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mardi 10 janvier 2017

Le «Trumpisme» ou la démocratie à visage découvert

Meryll Streep, lors de la remise des Golden Globes, 2017.
LE «TRUMPISME»
OU LA DÉMOCRATIE À VISAGE DÉCOUVERT

À la remise des Golden Globes, le 8 janvier 2017, l'actrice américaine Meryll Streep, qui recevait un trophée honorifique pour l'ensemble de sa carrière, a entièrement consacré son temps d'antenne à celui dont elle n'osa dire le nom :
I love you all. You have to forgive me, I have lost my voice in screaming and lamentation this weekend and I have lost my mind sometime earlier this year so I have to read.
Thank you, Hollywood Foreign Press. Just to pick up on what Hugh Laurie said, you and all of us in this room really belong to the most vilified segments of American society right now. Think about it: Hollywood, foreigners and the press.
But who are we and, you know, what is Hollywood, anyway? It’s just a bunch of people from other places. I was born and raised and educated in the public schools of New Jersey, Viola [Davis, qui remettait le prix et vedette de la série How to get away with murder] was born in a sharecropper's cabin in South Carolina, came up in Central Falls,  R.I. Sarah Paulson was born in Florida, raised by a single mom in Brooklyn. Sarah Jessica Parker was one of seven or eight kids from Ohio, Amy Adams was born in Vicenza, Veneto, Italy and Natalie Portman was born in Jerusalem. Where are their birth certificates?
And the beautiful Ruth Negga was born in Addis Ababa, Ethiopia, raised in Lon – no, in Ireland, I do believe, and she’s here nominated for playing a small-town girl from Virginia. Ryan Gosling, like all the nicest people, is Canadian. And Dev Patel was born in Kenya, raised in London and is here playing an Indian raised in Tasmania. So Hollywood is crawling with outsiders and foreigners and if we kick them all out, you’ll have nothing to watch but football and mixed martial arts, which are not the arts.
They gave me three seconds to say this, so. An actor’s only job is to enter the lives of people who are different from us and let you feel what that feels like. And there were many, many, many powerful performances this year that did exactly that, breathtaking, compassionate work.
But there was one performance this year that stunned me. It sank its hooks in my heart, not because it was good, it was – there’s nothing good about it. But it was effective and it did its job. It made its intended audience laugh and show their teeth.
It was that moment when the person asking to sit in the most respected seat in our country imitated a disabled reporter, someone he outranked in privilege and power and the capacity to fight back. It, it kind of broke my heart when I saw it and I still can’t get it out my head because it wasn’t in a movie. It was real life. And this instinct to humiliate when it’s modeled by someone in the public platform, by someone powerful, it filters down into everybody’s life because it kind of gives permission for other people to do the same thing.
Disrespect invites disrespect. Violence incites violence. When the powerful use their position to bully others, we all lose. OK, go on with that thing. OK, this brings me to the press. We need the principled press to hold power to account, to call them on the carpet for every outrage.
That’s why our founders enshrined the press and its freedoms in our constitution. So I only ask the famously well-heeled Hollywood foreign press and all of us in our community to join me in supporting the Committee to Protect Journalists, ’cause we’re going to need them going forward and they’ll need us to safeguard the truth.
One more thing. Once when I was standing around the set one day, whining about something, we were going to work through supper or the long hours or whatever, Tommy Lee Jones said to me: “Isn't it such a privilege, Meryl, just to be an actor?” Yeah, it is. And we have to remind each other of the privilege and the responsibility of the act of empathy. We should be very proud of the work Hollywood honors here tonight,
As my, as my friend, the dear departed Princess Leia, said to me once: “Take your broken heart, make it into art.”
Thank you, Foreign Press.
L'allocution de Mrs Streep, ouverte contre le backbashing hollywoodien par les partisans du président élu Donald J. Trump, (né en 1946) s'est terminée par un appel à la liberté de la presse. Des vilains acteurs au journaliste handicapé, tous malmenés par la grossièreté du nouveau président en attente de sévir, Mrs Streep portait sur scène les inquiétudes d'une grande partie de l'Amérique.

Parmi le Hollywood for Trump, on retrouve John Voight, Gary Busey, Loretta Lynn, Tila Tequila, Stephen Baldwin (eh oui!), Mike Tyson, Terrell Owens, John Rocker, Jesse James (sic!), Ann Coulter, Hulk Hogan, Lou Ferrigno, Aissa Wayne, Ted Nugent, Scott Baio, Kirstie Alley et bien entendu, l'inénarrable Clint Eastwood. Presque tous des has been dont la carrière est loin derrière ou ne parvenant plus à revenir sur l'avant-scène, il y a là un indice de la qualité des électeurs trumpistes. Comme dans le camp du NON, lors du référendum de 1980 au Québec, où on retrouvait Rita Bibeau, Émile Genest et Claude Blanchard – dont la carrière vacillait depuis son succès de Nestor -, ces noms suggèrent davantage la fin de règne plutôt qu'un renouveau.

Petit-fils d'immigrants allemands et fils d'un promoteur immobilier de New York, Trump ne semble jamais avoir été plus loin que l'école de commerce de Wharton, à l'université de Pennsylvanie. Très tôt dans les affaires familiales, Trump prend le contrôle de celles-ci en 1971 qui devient The Trump Organization, puis fonde le Trump Entertainment Resorts en 1995. Narcissique à l'extrême, comme Alexandre le Grand, toutes ses entreprises portent son nom, comme la Trump Tower de New York ou du Trump Taj Mahal, son casino d'Atlantic City. De plus, il est l'un des premiers et des grands promoteurs des reality shows dont The Apprentice (qu'il a lui-même animé) de 2004 à 2015. D'un côté, il est l'homme d'affaires sans qualités, héritant d'une business familiale, et de l'autre, il est le spectateur assidu d'une sous-culture qui reproduit ad nauseam le mythe américain de la réussite et du glamour. Bref, Trump est l'homme de la réussite sans efforts, du cynisme morbide et de la vulgarité qui caractérise la bassesse de la barbarie. En ce sens, il n'a rien du patriote américain ou même du self-made man; il n'a rien d'un Rockefeller, petit comptable qui, à force de méticulosité et de bons placements dans un secteur nouveau – le pétrole – s'était construit un empire. Dans une tragédie américaine de O'Neill ou de Miller, il aurait joué le rôle de Caïn. Et probablement que sa surestime de soi, son narcissisme et son mépris de l'intelligentsia résultent-ils d'un sentiment refoulé d'être mésadapté à la tradition mythique de la réussite du self-made man. Il compense ce manque par un surinvestissement symbolique de sa personne (sa figure rougeaude, sa houppe blonde qui domine ses cheveux blancs, et sa vulgarité langagière). Voilà pourquoi on le compare, à tort ou à raison, avec Hitler.

Contre le snobisme des Clinton et la tenue digne et impeccable de Barack Obama, il traîne sa lourdeur hip-
popotames-
que dans les corridors des édifices prestigieux. Il dit tout ce qui lui passe par la tête, sans réfléchir aux conséquences. Il y a chez lui un manque de filtre qui laisse passer tout ce qui, normalement, devrait heurter les oreilles chastes de l'électorat républicain. Il y a, chez Trump, quelque chose de l'enfant du conte d'Andersen qui ne peut s'empêcher de s'exclamer que le roi est nu. Or, le roi, c'est lui désormais, et il n'en est pas moins habillé pour autant. Au discours de Mrs Streep, il s'est empressé de tweeter qu'il la considérait comme une «actrice surévaluée», une sorte de coup pour coup qui ne heurte personne et démontre une fois plus sa sociopathie profonde. Sa physionomie extatique qui, là encore, fait penser aux dictateurs fascistes du début du XXe siècle, est pleine de morgue, de mépris et de ressentiments avec l'insulte et la moquerie comme armes défensives, car dès son entrée en scène, cet homme, qui n'a aucune expérience du processus électoral ni siégé à un quelconque titre politique, s'est vu attaqué, même assez vigoureusement, par ses adversaires républicains. L'acteur Alec Baldwin se permet des pochades hilarantes dans une émission de fin de soirée qui remportent un succès monstre à travers la planète. Son imitation savoureuse des tics du candidat Trump lui ont valu d'ailleurs d'être tweetpiller par le principal intéressé. Cette incapacité à rire de lui-même, montre que Trump, là encore, ne participe pas de la vie, mais de la mort.

La prochaine first lady a aussi fait la chronique moqueuse des journalistes. Melania Trump, née Melanija Knavs — nom germanisé en Melania Knauss -, est d'origine slovène. Mannequin dont la carrière a suivi rapidement une parabole en chute libre, la presse américaine s'est régalée des photos érotiques de Melania, qui avait servi de modèle nu pour le photographe français Alé de Basseville (1995), alors qu'elle travaillait déjà dans les entreprises Trump. Aux yeux du public américain, elle n'apparaît pas d'une intelligence excessive, surtout comparée à Michelle Obama dont on aurait copié un discours pour le lui faire apprendre par cœur et le réciter lors d'une apparition publique. Toutes ces facéties, faites pour miner la crédibilité du candidat Trump, visaient à montrer son mauvais goût qui se traduit dans l'architecture mégalomaniaque de ses hôtels de verre et surtout le côté kitsch de son casino d'Atlantic City bêtement baptisé, à la manière de Las Vegas, le Trump Taj Mahal. Encore là, les goûts esthétiques du futur président mêlant l'art déco et le kitsch sont tout autant des interprétations dévoyées du Modern Style.


