu’il y avait toujours moins de femmes que d’hommes sur les barricades, d’où des défaites assurées. Le modèle étant universalisable, nous pouvons, sans risquer de nous tromper, l’appliquer objectivement à la situation de la Rébellion des Patriotes du Bas-Canada de 1837-1838. C’est comme ça que nous faisons de l’histoire «scientifique».

La 1ère jumelle - Ma mère s’appelle Yvette!

Le ministre Duchesne - Bon! Ton commentaire répond à la question que je me posais tantôt. (À la classe) Reprenons. Les Québécoises de 1837-1838 n’étaient pas toutes aussi folles que la névrosée Julie Bruneau qui ne cessait de harceler son mari, Louis-Joseph Papineau, pour aller faire du shopping à La Baie à chaque fois qu’un nouveau modèle de bonnet de fourrure était lancé sur le marché…

La 2ème jumelle - Avec maman, nous avons déjà vu Mme Frula et Mme Beaudoin en train de magasiner ensemble des petites cuillers d’argent chez Birks!

Le ministre Duchesne - (à part) Décidément, deux méchantes jumelles dans le même duo! Je vous rappellerai que la bataille de Saint-Denis a été gagnée autour de la maison d’une Madame Girouard, de Saint-Denis. Que les femmes tricotaient des bas de laine pour leurs maris pendant qu’ils s’armaient, afin de leur tenir les pieds aux chauds dans la neige du mois de décembre, aux cas où ils auraient à décamper vite devant les soldats. Certaines ont même pris le fusil de chasse …pour le remettre à leur époux. C’était déjà un signe d’encouragement indélébile et de support moral indéfectible.

(Les élèves baillent et gigotent sous leurs carcans.)

Le ministre Duchesne - Mais le pire, et ce que nous devons retenir, c’est comment elles ont souffert, ces pauvres femmes, pourchassées par les traîtres fédéralistes de l’époque et les troupes du général Colborne; chassées avec les vieux et les enfants, pieds nus dans la neige, à moins 20 degrés, tandis que la G.R.C. incendiaient leurs maisons et détruisaient leurs troupeaux.

Valérie - Ils étaient vraiment méchants ces Anglais.

Le ministre Duchesne - Oui, et pire encore. Voilà, qu'aujourd’hui, ils veulent vous enseigner une histoire complètement fausse. Une histoire idéologique. Sans finesse et …ni interaction.

Léo - Ouin! Elle vient quand l’interaction, j’commence à avoir les doigts engourdis.

Le ministre Duchesne - Patience. Vous savez qu’il faut parfois attendre son tour. Prenez moi, par exemple. Il a fallu statuer qu’un vrai «Patriote de l’année» devait mesurer plus que 5 pieds 3 pouces, de sorte qu’on expulse Bernard Landry de la compétition pour que je sois couronné, lundi dans deux semaines. C’est comme ça. Tout vient à point à qui sait attendre son tour. J’achèverai mon cours en vous parlant de mère Émilie Gamelin.

Fanny - C’tu la même qui a donné son nom à la place où on se rassemblait manifester l’an passé?

Le ministre Duchesne - Non. C’est nous qui lui avons donné son nom. Et fait sa statue. Mère Gamelin s’occupait de consoler les Patriotes détenus à la prison Au Pied du Courant, sous le pont Jacques-Cartier. Elle les encourageait à rester forts devant la corde qui les attendait, de se montrer fiers et nobles devant la disgrâce publique et le châtiment. Elle les encourageait à cultiver la vengeance parmi leurs enfants, ce que les mères transmirent …à peu près. De cette fibre sont nés les Hippolyte Lafontaine, George-Étienne Cartier, Wilfrid Laurier, René Lévesque, Jacques Parizeau, Paul Piché…

Fanny - C’es-tu ce qu’elle soufflait aussi à l’oreille des étudiants lors des manifs de 2012?

Le ministre Duchesne - Oui, mais jusqu’au début de septembre, lors de l’élection de notre gouvernement. Après ça, elle vous a dit de rentrer chacun chez vous. Ce que vous n’avez pas fait. Incapables que vous êtes d’obéir, même aux influences spirituelles qui viennent du fond de vos âmes. Graines de catholiques manqués.

Léo - Bon, on y arrives-tu à l’interaction?

Le ministre Duchesne (s’écartant légèrement) - Oui. J’ai ici, croyez-le ou non, le sarcophage que l’on a déterré d’une femme Patriote de 1837-1838, Madame Kimber, qui, à l’époque, se promenait avec un pistolet sous le bras. Grâce à un courant électrique puissant, nous allons réanimer son ADN et lui redonner la vie. Et elle pourra vous raconter d’elle-même ce que fut le rôle indispensable des femmes au cours de la Rébellion patriote de 1837-1838.

Les étudiants - Oooooh!

Le ministre Duchesne - C’est comme un Parc Jurassique de Patriotes! Et comme j’ai promis que le jeu serait interactif, je vais moi-même allumer le dispositif qui fera circuler le flux électrique à travers les cerceaux de verres autour du cercueil.

Fanny (excitée) - Est-ce qu’on va pouvoir lui poser des questions à savoir ce qu’elle utilisait comme tampons, à l’époque?

Le ministre Duchesne (S’activant) - Peut-être.

Sébastien - E’ as-tu des grosses boules?

Le ministre Duchesne (S’activant) - Je ne sais pas, je l’ai pas vue.

Les deux jumelles - Notre mère étaient avec les Yvettes en 1980.

Le ministre Duchesne (Aboutissant) - Mauvaises filles. - Tadam!

(Toutes sortes de gugusses se mettent à flasher, des lasers entourent le sarcophage. Le ministre Duchesne est en apothéose pendant que les cercles lumineux enveloppent de laser le cercueil et que les étudiants entonnent en chœur  :)

Pour suivre la musique, adressez à un autre serveur

Cage of freedom
That's our prison
Where the jailer and captive combine

Le ministre Duchesne (enlevé) : La voici la femme Patriote parfaite, excellente par-dessus toutes les excellences

Cage of freedom
Cast in power
All the trappings of our own design

Le ministre Duchesne (transporté) : …la libératrice du peuple Québécois opprimé et humilié, mes enfants!

Blind ambition
Steals our reason
We're soon behind those invisible bars
On the inside
Looking outside
To make it safer we double the guard

Le ministre Duchesne (hystérique) : Celle qui va enfin réaliser le rêve québécois du Parti!

Cage of freedom
There's no escaping
We fabricated a world of our own....
World of our own, world of our own.

(La porte du cercueil tombe dans la fumée.)

Cage of freedom, growing smaller
'Til every wall now touches the skin
Cage of freedom, filled with treason
Changing sides as the losses begin
Our suspicion tries escaping
But they step up the security
There's no exit--there's no entrance
Remember how we swallowed the key?

(La momie enveloppée commence à se débander, et la fumée à se dissiper.)

Cage of freedom, that's our prison
We fabricated this world on our own....
World of our own, world of our own.

Le ministre Duchesne : - Le voici le Patriote fait femme, celle qui va mener le Québec à la liberté, dans l'ordre, l’honneur et l’enthousiasme. (Apparaît la momie de Pauline Marois qui avance comme une zombie aveugle, derrière les étudiants qui la précèdent vers le porte d’entrée).

Big Mother
Is there a bigger one watching you
Or is there one smaller
Who I should be watching too
Infinite circles of
Snakes eating their own tails
For every one chasing
Another is on the trail
Is that a friend
Can you tell, is he on your side?
I spy with my little eye
Yet another spy... (fadeout)⌛


Montréal,
7 mai 2013

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire