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samedi 16 février 2013

Ce n'était qu'un petit caillou venu de l'espace

Trainées de la météorite du 15 février 2013

CE N’ÉTAIT QU’UN PETIT CAILLOU VENU DE L'ESPACE

Il est toujours étonnant de remarquer combien les bulletins d’information mettent l’emphase sur des sujets insignifiants tandis que se baladent autour de nous des milliers d’astéroïdes ou d’autres corps célestes extraterrestres qui nous bombardent continuellement, et que nous sommes portés par un noyau de magma en constante fusion niché au cœur même de notre planète qui pourrait, par une suite de secousses sismiques et d’éruptions volcaniques, anéantir une bonne partie de la vie sur terre. Excitation fébrile issue de l’idée du cataclysme définitif qui accompagnait la «prophétie des mayas» de la fin du monde pour décembre 2012? En tous cas, si le projectile qui s’est écrasé ce matin du 15 février 2013 dans l’Oural, dans les régions de Tcheliabinsk et de Sverdlovsk, avait dévié de sa course un peu plus vers l’ouest, c’est Moscou et un peu plus vers l’est, c’est Beiging où les habitants auraient pu penser que ces bons vieux mayas ne s’étaient trompés que de quelques semaines!

C’est toujours la même dramatisation journalistique - on l’a vue, il y a deux ans avec l’éruption du Eyjafjallajökull (qui est en fait le glacier qui recouvre le véritable volcan situé en dessous, l’Eyjafjöll, de mars à octobre 2010, et quelques mois plus tard, en mai 2011, avec le Grímsvötn - : le ou la lectrice de nouvelle nous donne un reaction shot d’une nouvelle qui s’annonce extraordinaire, apeurante, voire terrifiante. Puis on passe la bande filmique désormais fournie par des additions de séquences prises par des téléphones cellulaires. Enfin, soupir de soulagement, nous apprenons qu’il y a eu plus de peur que de mal. L’amplification de l’information d’abord, la tension portée à son paroxysme par la bande filmique, enfin le soulagement que «ce n’est pas pour cette fois». C’est ainsi que, depuis au moins septembre 2001, les media réussissent à vendre la nouvelle comme un épisode de téléroman ou un film d’action qui nous tient en un suspens insupportable ne serait-ce que quelques minutes. La mort, mais non seulement la mort de l'individu, mais la mort collective, celle de l'espèce, est au cœur de la nouvelle. Pour un peu, nous nous laisserions entraîner comme certains auditeurs de l’émission La guerre des mondes, présentée sur les ondes radiophoniques de CBS le 30 octobre 1938. Nous savons aujourd’hui que le soi-disant état d’hystérie qui aurait suivi la diffusion de la dramatisation d’un roman d’H. G. Wells ne s’est pas déroulé exactement comme il a été raconté, mais monté en épingle à partir de l’addition d’une série de faits divers procédant ou accompagnant la radiodiffusion de la dramatique. Dans une enquête très sérieuse, Pierre Lagrange (La guerre des mondes a-t-elle eu lieu?, Paris, Robert Laffont, 2005) a démontré - et démonté - le canular du jeune Orson Welles, mais surtout le canular des agences de presse. Dans le contexte des «accords de Munich», l’anticipation de la menace aurait due pourtant porter le regard des Américains ailleurs.

Mais, le commun des auditeurs de l’émission de Welles put laisser échapper un soupir de soulagement lorsqu’il réalisa que les martiens n’envahissaient ni ne détruisaient la Terre. De même, après avoir vu les séquences filmées du bolide qui se disloqua au-dessus de l’Oural ce matin du 15 février 2013, le commun des spectateurs des bulletins télévisés peut laisser encore échapper un soupir de soulagement, bien qu’un autre objet céleste - un astéroïde celui-là, plus menaçant - doit effleurer la Terre au cours de la nuit du 15 au 16. Ici, les esprits catastrophés ont depuis longtemps de quoi se mettre sous la dent. Au moment où j’écris, la NASA continue à traquer de très près cet astéroïde au nom mythologique post-moderne de 2012-DA 14. C’est lui que les partisans de l’eschatologie maya attendaient en décembre dernier.

Avouons que 2012-DA 14 a une taille impressionnante… vue de Terre. La NASA estime sa taille à 60 mètres de diamètres (197 pieds). Repéré il y a un an, en février 2012 par des astronomes espagnols, des Madames Soleil n’ont cessé de supposer depuis une collision possible avec la Terre. 27 000 km (16 700 milles) ne sépareraient la planète de 2012-DA 14. C’est en fonction de cet astéroïde que des esprits malins ont suggéré de faire exploser la roche en la bombardant ou en envoyant un vaisseau spatial s’écraser sur lui, négligeant le fait que la pulvérisation de l’astéroïde serait encore plus dommageable par la rocaille que l’explosion dirigerait vers la Terre. C’est-à-dire que le phénomène qui s’est produit ce matin dans l’Oural aurait été comparable à un bombar-dement intensif de l’ensemble de la planète! De toute façon, même si 2012-DA 14 manque le rendez-vous avec la Terre cette nuit, il pourra se reprendre à son retour, en 2056! Quoi qu’il en soit, à regarder cette image d’ambiance prise par Bertrand Kulik, même s’il est dans l’image, nous ne le voyons pas. Les astronomes ont beau nous rassurer en disant que la météorite tombée en Russie ce matin est bien un objet distinct de l’astéroïde qui nous frôle présentement, la coïncidence est quand même révélatrice de ce bombardement continue que le bouclier atmosphérique de la planète parvient à détruire chaque jour avant que les corps célestes heurtent notre sol et nos cités.

Mais, ce matin, le bouclier n’a pu venir à bout de «l’étoile filante» qui a terminé son trajet au-dessus des régions de Tcheliabinsk et de Sverdlovsk. En un peu plus d’un siècle, c’est la seconde fois que la Russie est touchée par l’impact d’un corps céleste, depuis il y a un peu plus d’un siècle, en juin 1908, dans la forêt de la Tunguska, en Sibérie. Il n’y eut pas alors, dans cette Russie d'Asie profonde, d’émotions hystériques, contrairement à ce que sera la hantise projetée par la comète de Halley en 1910, car la large portion de forêts - 2 150 km (830 milles carrés, soit à peu près l’équivalent du Luxembourg -, fauchée par la météorite contenait peu d’habitants. Mais ceux qui ont survécu pour témoigner, après la révolution de 1917, ont décrit un phénomène par certains aspects assez analogue. Rappelons d'abord les faits :

«À 7 h 17, heure locale, au matin du 30 juin 1908, dans le bassin de la rivière Podkamennaya Tunguska, en Sibérie centrale, eut lieu une gigantesque explosion. Des témoins virent un énorme bolide traverser le ciel en quelques secondes, du sud-est au nord-ouest; tout de suite après sa disparition, ils entendirent une explosion assourdissante. À l’usine de Vanavora, située à 60 kilomètres du point d’impact, plusieurs témoins furent jetés à terre par l’onde de choc; un des habitants de cette localité, qui était assis sous le porche de sa maison, fut projeté à plusieurs mètres et perdit connaissance. Des secousses sismiques furent enregistrées partout dans le monde, de même que des ondes de pression atmosphérique.

La première nuit après cet événement fut exceptionnellement brillante partout en Europe et en Sibérie de l’Ouest. Même dans le sud de la Russie, au Caucase, par exemple, la nuit fut si lumineuse qu’il était possible, à minuit, de lire le journal sans l’aide de lumière artificielle. Cet effet s’atténua progressivement jusqu’à n’être plus perceptible à
la fin du mois d’août.
À cause de la situation politique qui régnait à l’époque en Russie, il fallut attendre 1927, soit dix-neuf ans après la chute, pour qu’une première inspection du point d’impact soit effectuée par une expédition organisée par l’Académie des sciences de l’URSS, sous la direction du savant soviétique Kulik. Le point de chute était situé au cœur d’une forêt; les arbres étaient arrachés dans un rayon de 30 à 40 kilomètres, les troncs pointant dans la direction de l’explosion.