La mégalomanie du goût et du style Trump a de quoi effrayer les dirigeants du monde. Trump s'installe chez lui, partout et la diplomatie étrangère anticipe déjà les malaises qui rempliront les prochaines rencontres internationales. Il terrorise François Hollande, lui-même proche de la sortie politique; Angela Merkel bougonne à l'idée d'avoir à défendre le maintien des États-Unis dans l'O.T.A.N. devant la menace du retrait; Vladimir Poutine – le seul qu'on peut qualifier sérieusement d'homme d'État dans les circonstances actuelles – se rit de lui, et a même envoyé de ses conseillers pour la campagne présidentielle, sachant que Trump président, il aura les mains libres sur sa zone d'influence géopolitique. Avec les Obama et les Clinton, il était possible de savoir quels pions diplomatiques jouer devant les questions chaudes de l'heure (la Syrie, le réchauffement climatique, les migrations de masse). Le néo-libéralisme avait trouvé ses défenseurs politiques. Mais avec l'isolationnisme que promeut Trump, son climato-scepticisme (sic!), son protectionnisme économique et la fermeture des États-Unis sur eux-mêmes (ce qui ne veut pas dire que leur mainmise sur l'économie mondiale serait levée) ramènent au capitalisme sauvage de la fin du XIXe siècle et à celui des Années folles, juste avant la krach de 1929. En ce sens, la politique trumpiste, pour séduire le parti républicain - dont il a démontré par après qu'il n'avait nullement besoin -, s'est imposée avec le mythe récurent du Make America Great Again!, slogan jadis utilisé par Ronald Reagan, qui n'est en rien le rêve du Wounderfull World of Disney. Or les États-Unis sont sortis du mandat d'Obama dans un état bien différent du mandat de Jimmy Carter.

Le soir du 8 novembre 2016, les figures s'allongeaient sur les différents panels convoqués par les réseaux télévisuels pour suivre l'élection présidentielle. Pour tous ces animateurs, ces commentateurs, ces experts trop habitués à avoir le nez rivé sur les institutions, il était IMPEN-
SABLE que Trump puisse l'emporter sur Hillary Clinton. Comment le peuple américain pouvait-il voter pour ce mal dégrossi après avoir voté, à deux élections, pour un Afro-américain? Le temps de porter une femme au fauteuil présidentiel n'était-il pas venu? Comment ne pas poursuivre dans la voie de la réconciliation entre les ethnies qui forment le peuple américain et le tournant social que représentait l'Obamacare? Les résultats les laissèrent médusés. Pourtant, si l'élection de Trump était impensable, elle n'était pas IMPOSSIBLE et quelques esprits s'en étaient vite rendus compte. Ces esprits étaient particulièrement frappés par la résurgence du racisme sous le second mandat d'Obama.

Joe Jones. American Justice, 1933
Des croix de feu et des cordes pour pendre le negroe, on était passé aux rafales de tirs des policiers ou de tueurs de masse. Pour peu, on se serait cru revenu au temps du Mississippi Burning, avec ses émeutes et ses affrontements avec la Garde Nationale. Une large partie de la population blanche américaine digérait mal le fait qu'un Afro-américain ait été porté à la tête des armées du pays. Elle ne pardonnait pas à sa frange liberal ce péché racial qui veut que les États-Unis soient nés de l'entente des Pères Fondateurs – ceux-là même que Meryll Streep évoque dans son laïus – qui ne prévoyaient pas qu'un descendant d'esclaves puissent un jour être à la tête de l'Exécutif du pays. De plus, la candidate démocrate n'était pas celle que les partisans voulaient. Trainant son vieux débris de mari qui a laissé une tache on ne peut plus douteuse sur le tapis du salon ovale, elle apparaissait fragile et hautaine. De plus, le F.B.I., qui ne voulait pas avoir une des créatures de Clinton au-dessus de sa tête, en a profité pour laisser couler, durant la campagne présidentielle, ses courriels d'espionnage d'un membre de son parti, ce qui a suffi à démoraliser le reste des troupes. Entre temps, les conseillers russes de Trump lui suggéraient d'y aller à la hussarde, et de ne pas ménager les déclarations les plus outrageantes. Grab them by the pussy! représente assez bien le type de langage coloré brun qui fait de ce descendant d'Allemands un digne émule de la grivoiserie d'un Luther devant le raffinement d'un pape de la Renaissance.

Bref, jamais autant de forces extérieures se sont immiscées dans le déroulement d'une campagne présidentielle américaine. Le droit de réserve des agences gouvernementales, les conseillers étrangers auprès d'un candidat totalement dénué d'expériences politiques font de la campagne présidentielle de 2016 une réplique d'une campagne électorale d'une bonne vieille république de bananes. La fatigue politique des États-Unis sur la scène internationale n'a jamais cessé de se manifester depuis le four irakien. Mais avec ce cirque immonde que fut la campagne de 2016, c'est la fatigue politique intérieure du pays qui se révèle aux yeux de tous. Jamais aucun président des États-Unis, sauf peut-être John Quincy Adams, et encore, n'a commencé sa présidence avec un capital de haine aussi marqué. D'autant plus que, depuis son élection, Trump est parvenu à former un ministère (un secrétariat) constitué à peu près rien que de ses amis du club de golf Trump. Il faudrait remonter à des présidences comme celles de Harding ou de Grant pour retrouver des acolytes aussi étrangers au bon jugement que nécessite un gouvernement pour administrer de manière équilibré.

D'abord le vice-président Mike Pence. Non seulement partage-t-il les idées de son boss, mais à ce personnage moralement douteux, il apporte une caution chrétienne et conservatrice. Il a fallu passer en revue environ 70 personnes pour former un véritable cabinet à la mesure du président. Le Secrétaire général de la Maison-Blanche est Reince Priebus qui agira essentiellement en tant qu'agent de liaison avec le Congrès en majorité républicain. Il devrait cette position à l'intervention d'Ivanka Trump, la fille du président et épouse de Jared Kushner, importante éminence grise du clan Trump. Comme l'un des secrétaires d'État de Grant devait sa position au fait que son épouse était l'habilleuse de la générale, le gendre est devenu conseiller senior du Président. Déjà, en nommant Priebus, Trump déviait de sa promesse de nettoyer l'establishment politique traditionnel. Le Stratège en chef est le controversé Stephen Bannon, ancien banquier chez Goldman Sachs, ancien de la Navy aussi, il est intervenu dans la campagne de Trump au moment où celle-ci battait de l'aile. Bannon est également un ancien patron du média ultraconservateur Breitbart News. C'est l'homme de l'extrême-droite. Le conseiller à la Sécurité nationale est l'ex-général Michael Flynn, également ancien directeur de l'Agence de renseignement de la Défense. Il servira de conseiller en matière d'affaires internationale. 

D'autres nominations sont plus troublantes. L'attoney général (le secrétaire à la Justice), une des plus hautes fonctions, est confié au sénateur républicain Jeff Sessions, premier sénateur à avoir apporté son soutien à la candidature de Trump. Élu d'Alabama, ami fidèle du président désigné dont il partage les points de vue sur l'immigration et le climat. Ses déclarations racistes en feront une cible toute désignée pour les Démocrates. Comme Secrétaire d'État, l'inénarrable Trump a été chercher le P.D.G. de la pétrolière Exxon Mobil, Ray Tillerson, qui se trouve à prendre ainsi la tête de la diplomatie américaine. Trump l'a présenté comme un choix avisé compte tenu de «sa ténacité, son expérience élargie et sa compréhension profonde de la géopolitique en font un excellent choix pour le poste de secrétaire d'État. Il favorisera la stabilité régionale et se concentrera sur les intérêts essentiels de la sécurité nationale des États-Unis». Cette nomination a été la goutte qui a failli faire déborder le vase considérant les liens étroits qu'il entretient avec la Russie et les onze partenariats signés avec Rosneft, la principale compagnie pétrolière russe qui lui a valu d'être décoré par le Président Poutine en 2013, de l'ordre de l'Amitié. Tout à côté, le Secrétaire à la Défense, un général des Marines à la retraite, James Mattis, ancien officier surnommé Mad Dog et réputé pour son «style direct» a été sur les théâtres d'opérations irakien et afghan, mais sa méfiance envers l'Iran menace de bloquer le réchauffement des relations entrepris sous le mandat d'Obama avec Téhéran. Le Secrétaire au Trésor est Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs et directeur financier de sa campagne électorale. Le Secrétaire au Commerce est Wilbur Ross, celui qui a mis la table aux propositions de Trump en matière commerciale, dénonçant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec le Canada et le Mexique (1994) et de l'entrée de la Chine au sein de l'Organisation mondiale du Commerce en 2001. Pour lui, ces deux événements sont la cause de la chute massive d'emplois au sein de l'industrie américaine. Sa fortune est estimée par Forbes à environ 2,9 milliards de dollars, il dirige le fonds Ross & Co, possède une participation dans ArcelorMittal, et siège au conseil d'administration du premier sidérurgiste mondial. On voit que sa politique d'État est déjà une politique personnelle. Le Secrétaire à la Sécurité intérieure est John Kelly, autre ancien général des Marines, il a charge d'avoir l'œil sur l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Le chaud dossier cubain devrait donc lui revenir. Le Secrétaire à l'Intérieur est confié au représentant républicain Ryan Zinke, ancien commandant des Navy Seals et qui en est à sa première élection. Il a la charge de la gestion des terres fédérales, surtout des parcs nationaux et des territoires tribaux. Le Secrétaire à l'Énergie est l'ex-gouverneur du Texas, Rick Perry. C'est à lui que sera confié la relance de l'utilisation des énergies fossiles. La Secrétaire à l'Éducation est Betsy De Vos, riche donatrice au Parti Républicain, avocate du «School choice» voulant que les fonds publics destinés à l'éducation soient utilisés dans tous types d'école, du public au privé, en passant par l'enseignement à domicile. Bref, un système d'éducation à la carte.