On avait tout d’abord cru que le phénomène observé était dû à la chute, d’une météorite géante semblable à celle qui est responsable du célèbre “
meteor crater” en Arizona; cependant, les membres de cette première expédition eurent la surprise de constater qu’aucun cratère n’avait été formé; de plus, ils furent incapables de recueillir le moindre débris météoritique. Ils en conclurent que le bolide s’était désintégré avant d’atteindre la surface du sol. De l’analyse de l’ensemble des observations recueillies, on conclut que l’objet s’était désintégré à l’altitude 8,5 kilomètres.

[…]

Cet événement extraordinaire a suscité un intérêt considérable; plus de deux cents articles scientifiques lui ont été consacrés et on ne peut faire le compte des journaux qui en ont parlé. Depuis la première expédition de 1927, d’autres se sont succédé, en 1928, 1929, 1958 et 1961. Et les théories plus ou moins fantastiques n’ont pas manqué.

[…]

Une explication plus simple et plus plausible a été proposée par l’Américain Fred Whipple en 1930 : le noyau d’une petite comète serait entré en collision avec la Terre. Il se serait vaporisé dans l’atmosphère sans laisser de débris solides sur le sol. La
brillance excep-tionnelle de l’atmosphère aurait alors été due à la poussière de la queue qui, répandue dans l’atmosphère, aurait diffusé la lumière solaire. Le 30 juin 1908, la Terre se trouvait près de l’orbite de la comète Pons-Winnecke et on a donc pensé que notre objet était un fragment de cette comète, détaché au cours d’un passage antérieur.

En 1978, Lubos Kresak réexamina l’idée de Whipple et remarqua que l’événement survenu en Sibérie avait eu lieu alors que la Terre traversait l’essaim des Taurides dont on pensait depuis longtemps qu’il était produit par la désintégration de la comète d’Encke. L’objet de la Tunguska serait donc plutôt un morceau de la comète d’Encke.

En 1983, Zdenek Sekanina étudia en détail tous les faits connus. Comme tout indique que l’objet de la Tunguska n’a donné lieu qu’à une seule explosion, il lui paraît invraisemblable qu’un fragment de comète ait pu survivre à une plongée si profonde et si rapide dans l’atmosphère terrestre. L’objet
de la Tunguska devait donc être un corps dense, peut-être un de ces astéroïdes de type Apollo, d’après le nom du premier d’entre eux qui fut découvert. On a vu des bolides dont la masse était estimée à plus de cent tonnes à être suivis dans l’atmosphère durant plusieurs secondes puis exploser et disparaître totalement en quelques dixièmes de seconde. Sekanina pense que c’est ce qui s’est passé en 1908. En un temps très court, toute l’énergie cinétique de l’objet a été convertie en énergie mécanique par le freinage de l’atmosphère. La puissance libérée lors de l’explosion fut estimée à l’équivalent de 12 mégatonnes de TNT, soit 600 fois celle de la bombe d’Hiroshima. Une telle énergie peut être fournie par l’annulation de la vitesse d’un corps de 100 mètres de diamètre dont la vitesse initiale est de 10km/s.» (M. Festou, P. Véron, J.-C. Ribes. Les comètes : mythes et réalités, Paris, Flammarion, 1985, pp. 236 à 240)
On constatera que la description des faits entourant l’explosion dans la Tunguska en 1908 est plus impressionnante que ce que nous voyons sur les images vidéo de l’Oural du matin du 15 février 2013. Festou, Véron et Ribes s’intéressent davantage aux témoignages scientifiques, mais que dire des témoignages humains de la catastrophe de la Tugunska?