Le Secrétaire au Travail, Andy Puzder, patron de la chaîne de restauration rapide CKE, connu pour son hostilité à toute forme d'intervention d'État sur le marché du travail, y compris le relèvement du salaire minimum, aurait été d'abord avancé par le Wall Street Journal. Le Secrétaire à la Santé et aux services sociaux est le chirurgien Tom Price. Représentant de la Géorgie, c'est un adversaire notoire de l'Obamacare. Seema Verma, pour sa part, consultante spécialiste de la santé, est nommée à la tête de deux programmes publics de sécurité sociale destinés aux Américains les plus modestes et les plus âgés, Medicaid et Medicare. La Secrétaire aux Transports est Elaine Chao, ancienne secrétaire au Travail au cours des huit années de la présidence de G. W. Bush. Elle siège au conseil d'administration d'Ingersoll Rand, New Corps et Vulcan Materials. Le Secrétaire au Logement et au Développement urbain (le seul Noir du groupe), est Ben Carson, neurochirurgien à la retraite autrefois directeur du département de neurochirurgie pédiatrique au John Hopkins Hospital de Baltimore. À la tête de l'Agence de Protection de l'Environnement, on retrouve Scott Pruitt. Ce procureur général de l'Oklahoma nie l'influence humaine sur le réchauffement climatique et dénonce «les directives inutiles de l'EPA» et s'est engagé à diriger l'agence «de manière à faciliter à la fois la protection de l'environnement et la liberté d'agir des entreprises américaines». Le Directeur du Bureau de la gestion du budget est donné à Mick Mulvaney. C'est l'organe chargé d'élaborer les projets de budget reflétant les orientations financières de la présidence.

Cet orchestre d'anciens et d'ex ne fait pas que consolider les pouvoirs établis d'agences comme Goldman Sachs ou les camarades marines de Donald Trump. Il fait peser un puissant mouvement réactionnaire sur le pouvoir exécutif. Il joue l'air du déni du réel pour le triomphe des impératifs catégoriques de la mythologie américaine. Cet air, qui est la marque conservatrice des Républicains, ne tient plus depuis longtemps. Le rêve de l'État minimum promis n'a jamais été atteint par aucun gou-
vernement précédent, y compris celui dirigé par Reagan. Plus on crée de charges, des surveillances, de polices et des agences, plus il faut de fonctionnaires pour en assurer le fonctionnement; même si l'on sabre dans la santé ou dans l'éducation, la taille de l'État ne s'en trouve jamais réduite. L'une des choses que la connaissance historique montre le plus clairement, c'est que les appareils d'État profitent de la préparation de la guerre, aussi pourquoi devrait-on s'étonner que les premiers chiffres en hausse à la Bourse aux lendemains de l'élection de Trump relevaient du complexe militaro-industriel? Quand on pense qu'une certaine critique martelait contre les Démocrates, associant Hillary Clinton à une prochaine guerre avec la Russie, on peut mesurer à quel point les sentiments l'ont emporté sur les jugements politiques lors de la dernière campagne présidentielle.

Comme le régime de Vichy en France, en 1940, avait été la revanche sur les acquis du Front Populaire de 1936, l'élection de Trump est une revanche des forces réactionnaires américaines sur les acquis du régime Obama. Les milieux sociaux et les structures psychiques des individus qui constituent ce nouveau gou-
vernement se rencontrent pour constituer un véritable État-voyou. Trump, s'il est exagéré de le comparer à Hitler, partage un fanatisme pathologique auquel manque un credo idéologique. Il ne suit pas de très loin le dictateur de la Corée du Nord. Il est déjà encensé par les théocrates de la Knesset israélienne et de leur fantoche militaire, Netanyahu, enfin, les rois-nègres des républiques africaines le prendront sûrement comme modèle à imiter pour les prochaines années. Constatons-le. Le Ku-Klux Klan a applaudi à l'élection de Trump tout comme le Président Poutine. La Big Business remercie (morte de rire, étouffée dans le fond du placard) les Tits-Jos boîte à lunch qui ont apporté avec ferveur et ressentiments leur vote à leur directeur de club de golf. Grâce à eux tous, après la rhétorique courtoise et bienséante d'Obama, nous aurons droit aux grossièretés ignobles de cette bouffie d'argent sale portée par l'admiration de tous les petites poches de ressentiments qui expriment leur "philosophie politique" par le biais des radio-poubelles et des injures sur les média sociaux.C'est en ce sens que la nudité du Président Trump renvoie à la nudité même de la démocratie libérale. L'échec du projet libéral d'élever la raison des masses jusqu'à ce qu'elle puisse rationnaliser le politique et l'organiser de manière démocratique par l'instruction (ou l'éducation), cet hommage que le libéralisme voulait rendre à l'humanisme qui lui avait donné naissance, s'achève en catastrophe. Ce sont les barbares qui recueilleront la sagesse des philosophes des Lumières, et il n'est pas dit que ce ne soit pas pour les éteindre.

Un État reste un État, civilisé ou voyou. Ce qui le distingue, en civilisation, c'est le rapport qu'il établit entre le droit et la violence. Certes, des idéaux rêvés au XIXe siècle, il ne reste plus grand chose. Le droit est une mitaine usée portée par la main de la violence. Aux terrorismes répond le terrorisme d'État. La barbarie extérieure, importée par les vagues d'immigrations encouragées sottement par les gouvernements occidentaux, rejoint la barbarie intérieure d'une bourgeoisie acculturée et encanaillée. Celle-ci, refoulée un temps par les efforts de l'éducation et «l'adoucissement des mœurs» apporté par le raffinement culturel d'une certaine élite de la société, revient sous l'aspect de la bêtise vulgaire qui s'épanouit déjà depuis quelques décennies. Au nom de l'humour et de la licence, la vulgarité est revenue comme le moyen pour le citoyen lambda de s'exprimer sur les ondes radio ou les réseaux sociaux, ce qui est perçu par certains comme le nec plus ultra de la démocratisation des communications. Cette connerie faisait dire toutefois à Umberto Eco : «Les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d'imbéciles qui avant ne parlaient qu'au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel». Mais il ne s'agit plus aujourd'hui de prix Nobel, mais bien de la Présidence des États-Unis, avec tout ce qu'elle comporte de responsabilité et de conséquences. Pourtant, cette vulgarité est celle entretenue par les entreprises Trump et ses reality shows. En amplifiant ses tics et en faisant ses grimaces, en tweetant à tort et à travers tout ce qui lui passe par la tête, Trump connaît bien le public auquel il s'adresse et qui partage ses goûts pathologiques et sa façon de saisir une femme.

Cet échec du raffinement consacre la vulgarité et la bêtise maligne comme nécrophagie culturelle. Au-delà du déclin de l'État américain et du dépassement économique des États-Unis, la décadence morale qui s'affiche partout en Occident ouvre la porte à tout ce qu'il y a, non pas de plus respectueux des valeurs et des traditions, mais tout ce qu'il y a d'éructations pulsionnelles. On a jamais vu autant de défécations et de vomis-sements au cinéma et à la télévision. (Hollywood a aussi sa part de responsabilité dans ce goût du vulgaire et du sensationnel.) Ce n'est pas tant une question de pudeur qu'une question d'attitudes affectives devant la vie que nous vivons. Ce que les électeurs de Trump et Trump lui-même et sa queue de Wall Street nous dit, si nous les écoutons bien, c'est l'inutilité du personnel politique désormais pour la gouvernance du Grand Capital et des organismes corporatifs sur l'ensemble de la société. Plus besoin de la rhétorique éduquée d'Obama ou des slogans ternes de Clinton : les entreprises les plus puissantes des États-Unis – Goldman Sachs bien sûr, mais Exxon aussi – décident de prendre elles-mêmes le contrôle de l'appareil d'État; ils mettent définitivement les deux mains sur le volant de l'État et le fantoche qui joue au reality show présidentiel n'est qu'un individu bilieux dont les mots Amen et Fuck sont interchangeables à volonté avec tous les sens qu'on veut bien leur donner.