«Il est raconté par Carl Sagan dans Cosmos : “On vit une boule de feu traverser le ciel à grande vitesse. Quand elle rencontra l’horizon, une immense explosion se produisit. Deux mille kilomètres carrés de forêts furent rasés et des milliers d’arbres brûlèrent comme des torches autour du point d’impact. L’onde de choc atmosphérique fit deux fois le tour de la terre. Pendant deux jours, l’atmosphère fut pleine d’une fine poussière au point qu’on pouvait lire un journal la nuit dans les rues de Londres, à dix mille kilomètres de là, grâce à la lumière ainsi diffusée”. Les récits des spectateurs lointains, rapportés par l’expédition venue sur les lieux de la catastrophe vingt ans après, sont éloquents. Certains sont rapportés par Carl Sagan : “Il était très tôt et dans la tente tout le monde dormait, la tente a été violemment projetée dans les airs, avec tous ses occupants. En retombant, tous se firent de légères contusions et Akulina et Ivan s’évanouirent. Lorsqu’ils reprirent leurs esprits, ils entendirent du bruit autour d’eux et virent des flammes dévaster ce qui restait de la forêt”. “J’étais assis sous le porche de la maison à Vanovata à l’heure du petit déjeuner. J’étais tourné vers le nord, occupé à cercler des tonneaux. Au moment où je levai ma cognée, le ciel s’ouvrit en deux, et très haut au-dessus de la forêt au nord, le ciel entier parut brûler. Je sentis alors une chaleur intense, comme si ma chemise était en flammes. J’essayai de l’enlever pour la jeter plus loin quand une explosion retentit dans le ciel, suivie d’un long et puissant fracas. Je fus projeté sur le sol à plusieurs mètres du porche et perdis conscience quelques instants. Ma femme sortit en courant et me tira à l’intérieur de la maison. Après l’explosion on entendit comme des pierres tomber du ciel ou des coups de feu. La terre trembla et, allongé sur le sol, je me couvris la tête de peur que des pierres me tombent dessus. Au moment où le ciel s’ouvrit, un vent chaud comme sortant de la bouche d’un cheval souffla sur le village venant du nord. Il laissa des traces de son passage sur le sol”» (J.-M. Homet. Le retour de la comète, Paris, Imago,1985, p. 158).

Ces témoignages sont d’une sobriété qui exclue toutes métaphores infernales ou ufologiques. Par le fait même, si nous comparons avec ce que nous voyons et dont ont été victimes les Russes ce matin, l’impact de la Tunguska fut autrement plus violent que celui-ci. Homet ne retient qu’une explication pour le phénomène : «“Un petit morceau de comète heurta la terre ce matin-là”. Certains l’ont calculé. Il s’agirait d’un morceau glacé mesurant environ 100 mètres de large, pesant un million de tonnes et se déplaçant à une vitesse d’à peu près trente kilomètres à la seconde. Les effets obtenus par le choc furent comparables à soixante bombes d’Hiroshima, mais sans radiations ni retombées radio-actives» (ibid. p. 159). Le savant soviétique E. Sobotovich a identifié de minuscules diamants, trouvés en grand nombre, sur le lieu de la catastrophe de Tunguska. «Ces diamants, complètement désintégrés au moment du choc, ont la même provenance que ceux des météorites» (ibid. p. 159).

Cette fois, les savants n’ont pas attendu 20 ans pour se rendre sur les lieux et déjà sont repérables des indices de l’impact non d’une comète mais d’une météorite. Ainsi, trois fragments du bolide auraient déjà été retrouvés, selon l'agence de presse Ria Novosti, citant un porte-parole du ministère de l'Intérieur russe. L'objet céleste s'est fragmenté de manière spectaculaire sous les yeux de nombreux témoins à 9 h 23 du matin (heure locale), ce 15 février 2013. Des photos de cratères témoignent d'un impact différent de celui de la Tunguska