Dire que l'élection de Trump est un accident de parcours serait la pire erreur que nous puissions commettre. Trump est sérieux lorsqu'il dit qu'il veut redonner de la grandeur à l'Amérique. Il rejoint la tradition du XIXe siècle de l'isolationnisme américain, surtout avant la Guerre civile (1860) ou encore après le refus de la signature du Pacte de la Société des Nations en 1919. Une Amérique grande est une Amérique qui ignore le reste du monde... sauf pour en exploiter les richesses. Elle signifie laisser-passer à l'extérieur et protectionnisme à l'intérieur. Elle tient pour menaçantes les puissances qui oseraient patauger dans leurs eaux, même si celles-ci sont de la même famille civilisationnelle. L'erreur, depuis le Vietnam, a été d'intervenir partout dans le monde, en jouant les gendarmes de la démocratie alors que seuls les intérêts économiques et financiers comptent. Délires d'anciens Marines sans doute qui se retrouvent du club de golf au cabinet Trump. Ce que les voyous ne voient pas, c'est que dans le pays même, des villes comme New York, Chicago ou Los Angeles sont devenues des villes équivalentes à Alexandrie, à Rome ou à Paris par le passé. Par contre, Las Vegas a une allure de Xanadu émergeant au milieu du désert. La dérive qui s'est amorcée depuis le début du millénaire entre les deux rives de l'État américain et son ventre désertique, glacial en hiver et torride en été mais arriéré tout le temps, est devenu un fardeau pour l'ensemble de la richesse nationale. Trump au pouvoir, ce sont les États crevés par la bulle de 2008, qui espéraient que Obama efface la souillure de leur avidité petite et mesquine. C'est le refus d'une politique sociale faite pour les classes moyennes mêmes qui ont subie les plus grands dommages de ce coup fumeux du capitalisme financier malhonnête. Or, Obama n'était pas ce magicien qu'on souhaitait et la déception envers les Démocrates a été profonde. Les victimes de la crise voulaient se faire rembourser et Obama ne leur a offert qu'un régime de santé pour tous tout en renflouant les banques. Puisque ce sont les verrats de Goldman Sachs et de Exxon qui dirigent le pays, alors pourquoi ne pas les porter directement au pouvoir et épater le vernis démocratique de la belle rhétorique d'Obama et consorts. Dans ce jeu d'effets miroirs où le fardeau de la société américaine est constituée essentiellement par les petits Blancs qui ne cessent de s'appauvrir devant la désertification des prairies, de l'exclusion des grandes pétrolières, de la fermeture autant que du déménagement des dernières entreprises industrielles, des catastrophes naturelles et du mépris des grands centres, rien de tels que de cibler les marginaux des villes : femmes libérées et autonomes, clochards, negroes et latinoes, junkies, gays, transgenres et queers, qui peuplent les nouvelles Sodomes, les intellectuels hautains et vicieux... l'élection de Trump a mis la démocratie à nue, et ce qu'elle nous montre est laid, dégoûtant pour ne pas dire écœurant.

Pour le bicentenaire des États-Unis, l'ancien directeur du Monde diplomatique, Claude Julien, avait publié un ouvrage fort intéressant : Le rêve et la réalité. Bien entendu, ce dilemme cornélien ne cesse de parcourir, en filigrane, l'histoire des États-Unis. À côté des manuels patriotiques, on retrouve l'iconoclaste Howard Zinn et son Histoire populaire des États-Unis pour nous rappeler que tout ne fut pas rose dans la République de la Liberté. Aux États-Unis, la réalité gouverne contre le rêve sans jamais l'épuiser. Tout un ensemble de textes cardinaux, du Mayflower Compact à la Déclaration d'Indépendance, puis à la Constitution des États-Unis, jusqu'à nos jours remplissent les manuels scolaires. Libertarienne avec Hamilton, individualiste avec Jefferson, aristocratique avec Washington, petite-bourgeoise avec Franklin et Adams, la République américaine a su couvrir de rhétoriques des actions dont les idéologues les plus scrupuleux ont toujours eu un certain mal à s'accommoder. L'adresse d'adieu de George Washington, à la fin de sa seconde présidence, formulait ainsi : «il est d’une importance extrême que vous connaissiez combien votre bonheur individuel dépend de l’union qui vous constitue en corps de nation; il faut que vous la chérissiez constamment, invariablement, que vous vous accoutumiez à la considérer comme le palladium de votre bonheur et de votre sûreté, que vous veilliez sur elle d’un œil jaloux, que vous imposiez silence à quiconque oserait jamais vous conseiller d’y renoncer...» Ce sens de l'unité, pour Washington, trouvait sa pierre d'assise dans le gouvernement central. Washington était déjà conscient de l'action des forces centrifuges qui menaçait l'unité américaine, ces sec-
tionnalismes contre lesquels Lincoln, dans un discours célèbre, prophétisera les malheurs qui frapperont la maison divisée. Qui donc menace le gouvernement central, menace également la pierre angulaire du sens de l'unité américain. Pour Washington, cette menace provenait de l'extérieur (dans le contexte des guerres napoléoniennes); pour Lincoln, il était évident que cette menace provenait du fractionnement en sectionnalismes. Pourtant, de la réponse sudiste à la défaite de 1865 fut le discours sur la spécificité des sections, voire des nations qui constituaient l'Amérique. Wilson en hérita lorsqu'il établit son plan de paix pour la fin de la Grande Guerre de 1914-1918. D. W. Griffith avait raison, du point de vue du sectionnalisme sudiste, de présenter la guerre du Ku-Klux Klan contre les Noirs financés par les corrupteurs nordistes comme étant The Birth of a Nation!

La menace aujourd'hui provient du gouvernement central lui-même dont l'anachronisme électoral et les modulations différentes de l'évolution des différentes mentalités régionales risquent de causer l'éclatement de la sacro-sainte Union. La Déclaration d'Indépendance justifiait son action en rappelant qu'un gouvernement qui devient despotique et tyrannique pour ses citoyens forçait ceux-ci à le renverser. Pour Mrs Streep et pour beaucoup d'autres qui manifestent dans les rues depuis l'élection du divin Trump, il semblerait évident que son régime s'annonce déjà sous des traits despotiques et tyranniques. Déjà, lors des résultats de la seconde élection de G. W. Bush, en 2004, il apparaissait que l'Union reposait essentiellement sur deux blocs distincts et antagonistes au niveau des intérêts et des mentalités : le bloc urbain et côtier (atlantique et pacifique) et l'Amérique profonde du Middle-West et du Sud. Des régions limitrophes comme les Alleghanys (Ohio, Pennsylvanie) détenant la balance du scrutin. La question demeure : comment se fait-il que les régions les plus densément peuplées des États-Unis et aussi les plus à même d'améliorer les conditions sociales du pays ne parviennent-elles pas à en finir une fois pour toutes et à mettre au pas ces territoires stériles aux populations extrapolées du monde?

Entendons-nous que si la puissance américaine a toujours été impérialiste dans son essence, elle trouvait dans certains de ses présidents l'expression de ses idéaux historiquement inconvenants. Il n'était pas populaire, dans le milieu des affaires, en 1933, de permettre au gouvernement d'investir dans le pays afin de se porter contre la plaie du chômage comme le fit F. D. Roosevelt; ni populaire non plus le rappel des droits civiques par J. F. Kennedy et il en a été ainsi encore avec l'assurance-santé d'Obama pour les classes moyennes américaines afin de ne pas être écrasées par les factures médicales. Peut-être que tout cela a été insuffisant, dévoyé, donnant un souffle artificiel à cette anti-civilisation qu'est le capitalisme; mais si le progrès a un sens, il ne peut l'avoir qu'à travers ces tâtonnements politiques et sociaux en état de révolution permanente. Au Québec, au Canada voire, la même distribution démographique se pose. Il suffit de rappeler qu'acclamer Trump, comme le font les poches de ressentiments provinciales, c'est vouloir revenir à la sous-pauvreté d'avant la loi de l'assurance-santé de 1971. Le sort (ou la chance, ou l'amour de Dieu, qui sait?) a voulu que notre trumpiste national, Pierre-Karl Péladeau, soit obligé de s'écarter du pouvoir, ceci dit, il y a encore beaucoup de ses supporteurs qui, sans les capacités réflexives requises pour mesurer la menace que cela comporte, seraient prêts à lui redonner sa confiance béâte. Si Marine Le Pen remporte la présidentielle française de avril 2017, une autre trumpiste, plus intelligeante celle-là, marquera sa place dans l'Histoire. Face à de tels dangers, le monde occidental semble s'effondrer : l'Angleterre avec le Brexit a réussi à diviser la Grande-Bretagne; l'Allemagne paie en retour le fait d'avoir accueilli en héros des déserteurs syriens; le club Med (Portugal, Espagne, Italie, Grèce) est le poids lourd et quasi stagnant de l'Union européenne alors que la Russie de Poutine réapprend à sourire en montrant les crocs. Le gouffre infernal du Proche-Orient ne cesse d'engloutir des vies : la Palestine, Bagdad, Alep... Même la Chine offre l'impression d'un géant économique reposant sur des pieds d'argiles. De localisé, le terrorisme s'est généralisé sur les cinq continents. L'agitation médiatique, avec les média sociaux, donne l'impression que tout se passe en termes cataclysmiques où un éboulis n'attend pas l'autre. L'anti-intellectualisme nord-américain, consolidé au Québec par la succession des gouvernements à l'économie néo-libérale, rend incompréhensible pour le commun des mortels les enjeux qui se profilent sous ses yeux. Alors, ne reste plus que les divertissements faciles et plutôt grotesques. Et c'est ainsi, qu'en Amérique du Nord, tout le monde crache dans la soupe pour mieux se plaindre que tout le mal vient d'ailleurs plutôt que de sa propre stupidité


Montréal
10 janvier 2017

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