Deux l'ont été « dans la région de Tchebarkoul (70 kilomètres à l'ouest de Tcheliabinsk) et un dans la région de Zlatooust (110 km à l'ouest de Tcheliabinsk)», écrit Ria Novosti. À Tchebarkoul, un trou de 6 m de diamètre, creusé dans un lac gelé, a été photographié. On présume qu'il résulte de la chute d'un fragment du bolide. Un peu plus tôt, l'agence spatiale russe (Roskosmos) avait publié une estimation de la vitesse d'entrée du bolide, 30 km/s (100 000 km/h). Sa masse, selon une source à l'Académie des sciences de Moscou, serait d'environ 10 tonnes. 10 tonnes aujourd’hui contre le un million du bolide de 1908, l’écart entre les effets de l’impact ne peuvent donc être comparables (pas de lumière naturelle la nuit, à minuit, dans les rues de Londres, suffisante pour lire un journal). Plus pressé que le gouvernement tsariste de l’époque, le gouvernement Poutine s’est empressé de réagir : le ministère des Situations d'urgence a mobilisé 20 000 hommes pour explorer la région, ainsi que sept avions de reconnaissance. Selon la chaîne de télévision Russia Today, un cratère de 6 mètres de diamètre aurait déjà été découvert. Évidemment, la proximité des lieux habités augmente la quantité des blessés suite aux chocs en retour de l’explosion. Un dernier bilan fait état de 950 blessés, principalement par les éclats des vitres soufflées par l'explosion. Trois cents immeubles ont été endommagés. Enfin, il apparaît évident que si l’on peut soupçonner que le bolide de 1908 fut un morceau d’une comète, le bolide de 2013 appartient bien à un météorite de la catégorie de ceux qui bombardent quotidiennement la Terre.



Quoi qu’il en soit, la réflexion est toujours la même : et si le bolide de 1908 était tombé sur Saint-Pétersbourg ou Paris? Si 2012-D 14 frappait la ville de New York? On pense immédiatement à la comète dont le cratère d'impact du Chicxulub à la pointe du Yucatan au Mexique,  remonterait à 65 millions d'années, coïncidant avec la disparition des dinosaures. On sait que ce cratère a un diamètre moyen de 200 km, le diamètre estimé de la météorite responsable de ce cataclysme est de 10 kilomètres. Ce qui est déjà bien loin du 60 mètres de notre astéroïde. De plus, si la thèse est souvent remise en question, il faut considérer que le cratère est là pour témoigner de la force de l’impact, même si d’autres phénomènes naturels, comme les trapps qui constituent le plateau du Deccan, dans l'Inde actuelle, témoignent d'une exceptionnelle activité volcanique à peu près au même moment où sont disparus les dinosaures. Comme toujours, en Histoire de la Terre comme dans l’Histoire de l’Humanité, les causes uniques sont assez rares pour expliquer des phénomènes d’une telle ampleur.

Quoi qu’il en soit, pour les témoins de l’arrivée du bolide de ce matin, la question n’en était pas encore aux comparaisons ni aux explications, mais à l’événement-traumatique qui se manifestait devant leurs yeux et sous leurs pieds. On pensait à un missile, une bombe atomique même, preuve que l’angoisse historique l’emporte encore sur l’angoisse vitale. Il n’y a que l’homme qui puisse détruire l’homme. Notre entrée dans la chronologie géologique n’est pas encore acceptée par notre conscience. De ce filet blanc qui déchire la robe du ciel bleu, à -17º C., naît une sphère qui a tout de l’aspect d’un soleil - et non du soleil noir nucléaire vu par les témoins des explosions atomiques du passé -, un «flash» qui s’achève à l’horizon, produisant une onde de choc qui meurtrit les édifices et dont les éclats de matériaux et de verres meurtrissent à leur tour les personnes.

Que penser alors de toute cette mise en scène télévisuelle entre la reaction shot de Pascale Nadeau (lectrice du bulletin de nouvelles en fin de soirée à Radio-Canada) et le «ce n’a été que ça» qui conclut le visionnement des séquences filmiques et que le spectateur est appelé à formuler automatiquement?  Je ne sais pas, à vous de rappeler si vous vous êtes couché ce soir-là, rassuré ou inquiet. Si vous avez dormi paisiblement ou avez fait de terribles cauchemars de «fin du monde»?⌛

Vision d'une météorite frappant Rouen, en France

Montréal
16 février 2013

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